la
ACCUEIL    ׀    BENOIT XVI    ׀    LÉON XIV    ׀    ACTUALITÉ DE L'ÉGLISE    ׀    CHRIST MISÉRICORDIEUX    ׀    CONTACT
 

Moteur de recherche


 

Cardinal Sarah : pour voir la divine providence, il faut des yeux de la foi

Le 27 juin 2026 - E.S.M. -  D'après le cardinal Sarah, cette action qui exprime la bonté, la miséricorde de Dieu envers sa créature, l'homme tel qu'il l'a voulu, est présente, demeure, reste actuelle, car Dieu donne l'existence, à ce moment-là, en continuant son action créatrice. Dieu est également qualifié de Pantokrator, Seigneur de toutes les choses qui existent. Son action dans l'histoire est donc sous nos yeux, mais, pour la voir, il faut des yeux de la foi, il faut donc qu'il y ait la volonté de l'écouter, une action qui se déroule avant tout dans la prière liturgique, dans l'adoration et ensuite dans la méditation.

Dieu et la Divine providence - Pour agrandir l'image ► Cliquer   

Cardinal Sarah : pour voir la divine providence, il faut des yeux de la foi

      Pages précédentes sur le même sujet :

La vie qui vient de Dieu et qui doit retourner à Lui
L'actuelle Union européenne, prône l'égalitarisme planétaire
Paradoxalement, ce n'est pas Dieu qui est mort mais l'homme
Le monde tel qu'il est devenu sous la domination de Satan et du péché
L'homme occidental vit comme si Dieu n'existait pas
Le silence n'est jamais un vide, c'est plutôt laisser parler Dieu
L'homme n'est grand que lorsqu'il est à genoux devant Dieu
Le christianisme n'ouvre pas un chemin parmi d'autres, mais c'est La Voie !
Obéissance envers le Christ et envers Sa Parole
N'ayons pas peur de faire le silence autour de nous et en nous
Le pouvoir de l'intercession
Le christianisme demeure aujourd'hui si fascinant et si vivant
   
Éminence, pouvez-vous fournir des exemples où, selon vous, Dieu est intervenu dans l'histoire de l'humanité ?

    Dieu intervient continuellement dans l'histoire, non pas pour l'infléchir arbitrairement, mais afin de réconforter ceux qui croient en Lui et permettre à ceux qui ne croient pas de recevoir un signe capable de conduire l'intelligence à s'ouvrir à une possibilité, pour l'heure proscrite.
    Toute l'histoire du salut n'est rien d'autre que l'histoire de l'humanité à laquelle Dieu donne son sens, sa juste perspective. Nous ne trouverons pas ce salut en répondant à ce que nous qualifions de « questions scientifiques », auxquelles l'homme est appelé à répondre en étudiant les lois que Dieu lui-même a placées dans la création, lois qu'il a voulues immuables — tout comme II est immuable — et qui dureront jusqu'à la fin de l'histoire telle que nous la connaissons.
    Nous savons cependant que de telles lois, par une volonté positive de Dieu Lui-même, liée à une demande spécifique de notre part, par l'intercession d'un saint ou de la Vierge Marie, figure culminante de l'humanité, sont ou peuvent être suspendues et, en d'autres termes, ne possèdent donc pas d'efficacité propre. De tels événements sont réputés être des miracles. L'Ancien Testament relate déjà de tels faits d'exception, tandis que, dans les Évangiles, il s'agit de manifestations qui accompagnent la prédication de Jésus et révèlent sa nature divine, au point que, comme le racontent de nombreux passages de l'Évangile, ses contemporains s'exclament : « Et ils furent tous effrayés, de sorte qu'ils se demandaient entre eux : "Qu'est cela ? Un enseignement nouveau, donné d'autorité ! Même aux esprits impurs, il commande et ils lui obéissent !" Et sa renommée se répandit aussitôt partout, dans la région de Galilée » (Me 1:27-28). Jésus est décrit comme « un prophète puissant en œuvres et en paroles devant Dieu et devant tout le peuple » (Le 24:19) ; « ils se disaient l'un à l'autre : "Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ?" » (Mc 4:41). « Et Jésus allait par toute la Galilée, enseignant dans leurs synagogues, prêchant l'évangiie du royaume de Dieu, et guérissant toutes sortes de maladies et toutes sortes de langueurs parmi le peuple » (Mt 4:23).
    La capacité thaumaturgique d'intervenir publiquement et de guérir l'esprit et le corps est un signe de l'appartenance à Lui, que Jésus a donné à ceux qui croient en Lui, selon une prédilection qui reste mystérieuse et qui ne peut être « achetée ». En fait, selon sa promesse, même ses disciples accompliront de grandes choses : « En vérité, en vérité je vous le dis : Celui qui croit en moi fera aussi les œuvres que je fais, et il en fera de plus grandes que celles-ci, parce que je vais vers mon Père. Et ce que vous demanderez en mon nom, je le ferai, afin que le Père soit glorifié dans le Fils » (Jn 14:12-1.3). « Or il se faisait beaucoup de miracles et de prodiges parmi le peuple, par le moyen des apôtres ; [...] En sorte qu'on apportait les malades dans les rues, et on les mettait sur des lits et sur des grabats, afin que quand Pierre viendrait, son ombre du moins couvrît quelques-uns d'entre eux. Le peuple des villes voisines venait aussi en foule à Jérusalem ; amenant des malades, et des hommes tourmentés par des esprits immondes, et tous étaient guéris » (Ac 5:12-16). C'est là un pouvoir qui ne peut s'acquérir avec de l'argent :

    Mais Simon voyant que le Saint-Esprit était donné par l'imposition des mains des apôtres, leur offrit de l'argent, en disant : Donnez-moi aussi ce pouvoir, afin que tous ceux à qui j'imposerai les mains reçoivent le Saint-Esprit. Mais Pierre lui dit : Que ton argent périsse avec toi, puisque tu as cru que le don de Dieu s'acquérait avec de l'argent. Il n'y a pour toi ni part, ni lot en cette affaire ; car ton cœur n'est pas droit devant Dieu (Ac 8:18-21).

    C'est un pouvoir conféré à ceux qui se reconnaissent dépendants de Jésus et qui lui conforment toute leur vie ; c'est un signe donné pour que d'autres puissent croire et être libérés de tout ce qui risquerait d'empêcher la libre adhésion de la volonté au Mystère de Dieu.
     Saint Jean de la Croix a admirablement exprimé cette vérité : « Dès lors qu'il nous a donné son Fils, qui est sa Parole, il n'a pas d'autre parole à nous donner. Il nous a tout dit à la fois et d'un seul coup en cette seule Parole ; il n'a donc plus à nous parler. [...] Car ce qu'il disait par parties aux prophètes, il l'a dit tout entier dans son Fils, en nous donnant ce tout qu'est son Fils. Voilà pourquoi celui qui voudrait maintenant l'interroger, ou désirerait une vision ou une révélation, non seulement ferait une folie, mais ferait injure à Dieu, en ne jetant pas les yeux uniquement sur le Christ, sans chercher autre chose ou quelque nouveauté (Saint Jean de la Croix, La Montée du Carmel, II, 22, in Œuvres complètes, Paris, Le Cerf, 1990). »
     Jusqu'au XVIe siècle, il n'existe pas d'« examens scientifiques », au sens où nous l'entendons aujourd'hui, servant à attester les interventions surnaturelles. Le décret de Sixte V institua la Sacrée Congrégation des rites, chargée de la mission, au-delà de réglementer l'exercice du culte divin, de s'occuper des causes des saints, de recueillir et d'examiner tous les actes et témoignages relatifs aux miracles rapportés, d'en conserver la documentation et les attestations de foi publique. Aujourd'hui, pour les causes des saints, cette tâche est assurée par le Dicastère, et, plus récemment, une moyenne annuelle de sept ou huit miracles examinés sont considérés comme tels ; en d'autres termes, l'origine surnaturelle de l'événement étudié est publiquement constatée et attestée. Il s'agit presque toujours d'événements concernant une seule personne, mais il y en a, comme nous l'avons vu, qui concernent aussi de petites communautés. Cependant, aucun de ces miracles n'ajoute quoi que ce soit à la Révélation entière et définitive, telle qu'elle nous a été fidèlement transmise par la Tradition, les Évangiles et le Magistère millénaire et constant de l'Église.
    Le rôle des miracles ou des révélations « n'est pas d"'améliorer" ou de "compléter" la Révélation définitive du Christ, mais d'aider à en vivre plus pleinement à une certaine époque de l'histoire » (CEC, n° 67).
    Les apparitions présumées, en revanche, sont examinées par le Dicastère pour la doctrine de la foi, qui, s'agissant d'une révélation privée, applique un critère de discernement : « Son orientation vers le Christ lui-même. Quand elle nous éloigne de Lui, [...] elle ne vient certainement pas de l'Esprit-Saint, qui nous guide à l'intérieur de l'Évangile, et non hors de lui. » Pour cette foi, la révélation privée est un soutien et elle se manifeste de façon crédible, précisément parce qu'elle renvoie à la seule et unique révélation publique. C'est pourquoi l'approbation ecclésiastique d'une révélation privée indique essentiellement que son message ne contient tien de contraire à la foi et aux bonnes mœurs ; il est licite de la rendre publique, et les fidèles sont autorisés à lui apporter leur adhésion, de manière prudente. Qu'une « révélation privée mette 'e nouveaux accents, qu'elle fasse apparaître de nouvelles formes de piété, qu'elle en approfondisse ou en étende d'anciennes ». Elle peut revêtir un certain caractère prophétique (1Th 5:19-21) et devenir une aide valable pour mieux comprendre et vivre l'Évangile à l'heure actuelle ; elle ne doit donc pas être négligée. Il s'agit d'une aide qui nous est offerte, mais que l'on n'est pas obligé d'utiliser. « Mais de toute façon, en tout cela, il doit s'agir d'une nourriture pour la foi, l'espérance et la charité, qui sont pour tous la voie permanente du salut (Voir Congrégation pour la doctrine de la foi, Le Message de Fátima, 26 juin 2000 ; Sacrée Congrégation pour la doctrine de la foi, Normes procédurales pour le discernement des apparitions et révélations présumées, 25 février 1978, publiées le 29 mai 2012 ; mises à jour par la Sacrée Congrégation pour la doctrine de la foi le 17 mai 2024. 51. Compte rendu d'Avelino de Almeida, O Século, 15 octobre 1917.). »
    Nous ne devons pas nous attendre que l'intervention de Dieu soit une révolution qui va à l'encontre de la volonté de l'individu ou de la nation. C'est ainsi que Dieu a montré au monde sa puissance et la vérité des apparitions de Marie à Fatima. Le 13 octobre 1917, les témoins - des milliers de personnes, de journalistes, d'autorités venus sur place -attestent que :

 L'astre rappelle une plaque d'argent pâle et il est possible de le regarder en face sans la moindre gêne. Il ne brûle pas, il n'aveugle pas. On dirait une éclipse. Mais voici que jaillit une clameur colossale et nous entendons les spectateurs les plus rapprochés qui crient : « Miracle, miracle ! Merveille, merveille ! » Aux yeux étonnés de ce peuple, dont l'attitude nous transporte aux temps bibliques et qui, rempli d'effroi, la tête découverte, regarde l'azur du ciel, le soleil a tremblé, le soleil a eu des mouvements brusques, jamais constatés, et en dehors de toutes les lois cosmiques - le soleil « a dansé », selon l'expression typique des paysans (Compte rendu d'Avelino de Almeida, O Século, 15 octobre 1917).

    Pourtant, Dieu intervient dans l'histoire de manière plus discrète, à travers sa Providence. Comme je l'ai dit, « la création a sa bonté et sa perfection propres, mais elle n'est pas sortie tout achevée des mains du Créateur. Elle est créée dans un état de cheminement (in statu vite] vers une perfection ultime encore à atteindre, à laquelle Dieu l'a destinée. Nous appelons divine providence les dispositions par lesquelles Dieu conduit sa création vers cette perfection » (CEC, n° 302).
    Cette action qui exprime la bonté, la miséricorde de Dieu envers sa créature, l'homme tel qu'il l'a voulu, est présente, demeure, reste actuelle, car Dieu donne l'existence, à ce moment-là, en continuant son action créatrice. Dieu est également qualifié de Pantokrator, Seigneur de toutes les choses qui existent. Son action dans l'histoire est donc sous nos yeux, mais, pour la voir, il faut des yeux de la foi, il faut donc qu'il y ait la volonté de l'écouter, une action qui se déroule avant tout dans la prière liturgique, dans l'adoration et ensuite dans la méditation.
    À ce sujet, le magistère exprimé par Jean-Paul II lors des audiences tenues entre le 30 avril et le 25 juin 1986 reste fondamental :

 En effet, tout au long de l'histoire, que ce soit dans les pensées des philosophes, dans les doctrines des grandes religions ou dans les simples réflexions de l'homme de la rue, l'homme n'a pas manqué de raisons pour tenter de comprendre, voire de justifier, l'action de Dieu dans le monde.

Les solutions sont diverses, toutes ne sont évidemment pas acceptables, et aucune n'est exhaustive. Il y a ceux qui, depuis l'Antiquité, parlent de fatalité ou de destin aveugle et capricieux, de fortune aux yeux bandés. Il y a ceux qui, pour affirmer Dieu, ont compromis le libre arbitre de l'homme ; ou ceux, surtout à notre époque contemporaine, qui, pour affirmer l'homme et sa liberté, croient devoir nier Dieu. Des solutions extrêmes et unilatérales qui nous font comprendre au moins quels sont les liens fondamentaux de la vie qui sont en jeu quand nous disons « Divine Providence » : comment l'action omnipotente de Dieu se conjugue-t-elle avec notre liberté, et notre liberté avec ses projets infaillibles ? Quel sera notre destin futur ? Comment pouvons-nous interpréter et reconnaître sa sagesse et sa bonté infinies face aux maux du monde : face au mal moral du péché et à la souffrance des innocents ? Quel est le sens de cette histoire qui est la nôtre, avec le déroulement au fil des siècles d'événements, de catastrophes terribles et d'actes sublimes de grandeur et de sainteté ? Est-ce l'éternel et fatal retour de tout au point de départ sans jamais avoir de point d'arrivée, à l'exception d'un cataclysme final qui ensevelira toute vie pour toujours, ou bien — et là le cœur sent qu'il a des raisons plus grandes que ce que sa petite logique peut lui offrir — y a-t-il un être Providentiel et Positif ? que nous appelons Dieu, qui nous entoure de son intelligence, de sa tendresse, de sa sagesse et qui guide « fortiter ac suaviter » notre existence — la réalité, le monde, l'histoire, nos volontés même rebelles, si vous le permettez — vers le reste du « septième jour », d'une création qui s'accomplit enfin ?
    Ici, sur cette fine crête entre l'espoir et le désespoir, la parole de Dieu, si nouvelle, même si elle est invoquée, si splendide qu'elle est humainement presque incroyable, est placée pour renforcer immensément les raisons de l'espoir. La parole de Dieu ne revêt jamais une telle grandeur et une telle fascination que lorsqu'elle est confrontée aux plus grandes questions de l'homme : Dieu est ici, il est Emmanuel, Dieu-avec-nous (Is 7:14), et en Jésus de Nazareth, mort et ressuscité, Fils de Dieu et notre frère, Dieu montre qu'il a « planté sa tente parmi nous » (Jn 7:14). Nous pouvons dire que toute l'histoire de l'Église dans le temps consiste en une recherche constante et passionnée pour redécouvrir, approfondir, proposer, les signes de la présence de Dieu, guidée en cela par l'exemple du Christ et la puissance de l'Esprit. C'est pourquoi l'Église peut, veut, doit raconter et donner au monde la grâce et le sens de la Providence de Dieu, par amour pour l'homme, pour le soustraire au poids écrasant de l'énigme et le confier à un Mystère d'amour aussi grand, incommensurable, décisif que l'est Dieu. (Jean-Paul II, Audience générale, 30 avril 1986.)

À la question souvent répétée et parfois douteuse de savoir si et comment Dieu est présent dans le monde d'aujourd'hui, la foi chrétienne répond avec une certitude lumineuse et solide :
« Dieu prend soin et gouverne par sa Providence tout ce qu'il a créé. » C'est par ces mots concis que le concile Vatican I a formulé la doctrine révélée de la Providence divine. Selon la Révélation, dont nous trouvons une riche expression dans l'Ancien Testament, deux éléments sont présents dans le concept de Providence divine : l'élément de soin (« prend soin ») et en même temps l'élément d'autorité (« gouverne ») (Ibid., 14 mai 1986).

A suivre  :
 Dieu ne crie pas, il n'est pas bruyant, il attend notre disposition à l'écouter

 

Les lecteurs qui désirent consulter les derniers articles publiés par le site Eucharistie Sacrement de la Miséricorde, peuvent cliquer sur le lien suivant  E.S.M. sur Google actualité

 

Sources : Extraits du livre du cardinal Sarah  "Dieu existe-t-il ?" -  E.S.M
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 27 juin
2026