Le Pape invite à profiter de l’été pour se recueillir et partager avec les
autres
Le 20 juillet 2025 -
E.S.M.
- Ce dimanche 20 juillet, le Pape a
présidé la messe dans la cathédrale d’Albano, non loin
de Castel Gandolfo. Dans son homélie, Léon XIV met en
évidence combien l’écoute et le service sont «deux
dimensions jumelles de l’accueil». Il souligne qu'une
culture de la paix naît de la solidarité et du partage,
et note l’importance du silence et de la prière qui sont
«des signes prophétiques pour notre temps».
Le Pape invite à profiter de l’été pour se recueillir et partager avec les
autres
Marie Duhamel – Cité du Vatican
Le 20 juillet 2025 -
E.S.M. - Arrivé il y a trois semaines à
Castel Gandolfo, le Pape a choisi de célébré la messe de ce 16ème
dimanche du Temps Ordinaire dans la cathédrale d’Albano. Léon XIV
est arrivé à la cathédrale à pied, en marchant depuis la résidence
potificale où il loge depuis le 6 juillet. Des fidèles nombreux ont
convergé tôt ce matin vers la cathédrale pour assister à la
célébration eucharistique.
« Comme vous le savez, je devais arriver le 12 mai, mais l'Esprit
Saint en a décidé autrement. Je suis vraiment heureux et, avec cette
fraternité, cette joie chrétienne, je vous salue tous ici présents
»,
a déclaré le Pape au début de la célébration. Le 12 mai, en la
solennité du saint patron du diocèse, saint Pancrace, aurait dû
avoir lieu la prise de possession du cardinal-évêque d'Albano, qui
n'a jamais eu lieu en raison de l'élection du cardinal Prevost au
Siège de Pierre le 8 mai. À cette occasion, une plaque d'argent
portant ses armoiries avait été commandée, l'objet lui a été remis
aujourd'hui par deux jeunes membres du diocèse sur la place de
l'église, avant la célébration eucharistique.
Une copie de la Vierge de la Rotonde, une ancienne icône de la
Vierge à l'Enfant de style byzantin très chère à la dévotion de la
ville d'Albano, domine le presbytère pendant la messe concélébrée
par environ 80 prêtres travaillant dans le diocèse. Les principaux
concélébrants étaient le cardinal Michael Czerny, préfet du
dicastère pour le Service du Développement humain intégral, l'évêque
d’Albano, Mgr Vincenzo Viva et le père Manuel Dorantes, directeur du
village Laudato sì'.
Service et écoute, deux dimensions jumelles de l’accueil
Dans son homélie, le Pape a commenté la première lecture (cf. Gn 18,
1-10) et l’Evangile de ce dimanche (Lc 10, 38-42) qui tout deux
parlent d’hospitalité, de service et d’écoute.
La première lecture du livre de la Genèse raconte la visite de Dieu
à Abraham, « en la personne de trois hommes » qui arrivent sous sa
tente « à l'heure la plus chaude de la journée ». Abraham reconnait en
eux la présence divine, il court vers eux, se prosterne et les prie
de s'arrêter. Le Pape souligne la beauté de l’accueil réservé par le
« maître de maison ». Avec cette attitude hospitalière, l'atmosphère a
changé, note le pape, « le calme de l'après-midi est rempli de gestes
d'amour » de la part d'Abraham, de sa femme Sara et de leurs
serviteurs. C'est dans ce contexte que Dieu leur annonce la nouvelle
qu'ils attendaient au coupe âgé: ils auront un fils. Cette rencontre
incite à réfléchir à la manière dont Dieu a choisi la voie de
l'hospitalité pour entrer dans la vie d'Abraham et de Sara. « Ils
reçoivent la promesse d’une vie nouvelle et d’une descendance »,
relate Léon XIV.
Se réserver des moments de silence
L’Évangile de ce dimanche, parle de la même manière d’agir de Dieu,
bien que dans des circonstances différentes. Jésus vient cette fois
en tant qu’invité et non comme étranger chez Marthe et Marie.
L’atmosphère est festive. Les deux sœurs, souligne Léon XIV
réagissent de manières différentes: Marthe l'accueille avec mille
attentions, elle s’affaire tandis que Marie s'assoit à ses pieds
pour l'écouter. Alors que Marthe se plaint car elle aimerait de
l’aide, Jésus l'invite à « apprécier la valeur de l'écoute ».
Il serait toutefois erroné, insiste le Pape, de voir ces deux
attitudes comme opposées l’une à l’autre, tout comme de faire des
comparaisons entre les deux femmes. « Le service et l’écoute sont en
effet deux dimensions jumelles de l’accueil », qui ouvrent à la
présence du Seigneur.
Si Léon juge important de vivre la foi « dans la concrétisation de
l’action et dans la fidélité à ses devoirs », selon l’état et la
vocation de chacun, il estime « fondamental » de le faire en partant
de la méditation de la Parole et de l’attention à l’Esprit. Il
invite ainsi à cette fin de réserver des moments de silence et de
prière « où, en faisant taire les bruits et les distractions, nous
nous recueillons devant Lui et nous faisons l’unité en nous ».
Léon XIV affirme que «c'est une dimension de la vie chrétienne que
nous avons particulièrement besoin de retrouver aujourd'hui, à la
fois comme valeur personnelle et communautaire que comme signe
prophétique pour notre temps». Le Pape souligne que l'été est un
moment «providentiel» pour aller dans ce sens et expérimenter la
beauté de notre intimité avec Dieu et comment elle peut nous aider à
être plus ouverts aux autres, plus accueillants.
Partager avec l'autre, promouvoir une culture de paix
L'été offrant souvent plus de temps libre et le Pape invite ainsi à
en faire bon usage, à en « profiter » en laissant derrière soi «
le
tourbillon des engagements et des préoccupations », pour « savourer »
quelques instants de calme et de recueillement et passer du temps
avec les autres, en leur rendant visite. On expérimente, dit-il, la
joie de se voir, de pouvoir prendre soins les uns des autres, de
s’écouter et de « s’offrir mutuellement compréhension et conseils ».
Léon XIV invite à passer à l’acte « avec courage », car cette démarche
permet à chacun de se sentir aimés, or, tous en ont besoin. En
outre, ce faisant, « nous promouvrons, dans la solidarité et le
partage de la foi et de la vie, une culture de paix, en aidant aussi
ceux qui nous entourent à surmonter les fractures et les hostilités
et à construire la communion, poursuit le Pape, entre les personnes,
entre les peuples, entre les religions ».
Notant qu’il n’est pas toujours facile de « se comprendre quand on a
des opinions différentes, pour se pardonner quand on se trompe, de
s’entraider quand on est malade, et de se soutenir quand on est
triste », le Pape reconnaissant que service et écoute exigent des
efforts, un engagement, une capacité de renoncement et des
sacrifices, mais, souligne-t-il, « c’est seulement ainsi, grâce à ces
efforts, que l’on construit quelque chose de bon dans la vie ; c’est
seulement ainsi que des relations authentiques et solides naissent
et se développent entre les personnes, et que le Royaume de Dieu
grandit, se répand et se fait présent, à partir d’en bas, à partir
du quotidien ».
Le Pape rappelle que saint Augustin, dans l'un de ses discours,
réfléchissant sur l'épisode de Marthe et Marie - symboles de deux
vies, présente et future, dans le labeur et le repos, temporaire et
éternel - a commenté que « la fatigue passera et le repos viendra ;
mais on n’arrivera au repos que par la fatigue ». D'où l'invitation à
« concilier » dans les jours « contemplation et action », « repos et
fatigue », « silence et travail », avec « sagesse et équilibre
», en
gardant toujours comme « critère de jugement » la charité de Jésus,
comme « lumière » sa Parole et comme « source de force » sa grâce, qui
soutient « au-delà de nos propres possibilités », conclue-t-il.
Avant la bénédiction finale, le Pape a remis à l’évêque d’Albano une
chasuble en signe de proximité avec l'église diocésaine, en
remerciant le prélat et son peuple.
MESSE
HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
Cathédrale d'Albano
16ème dimanche du Temps Ordinaire, 20 juillet 2025
Chers frères et sœurs,
je suis très heureux d’être ici aujourd’hui pour célébrer l’Eucharistie
dominicale dans cette belle cathédrale. Comme vous le savez, je devais arriver
le 12 mai, mais le Saint-Esprit en a décidé autrement. Mais je suis vraiment
heureux et, dans cette fraternité, cette joie chrétienne, je salue tous ceux qui
sont ici présents, Son Éminence, l’évêque du diocèse, les autorités présentes et
vous tous.
Dans la liturgie d’aujourd’hui, la première Lecture et l’Évangile nous parlent
d’hospitalité, de service et d’écoute (cf. Gn 18, 1-10 ; Lc 10, 38-42).
Dans le premier cas, Dieu rend visite à Abraham en la personne de “trois hommes”
qui viennent à sa tente “à l’heure la plus chaude du jour” (cf. Gn 18, 1-2).
Nous pouvons imaginer la scène : le soleil brûlant, le calme immobile du désert,
la chaleur intense et les trois inconnus qui cherchent un abri. Abraham, assis
“à l’entrée de la tente”, est dans la position de maître de maison, et il est
très beau de voir comment il exerce son rôle : ayant reconnu la présence de Dieu
dans les visiteurs, il se lève, court à leur rencontre, se prosterne jusqu’à
terre, les prie de s’arrêter. Ainsi, toute la scène s’anime. L’immobilité de
l’après-midi se remplit de gestes d’amour qui impliquent non seulement le
Patriarche, mais aussi Sara, sa femme et les serviteurs. Abraham n’est plus
assis, mais « il se tenait debout près d’eux, sous l’arbre » (Gn 18, 8),
et là, Dieu lui annonce la plus belle nouvelle qu’il pouvait espérer : «
Sara, ta femme, aura un fils » (Gn 18, 10).
La dynamique de cette rencontre peut nous faire réfléchir : Dieu choisit la voie
de l’hospitalité pour rencontrer Sara et Abraham et leur donner l’annonce de
leur fécondité, qu’ils désiraient tant et auquel ils ne croyaient plus. Après
tant de moments de grâce où il leur avait déjà rendu visite, il revient frapper
à leur porte, demandant accueil et confiance. Et les deux époux âgés répondent
positivement, sans savoir encore ce qui va se passer. Ils reconnaissent dans ces
visiteurs mystérieux sa bénédiction, sa présence même. Ils leur offrent ce
qu’ils ont : la nourriture, la compagnie, le service, l’ombre d’un arbre. Ils
reçoivent la promesse d’une vie nouvelle et d’une descendance.
De même, dans des circonstances différentes, l’Évangile nous parle aussi de la
même manière d’agir de Dieu. En effet ici aussi, Jésus se présente comme un
invité chez Marthe et Marie. Il n’est pas un étranger : il est chez des amis et
l’ambiance est festive. L’une des sœurs l’accueille avec mille attentions,
tandis que l’autre l’écoute assise à ses pieds, avec l’attitude typique du
disciple envers son maître. Comme nous le savons, aux plaintes de la première,
qui aimerait avoir un peu d’aide dans les tâches pratiques, Jésus répond en
l’invitant à apprécier la valeur de l’écoute (cf. Lc 10, 41-42).
Il serait toutefois erroné de voir ces deux attitudes comme opposées l’une à
l’autre, tout comme de faire des comparaisons entre les deux femmes. Le service
et l’écoute sont en effet deux dimensions jumelles de l’accueil.
Tout d’abord dans notre relation avec Dieu. S’il est important que nous vivions
notre foi dans la concrétisation de l’action et dans la fidélité à nos devoirs,
selon l’état et la vocation de chacun, il est toutefois fondamental que nous le
fassions en partant de la méditation de la Parole de Dieu et de l’attention à ce
que l’Esprit Saint suggère à notre cœur, en réservant à cette fin des moments de
silence, des moments de prière, des moments où, en faisant taire les bruits et
les distractions, nous nous recueillons devant Lui et nous faisons l’unité en
nous. C’est une dimension de la vie chrétienne que nous avons particulièrement
besoin de retrouver aujourd’hui, tant comme valeur personnelle et communautaire
que comme signe prophétique pour notre temps : faire place au silence, à
l’écoute du Père qui parle et « voit dans le secret » (Mt 6, 6). À cette
fin, les jours d’été peuvent être un moment providentiel pour expérimenter
combien l’intimité avec Dieu est belle et importante, et combien elle peut nous
aider à être plus ouverts, plus accueillants les uns envers les autres.
Ce sont des jours où nous avons plus de temps libre, tant pour nous recueillir
et méditer que pour nous rencontrer, en nous déplaçant et nous rendant visite.
Profitons-en pour savourer, après le tourbillon des engagements et des
préoccupations, quelques moments de calme, de recueillement, ainsi que pour
partager, en nous rendant quelque part, la joie de nous voir – comme pour moi,
aujourd’hui, ici –, faisons-en l’occasion de prendre soin les uns des autres,
d’échanger nos expériences, nos idées, de nous offrir mutuellement compréhension
et conseils : cela nous fait sentir aimés, et nous en avons tous besoin.
Faisons-le avec courage. Nous promouvrons ainsi, dans la solidarité, dans le
partage de la foi et de la vie, une culture de paix, en aidant aussi ceux qui
nous entourent à surmonter les fractures, les hostilités et à construire la
communion : entre les personnes, entre les peuples, entre les religions.
Le pape François disait que « si nous voulons goûter la vie avec joie, nous
devons associer ces deux attitudes: d’une part, le fait d’“être aux pieds” de
Jésus, pour l’écouter pendant qu’il nous révèle le secret de chaque chose;
d’autre part, être attentifs et ouverts à l’hospitalité, quand Il passe et
frappe à notre porte, avec le visage de l’ami qui a besoin d’un moment de repos
et de fraternité » (Angelus, 21 juillet 2019). Il a prononcé ces paroles,
entre autres, quelques mois avant le début de la pandémie : et combien cette
longue et dure expérience, dont nous nous souvenons encore, nous a enseigné à
cet égard.
Tout cela demande certes des efforts. Le service et l’écoute ne sont pas
toujours faciles : ils exigent un engagement, une capacité de renoncement. Cela
demande des sacrifices, par exemple, pour écouter et servir, pour faire preuve
de fidélité et d’amour avec lesquels un père et une mère élèvent leur famille,
tout comme cela demande des sacrifices pour que les enfants, à la maison et à
l’école, répondent à leurs efforts. Cela demande des sacrifices pour se
comprendre quand on a des opinions différentes, pour se pardonner quand on se
trompe, pour s’entraider quand on est malade, pour se soutenir quand on est
triste. Mais c’est seulement ainsi, grâce à ces efforts, que l’on construit
quelque chose de bon dans la vie ; c’est seulement ainsi que des relations
authentiques et solides naissent et se développent entre les personnes, et que
le Royaume de Dieu grandit, se répand et se fait présent, à partir d’en bas, à
partir du quotidien. (cf. Lc 7, 18-22).
Saint Augustin, dans l’un de ses discours, réfléchissant sur l’épisode de Marthe
et Marie, commentait : « ces deux femmes figurent deux vies : la vie présente
et la vie future, la vie du travail et la vie du repos, la vie de l’épreuve et
la vie du bonheur, la vie du temps et la vie de l’éternité » (Sermon 104,
4). Et en pensant au travail de Marthe, Augustin disait : « Qui est exempt de
ce service qui consiste à prendre soin des autres ? Qui peut reprendre son
souffle après ces tâches ? Essayons de les accomplir de manière irréprochable et
avec charité [...]. La fatigue passera et le repos viendra ; mais on n’arrivera
au repos que par la fatigue. Le bateau passera et arrivera au port ; mais on
n’arrivera au port que par le bateau » (ibid., 6-7).
Abraham, Marthe et Marie nous rappellent aujourd’hui précisément cela : que
l’écoute et le service sont deux attitudes complémentaires qui nous ouvrent,
dans la vie, à la présence bénéfique du Seigneur. Leur exemple nous invite à
concilier, dans nos journées, contemplation et action, repos et fatigue, silence
et activité, avec sagesse et équilibre, en gardant toujours comme critère de
jugement la charité de Jésus, comme lumière sa Parole et comme source de force
sa grâce, qui nous soutient au-delà de nos propres possibilités (cf. Ph 4, 13).
Paroles spontanées prononcées par le Saint-Père Léon XIV à la fin de la
messe dans la cathédrale d'Albano, avant la bénédiction, alors qu'il offre une
chasuble à S.E.R. Mgr Vincenzo Viva, évêque du diocèse.
Nous présentons ce cadeau à Son Excellence, en signe de notre proximité avec son
Église diocésaine, avec le souhait que la bénédiction du Seigneur l'accompagne
toujours. Merci pour son service et merci à son peuple.
Angélus: que l'Église reste une maison
ouverte à tous
À l'occasion de la prière de l'Angélus, récitée pour la deuxième
fois de Castel Gandolfo, le Pape rappelle que l'été est un temps
pour «ralentir» et profiter de l'occasion pour rencontrer Jésus,
apprenant ainsi l'art de l'hospitalité. « Dieu frappe encore
aujourd'hui à notre porte », assure Léon XIV.
Sous un grand soleil, la foule des fidèles est enthousiaste. Le Pape
Léon récite pour la deuxième fois la prière de l’Angélus depuis la
la place de la Liberté à Castel Gandolfo, où il passe quelques jours
de repos, avant de rentrer au Vatican.
Dans sa catéchèse, le Souverain pontife rappelle l'accueil d'Abraham
et de Sara et des sœurs Marthe et Marie. « Chaque fois que nous
acceptons l'invitation au repas du Seigneur et que nous participons
à la table eucharistique », dit le Pape, « c'est Dieu
lui-même qui vient nous servir ». Pourtant, souligne le Pape «
notre Dieu a d’abord su se faire hôte, et aujourd’hui encore, il
se tient à notre porte et frappe ». Léon XIV note combien il est
significatif que dans la langue italienne, le mot ospite désigne à
la fois celui qui accueille et celui qui est accueilli.
“En ce dimanche d’été, nous pouvons contempler le jeu de l’accueil
réciproque, sans lequel notre vie s’appauvrit”
Sortir de soi-même
Pour accueillir comme pour être accueilli, il faut de l’humilité
mais aussi, poursuit le Pape, de la délicatesse, de l’attention, de
l’ouverture. Dans l’Évangile, Marthe risque de ne pas entrer
pleinement dans la joie de cet échange: prise par ce qu’elle doit
faire pour accueillir Jésus, elle risque de gâcher un moment de
rencontre inoubliable. « Marthe est une personne généreuse, mais
Dieu l’appelle à quelque chose de plus beau que cette générosité. Il
l’appelle à sortir d’elle-même », explique le Pape.
S’ouvrir à quelque chose « qui nous détourne de nous-mêmes et
qui, en même temps, nous comble » est la seule manière de faire
« fleurir notre vie », affirme Léon XIV.
Le Pape analyse également l’attitude différente de Marie qui a comme
perdu la notion du temps, conquise par la parole de Jésus. « Elle
n’est pas moins concrète que sa sœur, ni moins généreuse. Mais elle
saisi l’occasion ». C’est pourquoi, explique-t-il, Jésus reprend
Marthe, parce qu’elle est restée en dehors d’une intimité qui lui
donnerait aussi beaucoup de joie.
Léon XIV insiste sur le fait que la période estivale peut aider à
“ralentir” et à devenir davantage comme Marie plutôt que comme
Marthe. « Parfois, nous ne nous accordons pas la meilleure part
», regrette-t-il. Or « nous avons besoin de nous reposer un
peu, avec le désir d’apprendre davantage l’art de l’hospitalité
».
La véritable rencontre est gratuite
Le Pape met en garde contre l’industrie du tourisme qui « veut
nous vendre toutes sortes d’expériences », mais, est-ce celle
que chacun recherche ? Pour Léon XIV, « toute véritable rencontre
est gratuite et ne s’achète pas : qu’il s’agisse de la rencontre
avec Dieu, avec les autres ou avec la nature. Il suffit de se faire
hôte : faire de la place et même la demander ; accueillir et se
laisser accueillir ». Nous avons tant à recevoir et pas
seulement à donner, conclue-t-il. Comme pour Abraham et Sarah, qui
bien qu’âgés se sont découverts féconds lorsqu’ils ont accueilli
sereinement le Seigneur, « pour nous aussi, il y a encore beaucoup
de vie à accueillir ».
Le Pape espère et prie la Très Sainte Vierge Marie, Mère
accueillante, pour qu’en elle brille la vocation de l’Église: rester
une maison ouverte à tous, pour continuer à accueillir son Seigneur,
qui demande la permission d’entrer.
PAPE LÉON XIV
ANGÉLUS
Place de la Liberté (Castel Gandolfo)
Dimanche 20 juillet 2025
Chers frères et sœurs, bon dimanche!
La liturgie nous rappelle aujourd’hui l’hospitalité d’Abraham et de
sa femme Sarah, ainsi que celle des sœurs Marthe et Marie, les amies
de Jésus (cf. Gn 18, 1-10 ; Lc 10, 38-42). Chaque fois que nous
acceptons l’invitation au repas du Seigneur et que nous participons
à la table eucharistique, c’est Dieu lui-même qui “vient nous
servir” (cf. Lc 12, 37). Pourtant, notre Dieu a d’abord su se faire
hôte, et aujourd’hui encore, il se tient à notre porte et frappe
(cf. Ap 3, 20). Il est significatif que dans la langue italienne, le
mot ospite (hôte) désigne à la fois celui qui accueille et celui qui
est accueilli. Ainsi, en ce dimanche d’été, nous pouvons contempler
le jeu de l’accueil réciproque, sans lequel notre vie s’appauvrit.
Il faut de l’humilité tant pour accueillir que pour être accueilli.
Cela requiert de la délicatesse, de l’attention, de l’ouverture.
Dans l’Évangile, Marthe risque de ne pas entrer pleinement dans la
joie de cet échange. Elle est tellement prise par ce qu’elle doit
faire pour accueillir Jésus qu’elle risque de gâcher un moment de
rencontre inoubliable. Marthe est une personne généreuse, mais Dieu
l’appelle à quelque chose de plus beau que cette générosité. Il
l’appelle à sortir d’elle-même.
Très chers sœurs et frères, seule cette attitude fait fleurir notre
vie : s’ouvrir à quelque chose qui nous détourne de nous-mêmes et
qui, en même temps, nous comble. Au moment où Marthe se plaint que
sa sœur l’a laissée seule pour servir (cf. v. 40), Marie a comme
perdu la notion du temps, conquise par la parole de Jésus. Elle
n’est pas moins concrète que sa sœur, ni moins généreuse. Mais elle
saisi l’occasion. C’est pourquoi Jésus reprend Marthe : parce
qu’elle est restée en dehors d’une intimité qui lui donnerait aussi
beaucoup de joie (cf. vv. 41-42).
La période estivale peut nous aider à “ralentir” et à devenir
davantage comme Marie plutôt que comme Marthe. Parfois, nous ne nous
accordons pas la meilleure part. Nous avons besoin de nous reposer
un peu, avec le désir d’apprendre davantage l’art de l’hospitalité.
L’industrie du tourisme veut nous vendre toutes sortes
d’expériences, mais ce n’est peut-être pas celle que nous
recherchons. En effet, toute véritable rencontre est gratuite et ne
s’achète pas : qu’il s’agisse de la rencontre avec Dieu, avec les
autres ou avec la nature. Il suffit de se faire hôte : faire de la
place et même la demander ; accueillir et se laisser accueillir.
Nous avons tant à recevoir et pas seulement à donner. Abraham et
Sarah, bien qu’âgés, se sont découverts féconds lorsqu’ils ont
accueilli sereinement le Seigneur lui-même sous les traits de trois
voyageurs. Pour nous aussi, il y a encore beaucoup de vie à
accueillir.
Prions la Très Sainte Vierge Marie, Mère accueillante, qui a reçu le
Seigneur en son sein et qui avec Jospeh lui a donné une maison. En
elle brille notre vocation, la vocation de l’Église : rester une
maison ouverte à tous, pour continuer à accueillir son Seigneur, qui
demande la permission d’entrer.
À l'issue de l'Angélus
Chers frères et sœurs,
ce matin, j’ai célébré l’Eucharistie dans la cathédrale d’Albano. Ce
fut un moment important de communion ecclésiale et de rencontre avec
la communauté diocésaine. Je remercie Son Excellence Mgr Viva, qui
est ici présent, ainsi que tous ceux qui ont travaillé à
l’organisation de cette très belle célébration. Toutes mes
félicitations à toute la communauté diocésaine !
Ces derniers jours, des nouvelles dramatiques continuent d’affluer
du Moyen-Orient, en particulier de Gaza.
J’exprime ma douleur profonde suite à l’attaque de l’armée
israélienne contre la paroisse catholique de la Sainte Famille dans
la ville de Gaza ; qui, comme vous le savez, a causé jeudi dernier
la mort de trois chrétiens et blessé gravement plusieurs autres
personnes. Je prie pour les victimes, Saad Issa Kostandi Salameh,
Foumia Issa Latif Ayyad, Najwa Ibrahim Latif Abu Daoud, et je suis
particulièrement proche de leurs familles et de tous les
paroissiens. Cet acte s’ajoute malheureusement aux attaques
militaires incessantes contre la population civile et les lieux de
culte à Gaza.
Je demande à nouveau que cesse immédiatement la barbarie de la
guerre et que l’on parvienne à une résolution pacifique du conflit.
J’appelle la communauté internationale à respecter le droit
humanitaire et à respecter l’obligation de protéger les civils,
ainsi que l’interdiction des punitions collectives, de l’usage
indiscriminé de la force et du déplacement forcé de la population.
À nos bien-aimés chrétiens du Moyen-Orient, je dis : je comprends
votre sentiment d’impuissance face à cette situation dramatique.
Vous êtes dans le cœur du Pape et de toute l’Église. Merci pour
votre témoignage de foi. Que la Vierge Marie, femme du Levant,
aurore du Soleil nouveau qui s’est levé dans l’histoire, vous
protège toujours et accompagne le monde vers l’aube de la paix.
Je vous salue tous, fidèles de Castel Gandolfo et tous les pèlerins
ici présents.
Je salue les jeunes participants au pèlerinage organisé par la
Catholic Worldview Fellowship, en visite à Rome après plusieurs
semaines de prière et de formation.
Je remercie le Forum international d’Action catholique d’avoir promu
le “Marathon de prière pour les gouvernants” : de 10 heures à 22
heures ce soir, nous sommes tous invités à nous arrêter une minute
pour prier, demandant au Seigneur d’éclairer nos gouvernants et
d’inspirer en eux des projets de paix.
Ces dernières semaines, certaines familles du Mouvement des Focolari
se trouvent à Loppiano pour la “Scuola internazionale di Famiglie
Nuove”. Je prie pour que cette expérience de spiritualité et de
fraternité vous rende fermes dans la foi et joyeux dans
l’accompagnement spirituel des autres familles.
Je salue les étudiants, les enseignants et le personnel du
Catholic Institute of Technology, qui a son siège ici même, à
Castel Gandolfo ; je salue le groupe scout Agesci Gela 3, engagé
dans le pèlerinage jubilaire qui se terminera devant la tombe du
bienheureux Carlo Acutis ; je salue également les jeunes de Castello
di Godego, qui sont engagés dans une expérience de service avec la
Caritas de Rome ; je salue les fidèles de Palerme et ceux de Sarsina.
Sont également présents les membres du groupe folklorique « ’O
Stazzo », ainsi que la fanfare d’Alba de Tormes.
Dans quelques jours, je rentrerai au Vatican après ces deux semaines
passées ici à Castel Gandolfo. Je tiens à vous remercier tous pour
votre accueil et je vous souhaite à tous un bon dimanche !
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