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Le pape Léon veut faire la paix y compris au sein de l’Église. Le cas de
l’Allemagne
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Le 30 avril 2026 -
E.S.M.
- Même si le pape Léon n’y a jamais fait allusion
au cours de son récent voyage en Afrique, il n’ignorait
rien des sentiments des évêques africains sur des
bénédictions des unions homosexuelles. En effet, ces
derniers sont très largement opposés aussi bien à la
déclaration « Fiducia supplicans » du 18 décembre 2023
du Dicastère pour la Doctrine de la foi, qui avait été
la première à autoriser une telle bénédiction, qu’aux
gloses ultérieures du cardinal préfet Victor Manuel
Fernández cherchant à en tempérer l’impact en expliquant
qu’elle n’était pas destinée au couple mais aux
individus et devait dans tous les cas être fugace et
administrée en 10 à 15 secondes maximum.
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Le pape Léon veut faire la paix y compris au sein de l’Église. Le cas de
l’Allemagne
Le 30 avril 2026 -
E.S.M. - Même si le pape Léon n’y
a jamais fait allusion au cours de son récent
voyage en Afrique, il n’ignorait rien des sentiments des évêques
africains sur des bénédictions des unions homosexuelles. En effet,
ces derniers sont très largement opposés aussi bien à la déclaration
«
Fiducia supplicans » du 18 décembre 2023 du Dicastère pour la Doctrine
de la foi, qui avait été la première à autoriser une telle
bénédiction, qu’aux gloses ultérieures du cardinal préfet Victor
Manuel Fernández cherchant à en tempérer l’impact en expliquant
qu’elle n’était pas destinée au couple mais aux individus et devait
dans tous les cas être fugace et administrée en 10 à 15 secondes
maximum.
C’est au Cameroun, l’un des quatre pays visités par le
pape, que se situait l’épicentre de cette opposition continentale, avec le
soutien du docte cardinal guinéen Robert Sarah, accouru sur place en avril 2024
pour donner les
lignes directrices aux évêques réunis. L’exact opposé de ce qui s’est
produit dans d’autres parties du monde catholique, et notamment en Allemagne, où
la bénédiction des unions homosexuelles est l’une des pierres angulaires de la
réforme de l’Église désirée par une grande majorité de l’épiscopat, avec à leur
tête le cardinal
Reinhard Marx, archevêque de Munich et Freising.
Et en effet, à peine l’avion papal avait-il fait demi-tour vers le Nord, pour
rentrer d’Afrique à Rome, que la question est inévitablement tombée, au cours de
la traditionnelle
conférence de presse en haute altitude de fin de voyage, posée par une
journaliste allemande précisément sur la bénédiction des couples homosexuels.
« Très Saint-Père, que pensez-vous de la décision du cardinal Marx
d’autoriser la bénédiction des couples homosexuels dans son diocèse et, à la
lumière des différentes perspectives culturelles et théologiques, notamment en
Afrique, comment comptez-vous préserver l’unité de l’Église universelle sur
cette question particulière ? »
Voici ce que le pape Léon
a répondu :
« Tout d’abord, je crois qu’il est très important de comprendre que l’unité
ou la division de l’Église ne devrait pas tourner autour des questions
sexuelles. Nous avons tendance à penser que lorsque l’Église parle de moralité,
le seul thème moral est celui de la sexualité. En réalité, je crois qu’il y a
des questions beaucoup plus grandes et importantes, comme la justice, l’égalité,
la liberté des hommes et des femmes, la liberté de religion, qui auraient toutes
la priorité sur cette question spécifique. Le Saint-Siège s’est déjà entretenu
avec les évêques allemands. Le Saint-Siège a clairement indiqué que nous ne
sommes pas d’accord avec la bénédiction ritualisée des couples, en l’occurrence
des couples homosexuels, comme vous l’avez demandé, ou des couples en situation
irrégulière, au-delà de ce qui a été spécifiquement, si l’on peut dire, autorisé
par le pape François lorsqu’il a affirmé que toutes les personnes reçoivent la
bénédiction. Lorsqu’un prêtre donne la bénédiction à la fin de la messe, lorsque
le Pape donne la bénédiction à la fin d’une grande célébration comme celle que
nous avons eue aujourd’hui, il s’agit de bénédictions pour toutes les personnes.
La célèbre expression de François « Tous, tous, tous » est l’expression de la
conviction de l’Église que tous sont les bienvenus, tous sont invités, tous sont
invités à suivre Jésus, et tous sont invités à rechercher la conversion dans
leur vie. Au-delà de ce qui se passe aujourd’hui, je pense que ce sujet risque
de causer plus de désunion que d’unité, et que nous devrions chercher des moyens
de construire notre unité sur Jésus-Christ et sur ce que Jésus-Christ enseigne.
Voilà comment je répondrais à cette question ».
Cette réponse du pape Léon est une clarification supplémentaire sur la
manière dont il compte conduire l’Église vers l’unité, notamment sur une
question aussi clivante à l’heure actuelle.
Par ailleurs, le pape Léon sait pertinemment que même les évêques allemands
de tendance progressistes ne sont pas d’accord entre eux sur la manière de
mettre en œuvre le document intitulé « La
bénédiction donne force à l’amour » publié par leur conférence épiscopale
pour donner le feu vert à la bénédiction liturgique des unions homosexuelles.
Autour du cardinal Marx, à peine 14 diocèses sur 27 l’ont adoptée et mise en
pratique chez eux, tout en sachant aller au-delà de ce qui était autorisé par
« Fiducia supplicans » et même s’ils sont conscients de l’opposition d’une
partie de leur propre clergé.
Mais ils se trouvent à présent face aux critiques du pape Léon lui-même, qui
dans sa réponse à la journaliste allemande, a bien fait comprendre qu’il
entendait encadrer davantage ce qui est autorisé par « Fiducia supplicans », en
excluant toute « bénédiction ritualisée » des couples, auxquels suffit la
bénédiction que l’on donne à tout le monde à la fin de la messe ou de toute
autre célébration, donnant ainsi une interprétation restrictive de ce que le
pape François avait dit à ce sujet.
Le pape Léon a eu l’occasion de bien connaître l’Église d’Allemagne quand il
était préfet du Dicastère pour les évêques. Sa signature figurait d’ailleurs
à côté de celle du cardinal secrétaire d’État Pietro Parolin et du cardinal
Fernández, au bas de la
lettre par laquelle, le 16 février 2024, Rome donnait le coup d’arrêt
à l’approbation annoncée, en Allemagne, d’un comité qui aurait à son tour ouvert
la voie à une « Conférence synodale » composée d’une majorité de laïcs dotée
d’un pouvoir de décision comparable à celui des évêques.
Nonobstant ces mises en garde, les statuts de la nouvelle « Conférence
synodale » ont été approuvés le 31 janvier 2026 à Stuttgart par le Comité
central des catholiques allemands, à l’issue du très controversé « Synodaler
Weg », ou chemin synodal, qui accapare l’Église d’Allemagne depuis 2019. Elle
sera composée de 81 membres : 27 évêques, 27 délégués laïcs du Comité central
des catholiques allemands, ainsi que 27 autres participants dont 2 membres de la
Conférence des supérieurs religieux et 2 membres du Comité consultatif des
victimes de violence sexuelle, au moins 13 devront être des femmes, au moins
5 devront avoir moins de 30 ans et au moins 3 devront appartenir à d’autres
groupes linguistiques, tous avec les mêmes pouvoirs de vote de décision.
Pour que les statuts de cette « Conférence synodale » soient définitivement
approuvés, il ne manquait que l’accord des évêques, qui est arrivé fin février
(voir photo), avec la
remise du texte à Rome, le 31 mars, pour l’approbation finale. Mais elle
n’ira pas de soi.
En son temps, le pape François avait déjà émis de fortes réserves contre la
création annoncée de cet organisme, dans une
lettre adressée en février 2023 à quatre théologiens connus qui en avaient
appelé à lui après avoir démissionné du « Chemin synodal » : Marianne Schlosser,
Hanna-Barbara Gerl-Falkovitz, Katharina Westerhorstmann et Dorothea Schmidt.
Pour le pape François, un tel organisme, tel qu’il se dessinait, « n’était pas
compatible avec la doctrine sacramentelle de l’Église catholique ».
Par la suite, le Saint-Siège avait mis en garde à plusieurs reprises les
évêques allemands de ne pas s’engager dans cette voie sans apporter des
correctifs substantiels, et le cardinal Robert Francis Prevost faisait partie de
ceux qui étaient le plus déterminés à appuyer sur le frein.
Et depuis qu’il est pape, il ne semble pas qu’il ait abandonné ses réserves.
Au contraire, elles avaient déjà transparu intactes, bien avant la conférence de
presse à bord du vol de retour d’Afrique à Rome, déjà
pendant le vol de retour de son
précédent voyage en Turquie et au Liban :
« Je suis conscient que de nombreux catholiques en Allemagne estiment que
certains aspects du chemin synodal célébré jusqu'à présent en Allemagne ne
représentent pas leur espérance pour l'Église ou leur façon de vivre l'Église.
Il est donc nécessaire de poursuivre le dialogue et l'écoute au sein même de
l'Allemagne, afin que la voix de personne ne soit exclue, afin que la voix de
ceux qui sont plus puissants ne fasse pas taire ou étouffer celle de ceux qui
sont peut-être très nombreux mais qui n'ont pas la possibilité de s'exprimer et
de faire entendre leur propre voix et leur propre expression de la participation
à l'Église. Dans le même temps, comme vous le savez certainement, le groupe
d'évêques allemands se réunit depuis deux ans avec un groupe de cardinaux de la
Curie romaine. Un processus est également en cours pour essayer de s'assurer que
le chemin synodal allemand ne s'écarte pas, si vous voulez, de ce qui doit être
considéré comme le chemin de l'Église universelle. Je suis certain que cela va
se poursuivre. Je pense qu'il y aura quelques ajustements de part et d'autre en
Allemagne, mais j'ai bon espoir que les choses s'arrangeront de manière
positive. »
En attendant, les évêques allemands, réunis à Würzburg fin février, ont élu
comme nouveau président un réformiste parmi les plus radicaux : Heiner Wilmer,
64 ans, évêque d’Hildesheim, ancien supérieur général entre 2015 et 2018 de la
Congrégation des prêtres du Sacré-Cœur, dont le siège est à Rome, également
appelés Dehoniens, du nom de leur fondateur Léon Gustave Dehon (1843 – 1925).
Mais environ quarante jours plus tard, le 9 avril, le pape Léon effectuait
à son tour une nomination importante, celle du nouveau
nonce en Allemagne, en la personne de l’Hollandais Hubertus van Megen. Ce
dernier n’est clairement pas progressiste, bien au contraire, il a d’ailleurs
été nonce au Kenya et au Sud-Soudan, au cœur de cette Afrique qui est
particulièrement opposée à la fuite en avant de l’Église allemande. On se
souviendra de ses déclarations sans ambiguïté de 2024 à l’occasion d’une
consécration épiscopale à Nairobi : « Les enseignements de la société
occidentale sur la théorie du genre sont clairement des symptômes d’une société
qui a perdu sa boussole intérieure et qui dérive impuissante dans la mer en
tempête des désirs humains, ballottée et affaiblie à tout point de vue ».
Le nonce joue un rôle clé dans la sélection des nouveaux évêques. Et on verra
dès les premières nominations si les quatre évêques de la minorité conservatrice
actuelle – Rainer Maria Woelki de Cologne, Gregor Maria Hanke d’Eichstätt,
Stefan Oster de Passau et Rudolf Voderholzer de Ratisbonne – resteront isolés ou
si leurs effectifs seront renforcés.
Il ne faudrait pas non plus sous-estimer ce que le pape Léon a déclaré à bord
du vol de retour d’Afrique, en contestant le caractère central des questions
sexuelles dans les controverses qui divisent l’Église. Dans le domaine social,
l’unité de l’Église, selon lui, doit se construire sur « des questions bien plus
importantes, telles que la justice, l’égalité, la liberté des hommes et des
femmes et la liberté de religion ». Ce sont ces questions-là qui seront
prioritaires. Autrement dit, en filigrane : pas les thématiques liées au sexe
dans lesquelles l’Église d’Allemagne s’est enlisée : homosexualité, abus,
célibat et ordinations féminines.
Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire
L'Espresso.
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Sources
: diakonos.be-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 30.04.2026
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