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L'Évangile nous dit que l'homme est l'être qui désire vivre éternellement

Le 21 mars 2026  - E.S.M. L'Évangile de ce Cinquième dimanche de Carême nous dit que l'homme est l'être qui désire vivre éternellement, qui ne veut pas mourir, qui se trouve en contradiction avec la mort. Cela se manifeste dès les origines de la culture humaine. Depuis l'aube de l'humanité, l'idée d'un passage dans l'autre moitié, d'une vie qui se poursuit et d'une solidarité envers autrui après la mort physique, est présente. Mais même dans ce cas, nous sommes confrontés à une contradiction fondamentale.

Un brin d'éternité - Pour agrandir l'image ► Cliquer      

Le 21 mars 2026 - E.S.M. Cinquième dimanche de Carême (Année A) 22 mars 2026  Lectures: Ez37,12-14; ps 129; Rm 8,8-11 ;Jn 11,1-45

La vie éternelle : se tenir dans la main du Seigneur

 

    Dimanche dernier, dans l'Évangile de l'aveugle-né, nous avons vu que l'homme est l'être qui connaît Dieu. Le fait que l'homme ait la capacité de connaître Dieu, et donc de s'ouvrir à l'Immensité, constitue la définition essentielle de l'homme. Mais nous avons aussi vu ce que l'on pourrait appeler la contradiction interne de l'homme: cet être même, défini comme capable de connaître Dieu, naît aveugle et ne le connaît pas. Enfin, nous avons vu qu'un désir de le connaître demeure et que Dieu peut nous rendre la vue, guérir notre cécité.
    Aujourd'hui, nous allons de l'avant. L'Évangile nous dit que l'homme est l'être qui désire vivre éternellement, qui ne veut pas mourir, qui se trouve en contradiction avec la mort. Cela se manifeste dès les origines de la culture humaine. Depuis l'aube de l'humanité, l'idée d'un passage dans l'autre moitié, d'une vie qui se poursuit et d'une solidarité envers autrui après la mort physique, est présente. Mais même dans ce cas, nous sommes confrontés à une contradiction fondamentale. L'homme, qui — comme nous l'avons dit - est l'être qui désire vivre éternellement, qui ne veut pas mourir, qui est convaincu d'être destiné à la vie éternelle, n'est pas seulement mortel, mais il doit mourir, car la structure même de notre monde ne permet pas la vie éternelle. Si personne ne mourait, ce serait catastrophique, pour lui comme pour les autres. La structure du monde contredit cette définition de l'homme. Il y a là une contradiction que l'on pourrait qualifier de cruelle : l'homme semble fait pour vivre
éternellement, il le désire, mais en même temps il vit dans un monde où la mort est essentielle. D'une certaine manière, c'est aussi un avantage. À la mort de l'un de ses frères, saint Ambroise dit en prière : « La mort est un bienfait, car autrement cette vie éternelle serait insupportable. (AMBROISE, Sur la mort du frère Satyrus, Livre 2, 132-133.)
    Que pouvons-nous dire? Aujourd'hui, dans son dialogue avec Marthe, le Seigneur répond à ces questions en pénétrant au cœur même de la réalité humaine. C'est ainsi seulement que la contradiction peut être surmontée. Il dit à Marthe : « Ton frère ressuscitera. » Marthe répond : « Oui, je crois à la résurrection au dernier jour. » Mais Jésus répond à son tour: « Non, non. Je suis la vie, et celui qui croit en moi vit. Et même s'il meurt extérieurement, il vivra éternellement. » Autrement dit, Jésus affirme qu'il ne s'agit pas d'une vie qui commence pour un temps immense et dont nous ignorons la fin. Non ! C'est une vie qui commence maintenant et qui est indestructible. Et « cette vie, c'est moi », dit Jésus. C'est-à-dire : « Celui qui croit en moi est comme tenu par moi dans ma main, et ne peut donc pas tomber dans la mort. »
    Face à l'impossibilité structurelle de la vie éternelle en ce monde, il nous faut aussi considérer que l'homme désire peut-être moins la vie pour lui-même que la vie d'autrui. Là où deux êtres s'aiment, l'amour est promesse d'éternité, et la mort de l'autre est insupportable, car nous ne pouvons l'abandonner! Cette structure de la relation à l'autre est cruciale : je ne suis pas le plus important, car je ne voudrais pas que l'autre me soit enlevé, car pour moi, l'autre est essentiel à la vie. En ce sens, Jésus dit : « Celui qui croit en moi a déjà la vie éternelle. »
    Deux points sont donc essentiels. Premièrement, nous ne pouvons avoir la vie éternelle par nous-mêmes, mais seulement si nous tenons la main de l'Autre, si nous sommes tenus par la main de l'Autre qui ne tombe pas. Autrement dit, seul l'amour peut donner l'immortalité, seul l'amour de Celui qui est l'immortalité de Dieu. Et lorsque nous pouvons tenir la main de Dieu, il nous tient aussi; et son souvenir conserve non seulement une idée, mais la réalité de notre vie. De plus, cette vie nouvelle commence dès l'instant où Dieu me tend la main et où je peux la saisir, c'est-à-dire dès maintenant. Cela ne dépend pas de ma structure biologique, mais de la structure de l'amour divin. L'essentiel à la vie est cette relation où l'on est tenu par la main de Dieu: nous sommes, pour ainsi dire, inscrits dans sa mémoire et, précisément ainsi, unis à la vie. Cette vie nouvelle commence à l'instant où je crois, et elle durera éternellement, même si je meurs extérieurement.
    Ainsi, prions le Seigneur afin qu'il nous aide à vivre dans son amour, car son amour est immortel. Vivre dans son amour non seulement pour nous-mêmes, mais surtout avec lui et, avec lui, pour tous ceux qu'il appelle. Rendons grâce au Seigneur pour cette promesse.
    Prions pour que nous soyons toujours plus capables de tenir fermement la main du Seigneur et ainsi ne pas tomber à la mer, comme saint Pierre, qui serait tombé sans la main du Seigneur. Amen !

  Le Seigneur nous tend la main: homélies inédites de Benoît XVI
 

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Sources :Texte original des méditations inédites du Saint Père Benoit XVI -  E.S.M.
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 21 mars 2026