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Le mystère du Saint-Esprit - Homélie pour la Pentecôte 2026
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Le 23 mai 2026 -
E.S.M.
- Voici une médiation pour la fête de la
Pentecôte. Le pape Benoît XVI commente les lectures du
jour et nous enseigne : " Là où règne l'orgueil,
nous dit l'Évangile, la véritable humanité ne peut
s'épanouir. Apparemment, l'homme peut tout faire, sauf
l'essentiel: aimer, connaître la vérité, vivre en
harmonie avec autrui et ainsi vivre dans un monde
d'amour et de vérité."
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Le mystère du Saint-Esprit - Homélie pour la Pentecôte 2026
Dimanche de la Pentecôte (Année A) 8 juin 2014, chapelle privée, monastère
Mater Ecclesiae
Lectures : Ac 2,1-11; PS 103; ICo 12,3b-7.12-13;Jn 20,19-23
Chers amis,
Chacune des trois lectures de cette liturgie de la
Pentecôte met en lumière un aspect essentiel du mystère du
Saint-Esprit. J'aimerais aborder brièvement ces trois éléments,
présents dans la liturgie d'aujourd'hui.
Dans les Actes des Apôtres, on trouve ce merveilleux
récit de la naissance de l'Église. Elle est née en ce sens que tous
parlaient toutes les langues et que tous entendaient les Apôtres
parler dans leur propre langue. L'Église est née catholique; dès le
premier instant, elle fut une Église universelle. Il ne s'agit pas
d'une Église locale née en premier, suivie d'autres, puis d'une
confédération formée. Non, il y a d'abord l'Église universelle, qui
parle toutes les langues, qui est immédiatement catholique, puis
communique avec les autres et crée des Églises particulières, toutes
étant l'expression de l'unique Église.
L'Esprit Saint suscite la compréhension, ouvre les
frontières, donne la paix, l'unité et la charité, et unit ainsi.
Derrière ce récit, nous entendons l'écho d'un autre, celui de la
tour de Babel (cf. Gn 11,1-9), qui raconte comment l'humanité, unie
au centre de la terre, avait acquis une puissance incroyable et se
sentait capable de construire une tour vers le ciel. Elle n'avait
plus besoin de divinité, car elle-même, l'humanité, pouvait créer
son propre accès au ciel, était capable de se forger son propre
dieu, de tout faire, elle pouvait tout faire. Mais, précisément à ce
moment de puissance extrême, elle s'est effondrée, les uns ne
comprenaient plus les autres, les uns se dressaient contre les
autres, et la tour ne fut pas construite, ne fut pas achevée.
Il me semble que c'est une image de notre situation.
L'homme a véritablement acquis une puissance impressionnante: il
peut créer l'homme, il peut le détruire, il peut bâtir le monde, il
peut tout faire, il n'a plus besoin de Dieu, il peut créer son
propre paradis. Et, précisément au moment où l'homme atteint son
apogée, plus Dieu paraît superflu, plus les conflits, la violence,
la guerre et la destruction se multiplient entre les hommes. Là où
règne l'orgueil, nous dit l'Évangile, la véritable humanité ne peut
s'épanouir. Apparemment, l'homme peut tout faire, sauf l'essentiel:
aimer, connaître la vérité, vivre en harmonie avec autrui et ainsi
vivre dans un monde d'amour et de vérité.
Ce ne sont ni l'orgueil, ni la puissance humaine, ni la
science qui ouvrent la porte du ciel, mais Dieu lui-même, qui, dans
son humilité, se donne à nous. Aujourd'hui encore, l'unité de
l'humanité se construit précisément par l'humilité de la foi, qui
fait naître des îlots de paix, des îlots de charité dans un océan de
violence, de pauvreté humaine et spirituelle. Ainsi, l'Évangile nous
invite à véritablement renoncer à l'orgueil, à nous ouvrir au don de
l'Esprit Saint, à vivre la foi en Christ, à vivre la catholicité et,
par là même, à vivre dans l'unité de Dieu, qui engendre l'unité de
l'humanité. En tant que catholiques, chacun de nous parle toutes les
langues, car nous appartenons à l'Église qui parle toutes les
langues ; elle est une force d'amour et de réconciliation qui
transcende toutes les frontières.
Passons à la deuxième lecture. Dans le récit des Actes
des Apôtres, nous avons également entendu que l'Esprit Saint se
manifeste sous ces deux aspects: le vent et le feu. Le feu, force de
transformation et de renouveau du monde, apparaît d'une manière très
particulière, sous la forme des langues, et chacun en reçoit une;
autrement dit, ce feu de l'Esprit Saint n'est pas une force informe
qui devient destruction, mais une force personnelle, par laquelle
chacun reçoit une langue de feu.
Dans sa Lettre aux Corinthiens, saint Paul nous
explique en quoi consiste cette langue de feu. La réponse est très
surprenante, voire décevante, car elle ne semble pas correspondre à
une réalité évidente. Non, cette langue de feu donnée à chaque
croyant est une parole, une parole porteuse de la puissance du Verbe
véritable, une parole simple et profonde : « Jésus est Seigneur. »
C'est la langue de feu, la langue du Saint-Esprit, que Dieu nous
donne à la Pentecôte. « Jésus est Seigneur » : c'est la confession
fondamentale de l'Église, ce qui la construit, ce par quoi elle vit.
Cette simple parole est véritablement une parole de feu, car elle
crée la communion de l'Église, elle nous y inscrit et crée ainsi
cette unité qui seule peut naître de la seigneurie de Jésus : cette
unité catholique dont nous avons parlé naît précisément de la
seigneurie de Jésus.
En croyant, en confessant Jésus, nous entrons dans la
communion universelle de l'Église, et cette profonde unité se crée.
Il faut aussi se rappeler que le mot « Seigneur » dans l'Ancien
Testament était une expression pour désigner Dieu: on n'osait pas
prononcer le nom mystérieux de Dieu, Yahvé; au lieu de Dieu, on
disait toujours « Seigneur », Kyrios. Ainsi, nous voyons la
communion entre l'Ancien et le Nouveau Testament : Jésus est le
Seigneur Dieu, il est ce Dieu caché. Jésus, le Seigneur, est Dieu!
Et c'est précisément cette réalité, le fait que Dieu n'est pas une «
chose spirituelle », mais qu'il est notre Seigneur, qui change tout,
qui donne un sens à notre vie, qui nous donne la force de vivre
selon ce sens, qui nous renouvelle véritablement.
Et maintenant, la troisième lecture. L'Évangile nous
raconte comment Jésus, le soir du jour de la résurrection, vient au
milieu de ses Apôtres, alors même que les portes sont fermées.
L'Esprit Saint ne connaît pas de portes ; il entre même par des
portes closes. Au cours du siècle dernier, nous avons vu comment il
est entré et a été présent jusque dans les prisons, et jusque dans
les palais de l'idéologie. L'Esprit Saint pénètre même à travers les
portes closes ; c'est la bonne et belle nouvelle de l'Évangile
d'aujourd'hui.
Puis, après avoir salué ses disciples, Jésus « souffla
» sur ses Apôtres, dit le texte. Nous voyons ici se répéter le matin
de la création de l'homme : la Genèse nous dit que Dieu a façonné
l'homme à partir de poussière, mais que c'est grâce au souffle, le
souffle de Dieu, que celui-ci est devenu vivant; ainsi, la poussière
devient vivante. Jésus répète ce geste de la création à un niveau
supérieur. Oui ! Le poumon humain ne fonctionne que s'il y a de
l'air à respirer, mais l'homme a besoin de plus que de l'air
physique pour respirer : l'air que l'homme, en tant qu'homme, doit
respirer est amour et vérité. Et Jésus, qui souffle sur l'homme, le
recrée ; c'est à nouveau le jour de la création, et ce n'est que si
l'homme peut respirer l'air d'amour qui vient de Dieu que la vie
physique est bonne; seule cette nouvelle création accomplit et
justifie la première création.
Jésus crée en insufflant l'Esprit, et nous voyons ici
que le souffle de Jésus est l'Esprit Saint. Nous sommes proches de
l'Esprit Saint si nous sommes proches du souffle de Jésus. C'est le
message essentiel de ce jour: nous sommes toujours proches du
souffle de Jésus, de Jésus lui-même, et c'est seulement ainsi que
nous sommes véritablement imprégnés de l'Esprit Saint.
L'Évangile ajoute ensuite que ce souffle de Jésus,
cette vie nouvelle, est l'esprit de pardon. Seul le pardon nous
permet de vivre; seul le pardon nous permet d'accepter la vérité de
la loi de Dieu, la vérité du péché ; sans pardon, nous devons nier
la culpabilité, nous devons renier la loi. Le pardon nous donne la
vie ; nous sommes forts du pardon de Jésus ; c'est le souffle de
Jésus, c'est l'Esprit Saint. Enfin, Jésus donne aux Apôtres et à
leurs successeurs le pouvoir de pardonner : le sacrement. Par le
sacrement, il tient l'Église entre ses mains : il ne nous appartient
pas de décider « ceci ou cela », car dans le sacrement, il demeure
le Seigneur de l'Église, il demeure présent, il agit au milieu des
hommes. Rendons grâce au Seigneur pour ce don de sa présence
permanente, qui est aussi une Pentecôte permanente.
Dans cet Évangile, j'aime particulièrement cette
phrase: « Les disciples furent remplis de joie en voyant le
Seigneur. » On comprend qu'après le scandale de la croix, la nuit,
les doutes, ils le voient et se réjouissent: le voir et se réjouir.
Le véritable don du Seigneur, le don de l'Esprit Saint, c'est la
joie de savoir que Jésus existe, que Dieu existe, nous connaît, est
présent avec nous. Le véritable don de l'Esprit, c'est la joie de
l'Esprit Saint, la joie d'être aimé, connu, de savoir que Jésus
n'est pas distant, mais proche de nous.
Prions le Seigneur: « » Amen !
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Le Seigneur nous tend la main: homélies inédites de Benoît XVI
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Sources
:
Texte original des écrits du Saint Père Benoit XVI - méditations inédites--
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 23.05.2026
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