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Baptêmes d’adultes en hausse. Leur nombre surprend, mais plus encore
leur qualité
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Le 16 juin 2026 -
E.S.M.
- Lors de son voyage en Espagne, Léon XIV (sur la
photo de Vatican Media en visite à l’abbaye de
Montserrat) a croisé une pluralité d’expériences de vie,
y compris l’une des plus inédites et surprenantes en
Europe aujourd’hui : celles des baptisés à l’âge adulte,
dont le nombre ne cesse de croître lors de la nuit de
Pâques.
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Léon XIV en visite
à l’abbaye de Montserrat
Baptêmes d’adultes en hausse. Leur nombre surprend, mais plus encore
leur qualité
Le 16 juin 2026 -
E.S.M. - Lors de son
voyage en Espagne, Léon XIV (sur la photo de
Vatican Media en visite à l’abbaye de Montserrat) a croisé une
pluralité d’expériences de vie, y compris l’une des plus inédites et
surprenantes en Europe aujourd’hui : celles des baptisés à l’âge
adulte, dont le nombre ne cesse de croître lors de la nuit de
Pâques.
Dans sa
réponse à l'un de ces nouveaux baptisés au Stade olympique
de Barcelone, Léon XIV a parlé de cette « inquiétude » salutaire qui imprègne la
cité séculière d'aujourd'hui : une inquiétude qui est un « don de Dieu » à nous
tous, « qui sommes faits sur mesure pour l'infini ».
L’Espagne n’est pas l’un des pays européens qui connaisse l’augmentation la
plus marquée des baptêmes d’adultes. Pas plus que l’Italie, où la majeure partie
des baptisés sont des enfants. Mais en France, où les baptêmes d’enfants se sont
littéralement effondrés, les baptêmes d’adultes sont en forte hausse et l’on
s’attend à ce que le même phénomène progresse dans d’autres pays, au fur et
à mesure que la sécularisation avance.
L’abbé Marco Gallo, responsable de l’Institut Supérieur de Liturgie à Paris,
vient de publier dans le dernier numéro de la “Rivista
del Clero Italiano” une analyse détaillée du phénomène, accompagnée
d’un témoignage singulier : l’incroyable affluence enregistrée depuis deux ans
au Mercredi des Cendres dans les églises parisiennes, y compris dans sa paroisse
de Saint-Germain-des-Prés, où cette année “environ un tiers de l’assemblée,
particulièrement nombreuse, était composée de personnes semblant ne jamais avoir
participé à un rite catholique”. Un phénomène que l’abbé Gallo compare au début
du Ramadan pour les musulmans, qui coïncidait cette année avec le début du
Carême.
Mais il ne faudrait pas faire l’erreur de penser que les baptêmes d’adultes
pourraient renverser l’avancée de la sécularisation. Dans les années 1960, en
France, près de 90% de la population était baptisée et il y avait 25% de
pratiquants, alors qu’aujourd’hui seuls 30% des enfants de moins de sept ans
sont baptisés et les pratiquants sont tombés à 2%, “avec une perte d’environ 200
000 baptêmes par an par rapport à l’an 2000”.
Quoi qu’il en soit, le nombre actuel des baptêmes d’adultes, bien que
statistiquement marginal par rapport à la masse des non-baptisés, est
impressionnant, et en constante augmentation. En 2015, il y avait 3 900 baptisés
à Pâques, mais dix ans plus tard, en 2025, ce chiffre a grimpé à 21 386.
On retrouve le même phénomène aux États-Unis, où le
Pew Research Center a confirmé qu’1,5% de tous les adultes
se sont convertis au catholicisme. Mais, pour chaque adulte qui se convertit, il
y en a huit qui abandonnent le catholicisme dans lequel ils ont grandi.
Une donnée qui caractérise les nouveaux baptisés en France, c’est que
beaucoup d’entre eux n’ont ni grand-parents ni parents croyants. À la place des
parents et de la famille, ils ont comme vecteurs de foi leurs amis et leurs
pairs. C’est la fin de la transmission verticale de la foi, d’une génération
à l’autre, qui a été pendant des siècles le modèle typique de la chrétienté.
Le profil sociologique des nouveaux baptisés se caractériste nettement par sa
jeunesse : les 18 – 25 ans, qui étaient 20% en 2020, sont aujourd’hui 42%. 62%
sont des femmes et 71% vivent en ville. 46% déclarent provenir d’une tradition
non religieuse ou athée, c’est-à-dire pratiquement la même proportion que les
45% qui sont issus d’une famille de tradition culturelle catholique. Et “cela
signifie”, observe l’abbé Gallo, “que ce phénomène n’est plus seulement une
question de réveil d’une foi endormie, mais constitue une première
évangélisation au sens strict”. Il en découle que “les activités pastorales ne
doivent plus viser à réactiver une mémoire latente, mais à construire de toutes
pièces un univers symbolique, narratif et rituel chez des personnes qui en sont
structurellement dépourvues”.
Certains sont tentés de voir dans ce réveil un “renouveau
catholique” analogue à celui auquel on a assisté en France et dans
d’autres pays européens à la première moitié du XIXe siècle et davantage encore
à la fin du siècle et au début du XXe, avec une série de convertis célèbres dont
plusieurs écrivains de renom : en France Georges Bernanos, Julien Green,
François Mauriac, Ernest Psichari ; en Grande-Bretagne T. S. Eliot, Graham
Greene, Robert Hugh Benson, Evelyn Waugh, Hilaire Belloc, G. K. Chesterton ; en
Norvège Sigrid Undset ; en Autriche Franz Werfel ; en Pologne Henryk
Sienkiewicz ; en Russie Nikolaï Berdiaev ; en Allemagne Carl Schmitt et Romano
Guardini.
Mais le phénomène actuel n’a rien de comparable aux précédents. Il n’est pas
encore consolidé, il manque de figures marquantes et bon nombre de néophytes,
soit environ un quart du total, semblent délaisser les communautés et ne plus
aller à la messe dès l’année suivant leur baptême.
La véritable nouveauté de ces baptêmes réside plutôt dans le fait qu’ils
naissent d’une transmission horizontale de la foi, portée par des amis et des
connaissances : "Ce n’est plus la structure ecclésiale qui génère la première
annonce, mais les relations humaines qui la précèdent et la rendent crédible. Le
garant du néophyte est souvent quelqu’un du même âge, un ami d’université, un
collègue."
L’abbé Gallo renvoie aux études de Rodney Stark (1934 – 2022) sur les
premiers siècles du christianisme, qui expliquait que la foi se propageait alors
à travers des réseaux de voisinage, de corporations d’artisans et d’amitiés. Et
il conclut ainsi son analyse :
Voici la traduction de la conclusion du texte, fidèle au ton analytique et
à la densité des arguments :
“Le parallèle avec le christianisme des origines n’est pas qu’une simple
analogie, c’est un prisme précis pour comprendre la situation actuelle. Stark
avait montré que la croissance du christianisme primitif a été possible parce
qu’il évoluait dans un contexte de pluralisme religieux où le choix de la foi
était réellement libre et comportait un coût social réel.
La condition post-chrétienne de l’Europe occidentale reproduit
structurellement cette configuration : la foi n'est plus une évidence liée à la
naissance, mais un choix qui implique de se différencier de son milieu, de
supporter l’incompréhension de ses pairs non-croyants et de construire une
nouvelle identité.
Dans ce contexte, la présence d’amis croyants, dont la vie ordinaire témoigne
de la qualité de leur rapport au monde, devient le moteur décisif de la première
annonce.
La sociologie et la théologie convergent ici sur un point commun : dans une
société sécularisée, le premier lieu de la mission n’est ni la chaire ni les
réseaux sociaux, mais l’amitié."
Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire
L'Espresso.
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Sources
: diakonos.be-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 16.06.2026
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