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Début des exercices spirituels de Carême pour le Pape et la Curie Romaine

Le 23 février 2026 - E.S.M.Au soir de ce dimanche 22 février, dans la chapelle Pauline du Palais Apostolique, les Exercices Spirituels de Carême pour le Pape et la curie Romaine ont débuté et se poursuivront jusqu’au 27 février. Mgr Erik Varden, évêque de Trondheim, a consacré la deuxième méditation à la figure de saint Bernard de Clairvaux.

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Début des exercices spirituels de Carême pour le Pape et la Curie Romaine

Mgr Erik Varden*

Le 23 février 2026 - E.S.M. - Au soir de ce dimanche 22 février, dans la chapelle Pauline du Palais Apostolique, les Exercices Spirituels de Carême pour le Pape et la curie Romaine ont débuté et se poursuivront jusqu’au 27 février. Le prédicateur, Mgr Erik Varden, prélat de Trondheim, administrateur apostolique de Tromsø et président de la Conférence Épiscopale Scandinave, a pour sa première méditation insisté sur la nécessité de se laisser emmener, matériellement et symboliquement, dans un espace dépouillé de tout superflu.

Programme de la semaine

L’itinéraire porte le titre « Illuminés par une gloire cachée : un chemin de Carême ». Chaque journée, de lundi à vendredi, suit le même schéma : à 9h00, Heure intermédiaire et méditation ; à 17h00, deuxième méditation, suivie d’adoration eucharistique et Vêpres. La retraite s’articule autour des sermons carêmaux sur le Psaume 90 de saint Bernard de Clairvaux, abordant la liberté, la vérité et l’espérance comme axes d’un disciple lucide.

***

Le Carême nous confronte à l'essentiel. Il nous emmène, matériellement et symboliquement, dans un espace dépouillé de tout superflu. Les choses susceptibles de nous distraire, même celles qui sont bonnes en elles-mêmes, sont supprimées pendant une saison. Nous embrassons une abstinence des sens.

La fidélité à l'exemple et aux commandements du Christ est la marque de la sincérité chrétienne. L'étendue de la paix que nous incarnons - cette paix «que le monde ne peut donner» - indique la présence permanente de Jésus en nous. Nous devons insister sur ce point aujourd'hui, alors que l'Évangile est parfois utilisé comme une arme dans les guerres culturelles.

L'instrumentalisation du langage et des signes chrétiens doit être combattue, non seulement par une indignation pâle, mais aussi par l'enseignement des termes d'une authentique guerre spirituelle. La paix chrétienne n'est pas une promesse de facilité; c’est une condition pour une société transformée.

Il est opportun d'exprimer la radicalité de la «paix» chrétienne tout en nous rappelant, ainsi qu'aux autres, la vérité des paroles de saint Jean Climaque: « Il n'y a pas de plus grand obstacle à la présence de l'Esprit en nous que la colère

L'Église imprègne notre programme de Carême de paix. Elle ne déroge en rien à son appel à lutter contre les vices et les passions néfastes: son langage est «oui, oui», «non, non», et non «parfois ceci», «parfois cela».

Au lieu de cela, alors que nous entamons chaque combat du Carême, elle nous offre une mélodie paisible comme bande sonore saisonnière: un tractus d'une grande beauté que, depuis plus de mille ans, l'Église chante le premier dimanche du Carême, pour introduire le récit de la tentation du Christ dans le désert.

Ce tract reprend le texte du psaume 90, le Qui habitat. Cette œuvre d'exégèse mélodique mérite notre attention. Elle n'est pas seulement une relique de l'esthétique antique. Elle véhicule un message essentiel.

Saint Bernard de Clairvaux était attentif à ce message. Au Carême 1139, il a prêché un cycle de 17 sermons sur le Qui habitat, réfléchissant à ce que signifie vivre par la grâce alors que nous combattons le mal, encourageons le bien, défendons la vérité et suivons le chemin de l'exode, de la servitude vers la terre promise, sans dévier ni à droite ni à gauche, en restant paisibles, conscients que sous ce qui peut parfois nous sembler être une marche sur une corde raide «se trouvent les bras éternels».

Il nous invite à une vie de disciple pleine d'amour et lucide.

Deuxième jour des exercices spirituels: Saint Bernard, l'idéaliste

Ce lundi matin 23 février, Mgr Erik Varden, évêque de Trondheim, a consacré la deuxième méditation de la retraite du Pape et de la Curie romaine en ce début de carême à la figure de saint Bernard de Clairvaux. Il a souligné que saint Bernard, fort de son expérience, de ses blessures et des provocations qu'il avait subies, avait atteint, au cours de son cheminement spirituel, une réflexion sur sa propre justice et une admiration pour la justice miséricordieuse de Dieu.

Quel genre d'homme était saint Bernard ? D'où venait-il ? Il domine le mouvement cistercien du XIIe siècle: tel était son charisme et son ardeur au travail.

Beaucoup de gens, y compris certains qui devraient mieux le savoir, supposent qu'il a fondé l'ordre. Ce n'est bien sûr pas le cas, même s'il a fait sensation lorsqu'il est arrivé en 1113, à l'âge de 23 ans, avec un groupe de trente compagnons.

Le monastère auquel il s'est joint, Cîteaux, était un projet autant d'innovation que de réforme. Les fondateurs, qui l'ont créé en 1098, ont appelé leur maison novum monasterium. Ils faisaient quelque chose de nouveau, sans réagir principalement contre quoi que ce soit, ce qui est tout aussi bien, car les projets de réaction finissent tôt ou tard par s'enliser.

À première vue, le projet cistercien était conservateur. Pourtant, ses protagonistes ont introduit des nouveautés. Cette dialectique a été fructueuse.

La confiance de Bernard en son propre jugement pouvait le rendre flexible dans l'observance des procédures conventionnelles qu'il prétendait autrement défendre. Sa vision des besoins de l'Église le poussait parfois à adopter des positions rigides qui impliquaient un parti pris féroce.

Mais il n'était pas hypocrite.

C'était un homme véritablement humble, entièrement dévoué à Dieu, capable d'une tendre bonté, un ami fidèle - capable même de se lier d'amitié avec d'anciens ennemis - et un témoin convaincant de l'amour de Dieu. Il était, et reste, fascinant.

Dom James Fox, abbé entrepreneur de Gethsemani de 1948 à 1967, écrivit un jour avec exaspération à propos de son confrère Thomas Merton: « Son esprit est tellement électrique! » Merton agaçait Fox avec ses idées, ses intuitions et son insistance. Pourtant, Fox savait qu'il était sincère. Il le respectait, appréciait sa compagnie (quand ils n'étaient pas en pleine querelle épique) et allait se confesser à Merton pendant la majeure partie de son abbatiat.

Il serait absurde de comparer Thomas Merton à Bernard de Clairvaux, mais il existe une similitude dans leur tempérament. Si Bernard n'a jamais connu l'électricité, il avait une nature mercurienne qui contenait et devait équilibrer d'énormes tensions.

L'enseignement de Bernard sur la conversion est né d'une culture biblique sans pareille et de notions théologiques mûrement réfléchies. Il est également né, et de plus en plus avec le temps, d'une lutte personnelle, car il apprend à ne pas tenir pour acquis que sa voie est toujours la bonne, enseigné par l'expérience, les blessures et les provocations à considérer son autosatisfaction et à s'émerveiller devant la justice miséricordieuse de Dieu.

*Mgr Erik Varden, évêque de Trondheim (Norvège).

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Contempler la Croix pour ne pas endurcir le cœur : la proposition de Carême d'Erik Varden
 

 

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Sources : Vaticannews -  E.S.M.
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 23.02.2026