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L'homme occidental vit comme si Dieu n'existait pas
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Le 22 février 2026 -
E.S.M.
- L'homme contemporain, l'homme occidental en
particulier, vit le mal du relativisme, dont le
nihilisme se révèle une conséquence directe, de sorte
qu'il se laisse emporter « à tout vent de doctrine » ,
et cela semble la seule attitude qui soit à la hauteur
de l'époque actuelle. De plus,
les fins ultimes et l'éternité sont devenues une
sorte de fardeau psychologique immotivé.
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Fresque
du Jugement dernier
(détail)
- Michelangelo Buonarroti
(1475–1564)
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Si Dieu n 'est pas mort, comment pensez-vous que l'homme
contemporain puisse se laisser convaincre que Dieu est vivant et
qu'il est fondamental pour notre vie ?
Le problème de l'homme occidental, aujourd'hui, c'est qu'il
vit comme si Dieu n'existait pas. La plupart des Occidentaux
considèrent aujourd'hui que Jésus n'est rien de plus qu'une sorte
d'idée, et non pas un fait et encore moins une personne. De plus,
Dieu est perçu comme un indicateur de
principes moraux et donc comme un obstacle à notre liberté,
à notre pleine autonomie
humaine et à notre
épanouissement. C'est pour cette
raison que Benoît XVI insiste : « À l'origine du fait d'être
chrétien, il n'y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais
la rencontre avec un événement,
avec une Personne,
qui donne à la vie un nouvel horizon et par là
son orientation décisive (Benoît XVI, Lettre
encyclique
Deus caritas est, n° 1.). »
L'homme contemporain, l'homme occidental en particulier, vit
le mal du
relativisme, dont le
nihilisme se révèle une conséquence directe, de sorte qu'il se
laisse emporter « à tout vent de doctrine »
(Ep 4:14), et cela semble la
seule attitude qui soit à la hauteur de l'époque actuelle.
Dans un système relativiste, toutes les voies sont possibles
comme autant de multiples fragments de la voie du progrès. Dans un
tel contexte, le bien commun serait le fruit d'un dialogue permanent
avec tous, la rencontre d'opinions privées différentes,
une tour de Babel fraternelle, où
chacun possède une parcelle de vérité, dans l'obligation « agressive
» de croire qu'il n'existe pas de vérité supérieure. La conséquence
la plus prévisible, c'est que l'homme crée sa propre religion,
peuplée de multiples divinités, plus ou moins pathétiques, qui
naissent et meurent au gré de ses pulsions, dans un monde qui
rappelle les anciennes religions païennes.
Que s'est-il passé dans le monde païen pour que l'affirmation du
Christ et de ses disciples soit crédible ?
La foi chrétienne a une
prétention absolue : celle d'investir tous les aspects de la
vie et de les illuminer, de les taire briller à nos propres yeux et
aux yeux de ceux qui nous regardent. Elle a la prétention de nous
transformer en un miroir du Ciel.
Même le relativisme, dans son ouverture et sa disponibilité
apparentes à l'égard de tous les choix et de toutes les conduites de
vie, manifeste une prétention absolue, affirmant incarner la
liberté, jusqu'à se muer en « pilori » totalitaire, où se succèdent
interdits et obligations, dans un cirque sans fin, acceptant que
l'homme soit diminué en tout, mais proclamant le contraire.
L'affirmation typique du monde contemporain,
issue de la révolution des mœurs des années 1960,
selon laquelle Dieu n'existe pas, est devenue : « Qu'il existe ou
n'existe pas, peu importe :
chacun est libre de croire ce qu'il veut,
pourvu que ce soit en privé. » Cela constitue la négation même du
principe de la liberté d'expression et de la liberté religieuse.
L'homme occidental a fermé la voie à tout semblant de recherche de
la vérité : si tout se vaut, plus rien ne compte.
Il existe une forme de rejet des dogmes de l'Église, ou une
distance croissante entre les hommes et les dogmes, c'est-à-dire
avec ce que Jésus a enseigné sur Dieu et la vie éternelle, au point
que l'on met en doute la véracité de ce que rapportent les
Évangiles, tant s'agissant du témoignage
de faits extraordinaires qu'eu égard aux jugements exprimés par la
communauté chrétienne originelle et fidèlement transmis au cours des
siècles, jusqu'à nos jours.
Une conviction s'est imposée peu à peu : le libéralisme moral
conduit à un progrès de la civilisation ; en même temps,
l'observation de la réalité montre que ce prétendu progrès est en
réalité une décadence morale et
anthropologique, une nouvelle forme de
paganisme qui a désacralisé l'homme et ses liens : on prétend
déterminer qui a le droit de vivre, et les plus fragiles en font
l'expérience - l'homme dans le ventre de sa mère, les personnes
âgées, les malades, les handicapés, en fin de compte abandonnés et
convaincus d'être un poids pour la société, leurs amis,
y compris leur famille. Les
réalités de la limitation, de la souffrance et de la douleur,
privées de leur perspective de salut et de bien éternel, sont
insupportables, et Dieu est appelé à se justifier.
Si d'un côté on croit tout possible grâce à l'infinie bonté
du Seigneur, même si l'on ne change rien à sa vie, de l'autre on
prétend que nos choix ne comportent aucune conséquence négative ou
imprévue.
Est-ce le monde qui doit changer d'attitude, ou l'Eglise qui
doit altérer sa fidélité à Dieu ?
Si nous ne sortons pas de la culture de
la mort, l'humanité se rapproche de sa perte.
Il s'agit d'une guerre déclarée contre la vie. Comment concevoir que
tant d'enfants soient éliminés du ventre de leur mère, sous prétexte
d'un droit de la femme à la liberté de son propre corps ?
Entre-temps, la nouvelle bataille « idéologique » de la
postmodernité occidentale est devenue celle de l'euthanasie.
La destruction de la vie n'est plus un acte barbare, mais un progrès
de la civilisation ; la loi prend prétexte d'un droit à la liberté
individuelle pour donner à l'homme la possibilité dé tuer son
prochain.
Si l'enseignement de l'Église ne
paraît pas compris, nous ne devons pas craindre de remettre cent
fois l'ouvrage sur le métier. Il ne s'agit pas
d'adoucir les exigences de l'Évangile ou de modifier la doctrine
de Jésus et des apôtres pour s'adapter à des modes éphémères,
mais de nous remettre radicalement en question sur la manière dont
nous vivons nous-mêmes l'Évangile et dont nous présentons le dogme.
Pour l'être humain, la plus grande difficulté n'est pas de
croire ce que l'Église enseigne sur le plan moral ; pour le monde
postmoderne, cette plus grande difficulté, c'est de croire en Dieu
et en son Fils unique.
Dieu doit rester la plus grande des préoccupations.
Les fins ultimes et l'éternité sont devenues une sorte de
fardeau psychologique immotivé. Les chrétiens eux-mêmes, à maintes
reprises, se sont accommodés d'une apostasie matérielle, avant même
d'être philosophique.
Toutefois, parler de cela à l'homme d'aujourd'hui requiert sa
disponibilité, une disponibilité au silence.
Dieu est enveloppé dans le silence et se révèle dans le silence
intérieur de nos cœurs. Qui pourrait parler du silence, et surtout
de Dieu, sous une forme adéquate ? Nous ne pouvons que tenter de
parler de Dieu à partir de notre propre expérience du silence. Il y
a dans le cœur humain un silence inné, parce que Dieu habite au plus
profond de chacun. Dieu est silence, et ce silence divin habite
l'homme. En Dieu, nous sommes inséparablement liés au silence.
L'Église peut affirmer que l'humanité est fille d'un Dieu
silencieux. Si nous cherchons à être avec Dieu dans le silence, nous
réussirons peut-être à comprendre quelque chose de sa présence et de
son amour. Une Église qui parle sans
interruption, une Église qui ne sait pas observer le silence pour
contempler la Parole de Dieu, est une Église qui s'est éloignée de
Dieu, une Église déchristianisée, mondaine et immergée dans une
société « jacassière ».
Devant l'homme qui accuse Dieu, pour parler à cet homme, pour
dire quelle profondeur d'amour Dieu vit pour nous, il est nécessaire
de faire silence. Silence : pour
que nous puissions nous-mêmes écouter le Seigneur ; silence chez
ceux qui sont à la recherche d'une réponse adéquate à leur
inquiétude, chez ceux qui constatent la tragédie de l'exclusion de
Dieu, Dieu en la personne de Jésus,
Dieu dans la réalité de l'Église, qu'il a voulue comme Sa présence
dans l'histoire. Nous oublions que l'origine de nos maux provient de
l'illusion que nous sommes autre chose que de la poussière.
L'homme, qui se fait divinité, ne veut pas reconnaître qu'il
est mortel.
A première vue, on peut croire que Dieu permet le mal afin
qu'il détruise l'homme. Pourtant, si Dieu se tait, il souffre avec
nous du mal qui a déchiré et défiguré la terre, et ce silence —
comme l'affirme Jean-Paul II — « débouche sur une réaction semblable
au travail de la femme qui enfante, qui s'essouffle, soupire et
hurle. C'est le jugement divin sur le mal, représenté par des images
de sécheresse, de destruction, de désert (v. 15), qui a pour
objectif un résultat vivant et fécond
(Jean-Paul II, Audience générale, 2 avril 2003.) ».
Nombre de nos contemporains ne peuvent accepter le silence de
Dieu. Ils n'admettent pas qu'il soit possible d'entrer en
communication autrement que par des paroles, des gestes ou des
actions concrètes et visibles.
Je crois que nous sommes victimes de la superficialité, de
l'égoïsme et de l'esprit du monde. Nous nous perdons dans des luttes
d'influence, des conflits de personnes, un activisme narcissique et
vain. Nous nous gonflons d'orgueil et de prétentions, prisonniers
d'une volonté de puissance. Pour accéder à des titres, à des
positions professionnelles ou ecclésiastiques, nous acceptons de
vils compromis. Pourtant, tout cela passe, se dissipe comme une
fumée.
Il est nécessaire d'entrer dans le silence. Sans lui, nous
nous trouvons dans l'illusion. La seule réalité qui mérite notre
attention, c'est Dieu lui-même, et Dieu se tait. Il attend notre
silence pour Se révéler lui-même. Il est nécessaire de sortir du
tumulte intérieur pour trouver Dieu. Malgré les troubles, le
consumérisme, les plaisirs faciles, Dieu reste silencieusement
présent. Il est en nous comme une pensée, une parole, une présence
dont les sources secrètes sont cachées en Dieu même, inaccessibles
aux yeux des hommes.
La solitude est le meilleur état pour trouver le silence de
Dieu. Pour ceux qui veulent trouver le silence, la solitude est la
montagne qu'il faut gravir. Les pouvoirs mondains qui cherchent à
modeler l'homme moderne écartent méthodiquement le silence.
« Je crie vers toi et tu ne me réponds pas, j'insiste et tu
n'écoutes pas » (Jb 30:20) :
Job aussi a essayé d'obtenir une réponse, en criant plus fort que
ceux qui l'entouraient, que ceux qui couvraient sa voix.
Aujourd'hui, ce qui attire avec ses bruits et qui rivalise avec ses
cris, c'est le monde qui nous entoure. Toutefois, à la différence de
Job, il ne crie pas vers Celui qui peut répondre.
Nous avons le
sentiment que le silence est devenu une oasis inaccessible. Sans
bruit, l'homme postmoderne tombe dans une agitation sourde et
atroce. Il est habitué à un bruit de fond permanent, qui le rend
malade et le rassure.
Pour nous libérer de la superficialité et de la vanité, pour
lutter contre la dictature du bruit, nous libérer de l'esclavage des
choses terrestres et matérielles, et résister à l'oppression du
charnel et de l'impureté, pour redécouvrir la valeur du silence et
de la solitude avec Dieu, il
est urgent de nous mettre à l'école de saint Augustin et
d'écouter ce qu'il nous enseigne : « Seigneur, la raison pour
laquelle je ne me réjouis pas en toi et ne m'unis pas a toi, c'est
que je prends plaisir aux choses extérieures et toi aux choses
intérieures ; je m'occupe des choses charnelles et tu t occupes des
choses spirituelles ; je me perds parmi les choses passagères,
j'erre avec mes pensées, je m'emmêle avec les mots, et toi, au
contraire, tu vis éternellement l'éternité. Tu es dans
le ciel, je suis sur la terre ; tu aimes les choses d'en haut, moi
les choses d'en bas ; toi les choses célestes, moi les choses
terrestres. Et quand ces choses contraires seront-elles réconciliées
? Et quand ma déviation pourra-t-elle s'adapter à ta justice
? Toi,
Seigneur, tu aimes la solitude, j'aime la confusion ; toi le
silence, moi les cris ; toi la vérité, moi la vanité ; tu es pureté,
je prends plaisir à l'impureté. Que dois-je dire d'autre, Seigneur ?
En vérité, tu es bon, et je suis mauvais ; tu es miséricordieux et
saint, je suis impie et inique ; tu es Lumière, je suis cécité ; tu
es la vie, je suis mort ; toi le médicament, moi le patient ; tu es
la joie, je suis la tristesse ; tu es la Vérité Souveraine, et moi,
comme tout homme vivant sur terre, je suis une vanité totale. »
A suivre :
Le silence n'est jamais un vide, c'est plutôt laisser parler Dieu
L'homme n'est grand que lorsqu'il est à genoux devant Dieu
Le christianisme n'ouvre pas un chemin parmi d'autres, mais c'est La Voie !
Obéissance envers le Christ et envers Sa Parole
N'ayons pas peur de faire le silence autour de nous et en nous
Le pouvoir de l'intercession
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Sources : Extraits du livre du cardinal
Sarah
"Dieu existe-t-il ?" -
E.S.M
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 22.02.2026
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