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Léon XIV : Vers une définition du pontificat

Le 23 mars 2026 - E.S.M. -  À l’approche du premier anniversaire de son élection, il semble que Léon XIV commence à dévoiler les contours et la substance de son règne. Au cours de la seule semaine dernière, deux événements ont mis en évidence certaines caractéristiques spécifiques du pontificat de Léon XIV : la décision rendue par le tribunal d’appel de la Cité du Vatican, qui pourrait renverser la situation dans ce qu’on appelle le « procès du siècle » ; la convocation des présidents des conférences épiscopales du monde entier pour commémorer le dixième anniversaire d’Amoris Laetitia.

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Léon XIV : Vers une définition du pontificat

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Le 23 mars 2026 - E.S.M. - À l’approche du premier anniversaire de son élection, il semble que Léon XIV commence à dévoiler les contours et la substance de son règne.

Au cours de la seule semaine dernière, deux événements ont mis en évidence certaines caractéristiques spécifiques du pontificat de Léon XIV : la décision rendue par le tribunal d’appel de la Cité du Vatican, qui pourrait renverser la situation dans ce qu’on appelle le « procès du siècle » ; la convocation des présidents des conférences épiscopales du monde entier pour commémorer le dixième anniversaire d’Amoris Laetitia.

Ces deux événements semblent n’avoir aucun lien entre eux, et c’est effectivement le cas.

Le premier – la décision de justice – n’est même pas une décision de Léon XIV, mais plutôt une conséquence du changement de pontificat, où il n’y a plus de pape pour intervenir au cours de la procédure et en influencer d’une manière ou d’une autre l’issue. Le second, une décision directe du pape, nous révèle quelque chose de très important sur la manière dont Léon entend succéder à François.

Ces deux développements nous en disent long, d’une certaine manière, sur qui est le pape Léon XIV et sur la façon dont il gouverne réellement.

L’ordonnance de la cour d’appel du Vatican concerne le soi-disant « procès Becciu » portant sur la gestion des fonds de la Secrétairerie d’État.

Le procès portait en partie sur le cardinal Becciu et sa décision, en tant que vicaire général, d’envoyer une aide à une coopérative Caritas de son diocèse d’origine, ainsi que sur ses relations avec Cecilia Marogna, qui se présentait comme une travailleuse humanitaire, en vue de la libération de plusieurs otages. Le nœud de l’affaire résidait toutefois dans l’investissement de la Secrétairerie d’État dans un bien immobilier de luxe à Londres, qui s’est soldé par une perte colossale après plusieurs changements de propriétaire et le refus subséquent de l’Institut pour les Œuvres de la Religion d’accorder une avance financière à la Secrétairerie d’État, ce qui a finalement conduit à une plainte officielle et à une procédure judiciaire.

Au cours des 86 audiences du procès en première instance, qui s’est soldé par la condamnation de neuf des dix accusés à 38 ans d’emprisonnement et à environ 200 millions d’euros d’amendes, les accusés ont maintes fois fait valoir que le procès lui-même avait été « faussé » par plusieurs éléments.

Tout d’abord, les documents mis à disposition par le Promoteur de justice (le procureur du Vatican) étaient truffés de passages caviardés, ce qui rendait difficile leur mise en contexte. Ces caviardages ont été révélés par la suite lors de leur publication dans le cadre d’une autre enquête connexe, qui a également mis en lumière une relation entre le Promoteur de justice et deux personnes ayant exercé une influence sur Mgr Alberto Perlasca. Ce dernier a d'abord été accusé, puis témoin clé, avant d'être finalement considéré comme une simple personne informée des faits dans le cadre du procès.

Le deuxième problème est que le pape François a publié quatre rescrits au cours de l'enquête qui ont modifié les lois à la volée. Ces rescrits étaient restés confidentiels et n'ont été divulgués qu'au cours du procès, ce qui a rendu le travail de la défense encore plus complexe.

Toutes ces questions ont été soulevées lors du procès en première instance, mais en vain.

Le président du tribunal, Giuseppe Pignatone, tout en garantissant une transparence maximale et la possibilité d’interroger et de contre-interroger, n’a toutefois pas abordé la question. Le jugement a immédiatement semblé très contestable, notamment parce que le raisonnement, dans certains cas, ne démontrait pas une culpabilité « prouvée ».

La procédure d'appel, en revanche, s'est immédiatement déroulée différemment.

Le président de la cour, l'archevêque Alejandro Arellano, a ouvert la voie à une éventuelle récusation du procureur Alessandro Diddi, comme l'avait demandé la défense. Le procureur s'est alors abstenu de poursuivre le procès, une décision qui a finalement empêché l'établissement de ses responsabilités. Ainsi, l'appel du procureur lui-même a été déclaré irrecevable, en raison de vices de procédure manifestes. Enfin, le 17 mars, par une ordonnance de 16 pages, la Cour d’appel a déclaré le procès en première instance nul et non avenu, confirmant bon nombre des réserves émises par la défense.

Les conclusions du procès en première instance restent valables, mais l’affaire sera rejugée en deuxième instance car la défense n’a pas pu se faire une idée complète de la situation et parce que les rescrits du pape François avaient effectivement créé les conditions d’un « changement de paradigme » dans le droit pénal de la Cité du Vatican, très défavorable à la défense.

Dans un brillant tour de passe-passe juridique, quelle que soit l’opinion que l’on puisse avoir sur le fond, les juges n’ont pas annulé les décisions du pape François. Ils ont simplement déclaré leurs conséquences nulles et non avenues, et ont relancé la procédure non pas depuis le début, mais à partir du moment où ils sont intervenus dans l’affaire.

La cour d'appel a suivi ce raisonnement. Mais elle l'a fait parce qu'il s'agit du raisonnement du Pape. Et cela transparaît clairement dans la convocation de tous les présidents des conférences épiscopales à l'occasion du dixième anniversaire d'Amoris Laetitia.

Le débat sur Amoris Laetitia s’est principalement articulé autour d’une note qui semblait autoriser les personnes divorcées et remariées à recevoir la communion. Cette question avait semé une grande confusion parmi les fidèles, alors que le texte réaffirmait néanmoins des questions fondamentales de la foi, et avait également conduit aux célèbres dubia de quatre cardinaux.

Ces dubia étaient restés sans réponse, et bon nombre des cardinaux qui les avaient soulevés sont décédés depuis, mais aujourd’hui, Léon XIV part de là. Il ne diabolise pas l’exhortation ; il n’établit pas de nouvelle procédure, mais célèbre simplement le dixième anniversaire du document, en le rappelant dans un texte qui met en évidence tous les passages non controversés, et en convoquant tous les présidents des conférences épiscopales pour un débat visant à les mettre à jour.

Cela ne signifie pas que l’exhortation sera désavouée. Cela signifie toutefois qu’elle sera considérée sous un jour différent.

En résumé, les contours et la substance de ce pontificat semblent se dessiner comme suit : pas de rupture avec le passé, mais plutôt des ajustements, des corrections et des clarifications, dans le but de rester en phase avec l’histoire de l’Église, qui ne s’est certainement pas achevée avec le pontificat du pape François, tout comme elle ne s’était pas achevée avec les pontificats précédents.

C’est pourquoi il ne faut pas s’attendre à de grandes révolutions de la part de Léon XIV.

Tout changera en temps voulu. Mais en attendant, Léon écoute. Et, pas à pas, il agit s’il le juge opportun. Ce n’est ni une révolution, ni une restauration.

C’est tout simplement un pontificat : le pontificat de Léon XIV.

Mondayvatican - Traduction  E.S.M

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Sources : -  E.S.M.
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 23.03.2026