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Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses dernières
nominations
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Le 17 février 2026 -
E.S.M.
-
Les principales nominations du pape Léon
sont toutes du même ordre. La nomination de Mgr Hicks jalonnera dans les prochaines années la marche de l’Église
catholique aux États-Unis. Vingt-quatre
heures à peine après la nomination du nouvel archevêque de New York, le pape
procédait à une autre nomination importante en confiant le diocèse de Palm
Beach, en Floride, à Mgr Manuel de Jesús Rodriguez.
S. M.
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Le
nouvel archevêque de New York, Mgr Ronald A. Hicks -
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Qu’est-ce qu’un bon évêque pour le pape Léon ? Une analyse de ses
dernières nominations
Le 17 février 2026 -
E.S.M. -
Le 6 février dernier, le nouvel archevêque de New York, Mgr Ronald A. Hicks,
a fait son entrée solennelle dans la cathédrale dédiée à saint Patrick, au
cœur de Manhattan et il a esquissé en chaire
(voir photo d’AP/Yuki Iwamura)
les grandes lignes de son programme, parfaitement en phase avec les
recommandations du pape Léon : « Nous sommes appelés à être une Église
missionnaire, une Église qui catéchise, qui évangélise et qui met notre foi
en pratique. Une Église faite de disciples missionnaires qui vont faire
d’autres disciples et transmettent la foi d’une génération à l’autre. Une
Église qui prend soin des pauvres et des plus faibles. Une Église qui
défend, respecte et soutient la vie, de sa conception à sa mort naturelle ».
La nomination de Mgr Hicks n’est pas la seule nomination décidée par le pape
Léon qui jalonnera dans les prochaines années la marche de l’Église
catholique aux États-Unis. En effet, le 19 décembre dernier, vingt-quatre
heures à peine après la nomination du nouvel archevêque de New York, le pape
procédait à une autre nomination importante en confiant le diocèse de Palm
Beach, en Floride, à Mgr Manuel de Jesús Rodriguez.
C’est à Palm Beach qu’est situé le domaine de Mar-a-Lago, la résidence
préférée du président Donald Trump, dont les politiques dures en matière
d’immigration lui ont valu une levée de boucliers de la part de la
Conférence épiscopale catholique des États-Unis. D’autant que le nouvel
évêque Rodriguez est lui-même un immigré, puisqu’il est né en République
Dominicaine, où il a été ordonné prêtre avant d’être envoyé dans une
paroisse du diocèse de Brooklyn, dans la ville de New York où il officiait
hier encore, et dont les 17 000 fidèles sont pour la plupart « latinos ».
Mais Mgr Rodriguez n’est pas du genre à monter aux barricades. Après sa
nomination, il a déclaré que le président Trump « faisait également de
bonnes choses pour les États-Unis et pour le monde. Mais quand il s‘agit des
migrants et de la politique sur l’immigration, nous voulons lui venir en
aide ». Il a des compétences aussi bien en droit civil qu’en droit canon,
tout comme le pape Léon, qui apprécie grandement cette expertise juridique
quand il s’agit de confier des rôles importants, comme celui de préfet du
Dicastère pour la nomination des évêques à la Curie vaticane, un poste
attribué à Filippo Iannone, un canoniste réputé.
Mgr Hicks également s’est montré en mesure de gérer des situations
difficiles, comme à Chicago, où il a été vicaire général et ensuite
auxiliaire de l’archevêque et cardinal Blase Cupich et ensuite comme évêque
de Joliet, dans l’Illinois, un État frappé de plein fouet par le fléau des
abus sexuels. À présent qu’il est arrivé à New York, il devra mettre en
place le plan de dédommagement des victimes de l’ordre de 300 millions de
dollars que lui a légué son prédécesseur, le cardinal Timothy Dolan.
Mgr Hicks est un compatriote du pape Robert F. Prevost. Il vient comme
lui de la périphérie de Chicago, et est originaire d’une banlieue appelée
South Holland, juste à côté de la banlieue de Dalton où le pape est né.
« Nos maisons n’étaient distantes que de 14 blocs l’une de l’autre », a‑t-il
déclaré. Et pourtant leur première rencontre ne remonte qu’à 2024, lors
d’une conférence du cardinal Prevost dans l’Illinois en marge de laquelle
ils ont pu avoir un entretien en tête à tête. « J’ai trouvé – dit
aujourd’hui Mgr Hicks – qu’il était clair, concis, créatif et toujours
humble, capable d’écouter avant de décider ».
La proximité entre Mgr Hicks et Mgr Cupich, qui est l’une des figures de
proue du courant progressiste des évêques des États-Unis, dans le sillage du
cardinal Joseph Bernardin (1928 – 1996), lui aussi archevêque de Chicago
avant de devenir pendant une décennie le leader historique de ce courant,
a laissé chez certains l’impression d’une certaine similitude entre ces deux
personnages, dans la mouvance du Pape François.
Mais en réalité, le
véritable mentor de Mgr Hicks était le prédécesseur de
Mgr Cupich à Chicago, le cardinal Francis George (1937 – 2015) qui était
à la tête du courant conservateur bien plus important, en plus d’avoir été
président de la Conférence épiscopale entre 2007 et 2010. C’est lui qui
avait suggéré à son successeur de nommer Mgr Hicks en tant que vicaire
général. Et c’est surtout lui qui, en 2005, a envoyé le jeune prêtre qu’il
était en mission au Salvador pendant cinq ans, pour prendre en charge un
orphelinat appelé « Nuestros Pequeños Hermanos ».
Depuis lors, Mgr Hicks parle parfaitement l’espagnol, qui est par
ailleurs la langue maternelle d’une grande partie des catholiques aux
États-Unis. Et il a demandé que sa messe d’installation à New York soit
célébrée aussi bien en anglais qu’en espagnol. Il a même prononcé l’homélie
dans les deux langues. Et il souhaité que ce soit l’un des jeunes orphelins
auxquels il est venu en aide au Salvador, Samuel Jimenez Coreas, qui lise
l’une des lectures de la messe, extraite de l’épître de saint Paul aux
Galates. L’archidiocèse de New York compte plus d’un million de catholiques
hispaniques sur un total de 2,4 millions.
Mgr Hicks partage avec le pape Léon une même vision
unitaire et cohérente de l’éthique de la vie, comme la « seamless
garment », la tunique sans couture que portait Jésus : une image chère au
cardinal Bernardin. Le droit à la vie doit être protégé à chacune de ses
étapes, non seulement « de la conception à la mort naturelle », mais
également contre la guerre, la pauvreté, l’oppression, même si l’approche
est différente. À Joliet, Mgr Hicks avait pris l’habitude de participer au
National Day of Remembrance for Aborted Children et bénissait à cette
occasion les tombes des enfants non nés. Mais il a également souhaité faire
figurer sur ses armoiries épiscopales un plan de « romero », de romarin en
espagnol, en hommage à Oscar Romero, cet archevêque du Salvador mort en
martyr sur son autel en 1980, sous les balles d’un escadron de la mort.
Mgr Hicks est également apprécié comme formateur de jeunes prêtres,
parfaitement dans la ligne – comme on le découvre aujourd’hui – de la lettre
exigeante que le pape Léon a envoyée le 9 février aux prêtres de Madrid
mais en réalité à toute l’Église. En 2024, il a été élu président de la
Commission pour le clergé, la vie consacrée et les vocations par la
Conférence épiscopale des États-Unis avec 68% des voix. Et à New York, il
aura du pain sur la planche, vu la chute vertigineuse des vocations à la
prêtrise de ces dernières années.
Il fait preuve de beaucoup de compréhension et de tolérance envers ceux
qui célèbrent la messe selon l’ancien rite, tout en restant assez éloigné du
profil d’un « cultural warrior » et de l’école théologique néoconservatrice
de Richard John Neuhaus, Michael Novak et George Weigel, au contraire de son
prédécesseur à New York, le cardinal Dolan.
Pour le dire plus simplement, Mgr Hicks fait voler en éclats les clivages
entre progressistes et conservateurs. Tout comme le pape Léon, l’essentiel
pour lui est surtout d’être « in Illo uno unum », unis dans l’unique
Seigneur, comme sur la devise augustinienne du blason papal.
Les principales nominations du pape Léon sont toutes du même ordre. Voici
comment Stanislav Přibyl, le nouvel archevêque de Prague, l’une des
capitales d’Europe les plus hermétiques à la foi,
a immédiatement décrit la voie qu’il souhaite emprunter, dans la foulée
de sa nomination le 2 février dernier : « La réconciliation au sein de
l’Église me tient particulièrement à cœur, et le premier pas doit
précisément être de chercher à l’atteindre. Le Christ est au-dessus de
toutes les factions et de tous les groupes d’influence et ce n’est qu’en lui
que nous pouvons être véritablement unis ».
On peut également citer en exemple la nomination le 6 octobre 2025 de Mgr
Fabien Lejeusne, à la tête du diocèse belge de Namur. Âgé de 52 ans, ancien
supérieur général pour l’Europe de la Congrégation des Augustiniens de
l’Assomption, c’est un religieux augustinien comme le pape Léon. Dès son
entrée en fonction, ses priorités ont été d’assainir la gestion financière
du diocèse et surtout de relancer l’évangélisation, avec une attention
particulière envers les jeunes. Tout en se tenant à l’écart des controverses
doctrinales poussées à l’extrême.
Tous ces évêques incarnent l’Église que le pape Léon aime : une Église
unie et missionnaire, ouverte à tous mais sans controverses intestines. Avec
une place pour le cardinal dominicain Timothy Radcliffe, auquel le pape
a demandé de prononcer les méditations introductives du consistoire des
cardinaux de janvier dernier, et une autre pour l’évêque trappiste Erik
Varden, appelé à prêcher les exercices spirituels de début de Carême au pape
et aux personnalités de la Curie vaticane, qui sont tous deux des
théologiens de haut vol, mais de tendances clairement différentes.
C’est également entre de telles personnalités que Léon souhaite mettre en
œuvre l’unité « dans le seul Seigneur » au sein de l’Église. Avec une
différence importante entre les deux qu’il est important de mentionner ici,
car si Mgr Radcliffe, âgé de 81 ans et ancien maître général de l’Ordre des
prêcheurs, est au crépuscule de son parcours, Mgr Varden quant à lui, âgé de
52 ans, évêque de Trondheim, en Norvège, et président de la Conférence
épiscopale de Scandinavie, a encore tout l’avenir devant lui. Et tout ce
qu’il a déjà fait et écrit jusqu’à présent – repris à plusieurs occasions
sur
Settimo Cielo – nous laisse entrevoir qu’il s’annonce d’ores et déjà
très prometteur.
Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire
L'Espresso.
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Sources
: diakonos.be-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 17.02.2026
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