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Cardinal Sarah : Obéissance envers le Christ et envers Sa Parole
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Le 20 mars 2026 -
E.S.M.
- Le ministère du pape est la garantie de
l'obéissance envers le Christ et envers Sa Parole. II ne
doit pas proclamer ses propres idées, mais se soumettre
constamment, ainsi que l'Église, à l'obéissance envers
la Parole de Dieu, face à toutes les tentatives
d'adaptation et d'appauvrissement, ainsi que face à tout
opportunisme. »
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Jésus
toujours obéissant à son Père -
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Le silence n'est jamais un vide, c'est plutôt laisser parler Dieu
L'homme n'est grand que lorsqu'il est à genoux devant Dieu
Le christianisme n'ouvre pas un chemin parmi d'autres, mais c'est La
Voie !
Aujourd'hui, une véritable cacophonie règne dans les
enseignements des pasteurs, des évêques et des prêtres, qui semblent se
contredire. Chacun impose son opinion personnelle comme s'il s'agissait
d'une certitude, à telle enseigne qu'aujourd'hui on avance une multitude de
choses sur la foi catholique, certaines confuses, d'autres complètement
fausses. Il n'en résulte que confusion, ambiguïté t apostasie. Une grande
désorientation, un profond désarroi et des incertitudes dévastatrices ont
été ainsi inoculés dans l'âme de nombreux croyants chrétiens.
Nous ne croyons pas à une doctrine,
mais nous aimons une Personne, Jésus-Christ, en qui
nous croyons. Nous ne croyons pas aux idéologies ni à la sagesse
de ce monde (iCo 2:6), mais, par sa foi en Jésus-Christ, chacun de nous peut
dire : « Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi. Et cette
vie, que je vis dans le corps, je la vis dans la foi du Fils de Dieu, qui
m'a aimé et s'est Lui-même livré pour moi » (Ga 2:20). Nous croyons en Celui
qui a dit : « Je suis la lumière du monde ; celui qui me suit ne marchera
pas dans les ténèbres, mais il aura la lumière de la vie » (Jn 8:12). En
l'absence de lumière, tout se confond, il est impossible de distinguer le
bien du mal. Il est donc urgent de se rendre compte une fois de plus que la
foi est une lumière, car, une fois la flamme de la foi éteinte, toutes les
autres lumières commencent à défaillir.
D'autre part, n'oublions pas : «
L'homme contemporain écoute plus volontiers les témoins que les maîtres, ou
s'il écoute les maîtres, c'est parce qu'ils sont des témoins (Paul
VI).»
Il ne s'agit pas seulement d'un témoignage personnel, mais
aussi de celui de l'unité de l'Église ; un témoignage qui n'est pas simple
cohérence, mais qui renvoie plutôt au mystère de Dieu. Le témoin ne témoigne
pas clé lui-même, mais de l'événement qu'il a vu, dont il est une part
vivante. Il ne s'agit pas d'absence de preuves, de contradictions, de
limites ; le témoin communique avant tout qu'il a trouvé la maison, le père
auquel le cœur de chacun aspire.
Dans la question du sens de la douleur, de la fatigue, à
l'intérieur de systèmes anthropocentriques qui tendent à opprimer, à
ségréguer, à utiliser l'autre, voilà que je vois passer celui qui a trouvé
un sens, un accomplissement à sa vie. Et ce témoin n'est pas seul, il me
confie qu'il a des amis, qu'il vit une communauté et une communion ; que la
vie qu'il mène est une et non pas une multitude de fragments désorganisés,
que cette unité émane de la fréquence des sacrements, du temps consacré à
l'adoration du Christ présent dans l'Eucharistie ; que l'unité promise par
Jésus est visible dans l'Église ; que cette unité est l'appartenance à une
réalité qui ne change guère, parce qu'elle ne suit pas les normes humaines
niais reste la même dans le temps.
Peu importe le nombre de ceux que nous rencontrerons,
la Vérité n'est pas déterminée par la quantité.
Rien ne peut se transmettre qui ne veuille être reçu : comme
disposition de l'âme et comme intelligence de la réalité. De ce point de
vue, un orgueil généralisé, la prétention à l'autosuffisance, élèvent des
barrières que seule la puissance de Dieu peut surmonter, et non nos
capacités ou nos tactiques, quelles que soient celles que nous avons à
l'esprit. Pour accepter la révélation apportée par
Jésus, je dois reconnaître que je suis petit, que je suis un mendiant
devant Dieu. J'ai besoin du salut que seul Dieu peut me donner.
Avec l'humilité de saint Pierre, nous disons : « Je crois ! Mais tu accrois
ma foi. »
Cessons de nous adorer nous-mêmes. Reconnaissons notre
petitesse, afin d'apprendre de Celui qui est un Dieu humble et au cœur
tendre, qui vient à nous, doux, humble, petit, comme un rien, à l'intérieur
de chaque Eucharistie. Jésus est un Dieu tout-puissant, niais humble et
doux. Il ne s'impose pas, II ne vient pas en vainqueur, mais en amant de son
épouse, c'est-à-dire nous. Permettons-Lui de venir habiter en nous.
La foi en la présence réelle du Christ dans l'Eucharistie
s'est affaiblie. Il est nécessaire de renouer avec cette toi. Chaque
génération, à chaque époque, doit se confronter à son périple, accomplir ce
chemin de redécouverte et d'adhésion au Christ, réellement présent dans le
Tabernacle.
En effet, la lumière de la foi est unique, parce qu'elle est
capable d'illuminer tous les aspects de l'existence humaine. Une lumière
aussi puissante ne peut venir de nous-mêmes, mais d'une source plus
primordiale : en un mot, elle doit émaner de Dieu.
L'appel de saint Paul à Timothée, son fils dans la foi, nous
concerne tous : « Je t'en prie devant Dieu qui donne la vie à toutes choses
et devant le Christ Jésus qui, sous Ponce Pilate, a rendu son beau
témoignage, [...] garde le dépôt de la foi. Tourne le dos aux bavardages
impies et aux objections de la pseudo-connaissance : en s'y engageant,
certains se sont écartés de la foi » (1Tim 6:13, 20-21). Le dépôt de
la foi reste un don surnaturel. Un don qui doit continuellement être
demandé, qui doit être reçu. Un don qui doit être transmis.
Je crois, Eminence, que le trait caractéristique du christianisme réside
dans son caractère charnel, exprimé dans l'extraordinaire nouveauté de la
Parole de Dieu qui se fait chair. Le catholicisme est imprégné de cette
dimension charnelle : l'eucharistie, par laquelle nous nous nourrissons du
Corps et du Sang du Christ, la résurrection de la chair, la liturgie, les
sacrements. Pourquoi, selon vous, ce facteur qui distingue le christianisme
de toutes les autres religions n 'est-il pas considéré comme il devrait
l'être ?
Cela peut paraître un oxyrnore (deux
mots de sens contradictoires), mais nous,
chrétiens, sommes tellement matérialistes que nous croyons fermement à la
résurrection de la chair, au point de l'attendre et d'espérer qu'elle nous
sera rendue pour l'éternité. Cette attente, cette espérance, nous la
proclamons tous les dimanches et lors de toutes les célébrations, dans le
cadre du Credo, tel qu'il a été formulé au temps des Apôtres.
Il est assez difficile de réussir à oublier ce fait, à le
détacher de la conscience de sa foi chrétienne. En effet, alors que dans les
religions humaines on tente de sublimer la matérialité de la vie, d'en
masquer les limites en se réfugiant dans une hypothèse spiritualiste, dans
le christianisme, il en va autrement. Quand je parle du christianisme,
j'entends le catholicisme et vice versa, car ceux qui se sont
éloignés du catholicisme ont dû oublier quelque chose du christianisme,
c'est-à-dire l'intégralité de l'Évangile. Le
Christ est si humainement présent parmi nous que tout ce qu'il nous
communique passe par des signes matériels : le pain, le vin, l'eau, l'huile.
Le Christ nous renvoie à Lui à travers des signes, II se rend présent sous
les espèces du pain et du vin, qui Le voilent à nos yeux, niais ne diminuent
nullement la réalité de Sa présence ; tous les signes sacramentels possèdent
une matière pour signe de Sa présence. Surtout, nous en faisons
l'expérience, pour ainsi dire sensible, à travers ceux qui témoignent de
notre appartenance à Lui.
Pourtant, dans la chair et le sang, c'est-à-dire dans l'unité
et l'intégralité de la personne que ceux-ci représentent, ainsi que le
Christ les a désignés lors de la Cène, il existe un
au-delà que ni la chair ni le sang ne
justifient ou ne sembleraient présupposer. La matière est le véhicule des
choses saintes et de la sainteté même de Dieu lorsqu'elle est matière
consacrée, mais nous ne devons pas courir le risque de considérer la matière
en soi comme sacrée, parce qu'elle n'est pas à elle seule la demeure du
divin. En même temps, la « matière » consacrée, les espèces du pain et du
vin — le vrai Corps — revêtent une dignité incomparable, une valeur égale à
la vie d'une personne. À tel point que la chute accidentelle de ces espèces
consacrées, en plus d'être un signe d'inattention, voire de négligence de la
part de ceux qui auraient dû les préserver, impose lucidité et attention
afin d'en éviter la dispersion, fût-ce d'une infime partie, en vertu de la
certitude que chacun de ces fragments contient pleinement le Christ, autant
que l'hostie entière.
Des « choses » aux personnes, chacun de nous est un véhicule
de la présence de Dieu, de l'Esprit. Le Christ lui-même l'affirme lorsque
Pierre, répondant à la question sur l'identité de Jésus - « Qui dit-on que
je suis ? --, doit marquer sa propre compréhension de la Réalité qui se
présente à lui : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu
vivant. » Une réponse qui excède tout antécédent, inimaginable pour
une « intelligence » humaine, tant elle surpasse toute vision culturelle de
ce temps, toute hypothèse possible et raisonnable. En fait, Jésus clarifie
la chose en attribuant à l'intuition de Pierre la pleine expression d'une
béatitude, d'une prédilection spéciale du Père : « Tu es heureux, Simon fils
de Jonas, car cette révélation t'est venue non de la chair et du sang, mais
de mon Père qui est dans les cieux » (Mc 8:27-33 ; Mt 16:13-23 ; Lc
9:18-22).
Ni la chair ni le sang (l'homme dans son intégralité) ne
peuvent comprendre quoi que ce soit à Dieu, mais cela n'est pas à dédaigner,
à tel point que Jésus poursuit : « Tu es Pierre, et sur cette pierre je
bâtirai mon Église ; et la puissance de la Mort ne l'emportera pas sur elle.
Je te donnerai les clés du royaume des Cieux : tout ce que tu auras lié sur
la terre sera lié dans les cieux, et tout ce que tu auras délié sur la terre
sera délié dans les cieux. » Cela ressemble à une récompense pour ce qui
n'émane pas de Pierre — il vient de l'affirmer. On pourrait croire à une
louange imméritée de la « chair » : à la suite de cette déclaration, de
cette reconnaissance, Pierre devient le « chef» de ceux qui suivent Jésus.
C'est à lui qu'est confiée la poursuite de l'œuvre commencée par le Maître :
c'est sur l'autorité conférée à Pierre, à lui seul, en tant que personne
dotée de cette intelligence, de cette capacité, de ce caractère, avec toute
sa dimension charnelle — parfois instinctive — que l'Église s'est fondée.
Sans que cette limitation constitue un problème ou un scandale.
Benoît XVI nous offre une explication profonde de cette apparente
contradiction et en même temps de cette grande étreinte entre ce qui est
spirituel (qui vient de Dieu) et ce qui est humain, matériel (qui vient de
la chair). Immédiatement après son élection à la succession de Pierre,
le 7 mai 2005, lors de la cérémonie d'installation sur la cathedra
romana de Saint-Jean-de-Latran, il nous amène à en apprendre un peu plus
sur la dimension concrète par laquelle le Seigneur réalise son être à
proximité de nous : « Le pape n'est pas un souverain absolu, dont la pensée
et la volonté font loi. Au contraire : le ministère du pape est la garantie
de l'obéissance envers le Christ et envers Sa
Parole. II ne doit pas proclamer ses propres idées, mais se
soumettre constamment, ainsi que l'Église, à l'obéissance envers la Parole
de Dieu, face à toutes les tentatives d'adaptation et d'appauvrissement,
ainsi que face à tout opportunisme. » Le pape Benoît poursuit, en étayant :
« C'est ce que fit le pape Jean-Paul II lorsque, face à toutes les
tentatives, apparemment bienveillantes envers l'homme, face aux
interprétations erronées de la liberté, il souligna de manière catégorique
l'inviolabilité de l'être humain, l'inviolabilité de la vie humaine de sa
conception jusqu'à sa mort naturelle. La liberté de tuer n'est pas une
véritable liberté, mais une tyrannie qui réduit l'être humain en esclavage.
» Le pape assume une tâche qui excède ses capacités humaines, il a la
mission d'annoncer au monde la vérité ultime de la chair, de chaque
événement humain que la chair traverse. En effet : « Le pape est conscient
d'être, dans ses grandes décisions, lié à la grande communauté de foi de
tous les temps, aux interprétations faisant autorité qui sont apparues le
long du chemin du pèlerinage de l'Église. Ainsi son pouvoir ne se trouve pas
"au-dessus", mais il est au service de la Parole de Dieu, et c'est sur lui
que repose la responsabilité de faire en sorte que cette Parole continue à
rester présente dans sa grandeur et à retentir dans sa pureté, de façon
qu'elle ne soit pas rendue vaine par les changements continuels des modes. »
Le courage de cette proclamation, d'affronter ce qui est puissant dans ce
monde, est, humainement parlant, inconcevable. Combien de papes, surtout aux
premiers siècles, ont souffert le martyre pour cette « simple »
proclamation, et combien, jusqu'à une époque récente — je pense à Paul VI et
à tout ce qu'il asouffert à la suite de sa clarification définitive sur la
valeur de la vie, telle qu'exprimée dans
Humanae,
vitae — ont souffert un martyre en blanc ! (François s'est ainsi
plusieurs fois élevé contre le « martyre en "gants blancs" » que subissent
certains chrétiens. Cette expression vise les persécutions qui « se
présentent déguisées sous forme de culture, [...] déguisées en modernité,
déguisées en progrès », Osservatore
romano, 16-21 avril 2016.)
Face à la grande tâche qui incombe à chacun, il ne faut rien
nier ni oublier de son humanité et de celle des autres, des circonstances,
de la « dimension charnelle » - comme vous la définissez — de la vie humaine
reçue par le Mystère de l'Incarnation.
Dans la même homélie, Benoît XVI ajoute: « Celui qui est le titulaire du
ministère pétrinien doit avoir la conscience d'être un homme fragile et
faible -- de même que ses propres forces sont fragiles et faibles - qui a
constamment besoin de purification et de conversion. Mais il peut également
avoir la conscience que c'est du Seigneur que lui vient la force pour
confirmer ses frères dans la foi et les garder unis dans la confession du
Christ crucifié et ressuscité. »
Personne ne se soucie, à l'égal des catholiques, de la nourriture et de la
liturgie, des malades et de la vie naissante : cela se produit précisément
en raison de la profonde dignité qui est attribuée à
l'univers créé, à la « chair
» dont nous sommes faits.
Et, à côté de cette attention au particulier, il y a le
sentiment de la disproportion entre ce dont nous sommes capables et ce qui
nous est donné, et c'est ainsi que naît la gratitude. Nous pouvons être
reconnaissants même pour un verre d'eau, qui semble n'être rien ; pourtant,
cela peut aller très au-delà des simples contingences, au point que, « si
quelqu'un donne à boire, ne serait-ce qu'un verre d'eau fraîche, au plus
insignifiant de mes disciples parce qu'il est mon disciple, vraiment, je
vous l'assure, il ne perdra pas sa récompense » (Mt 10:42).
A suivre :
N'ayons pas peur de faire le silence autour de nous et en nous
Le pouvoir de l'intercession
Le christianisme demeure aujourd'hui si fascinant et si vivant
Pour voir la divine providence, il faut des yeux de la foi
Dieu ne crie pas, il n'est pas bruyant, il attend notre disposition à l'écouter
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Sources : Extraits du livre du cardinal
Sarah
"Dieu existe-t-il ?" -
E.S.M
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 01.03.2026
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