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Dieu ne crie pas, il n'est pas bruyant, il attend notre disposition à l'écouter

Le 15 juillet 2026 - E.S.M. -  Pour prendre conscience de la parole de Dieu, de ce qu'il nous dit, il faut faire silence, car Dieu ne crie pas, il n'est pas bruyant, il attend notre disposition à l'écouter, disposition que nous trouvons dans le silence, dans l'abandon à Lui.

Élie enlevé au ciel sur un char de feu, Giuseppe Angeli, vers 1740 - Pour agrandir l'image ► Cliquer          

Dieu ne crie pas, il n'est pas bruyant, il attend notre disposition à l'écouter.

 

    « Dieu est amour ; celui qui demeure dans l'amour demeure en Dieu, et Dieu demeure en lui » : c'est ce que dit Jean dans sa première épître (1Jn 4:16). Donc, selon Jean, Dieu est amour. Dieu aime tellement l'homme qu'il a sacrifié son Fils Jésus pour le salut et la rédemption de l'humanité. Eminence, si Dieu aime chacun de nous comme un père et plus qu'un père, comment se fait-il que nous, au contraire, bien que nous ayons besoin de lui, de son étreinte, nous ne sentions pas sa présence ?

    Notre désir de voir Dieu n'est pas satisfait comme nous le voudrions, comme nous parvenons à l'imaginer ; la consolation que le Seigneur nous offre ne se manifeste pas selon notre dessein. La Bible nous accompagne par son enseignement sur ce chemin de rencontre, où nous sommes à la fois soutenus et embrassés. Un périple au terme duquel nous est promise non seulement l'étreinte, mais la totalité de la présence de Dieu. En attendant, nous sommes ici, nous errons en quête de ce que toute notre nature recherche ; une promesse qui est en nous, l'attenta d'un accomplissement.
    Le peuple d'Israël passe quarante ans à vagabonder dans un désert qui aurait pu être traversé en moins d'un mois ; Dieu n'impose pas l'obéissance mais il n'abandonne pas ; malgré la désobéissance, la prédominance de personnalismes, d'interprétations, la désobéissance aux instructions reçues, de la part du peuple et des guides (Moïse et Aaron, qui n'entreront pas en Terre promise), Dieu ne les prive ni de nourriture ni d'eau.
    Quatre siècles plus tard, Élie obéit au Seigneur, il fait ce qui lui a été demandé, mais il ne trouve pas la paix : il est poursuivi, il craint pour sa vie et pour la manière dont elle pourrait lui être ôtée ; il achève son voyage de purification et arrive dans une grotte du mont Sinaï - une grotte qui n'est pas la gardienne de secrets ou de mythes, comme dans la culture hellénique - où Dieu a donné la loi de la première Alliance qu'il a conclue avec Israël. Il est épuisé, bien qu'il soit dans le lieu de la présence de Dieu, il ne peut rien faire d'autre que s'endormir. L'endormissement, cet abandon que nous vivons tous les jours, susceptible d'être le signe d'un abandon à Celui qui peut tout. En effet, il est réveillé par un ordre, on lui enjoint de sortir. Au paroxysme de l'attente, le Seigneur passe : « II y eut un grand ouragan, si fort qu'il fendait les montagnes et brisait les rochers, en avant du [Seigneur], mais le [Seigneur] n'était pas dans l'ouragan ; et après l'ouragan un tremblement de terre, mais le [Seigneur] n'était pas dans le tremblement de terre ; et après le tremblement de terre un feu, mais le [Seigneur] n'était pas dans le feu ; et après le feu, le bruit d'une brise légère. Dès qu'Elie l'entendit, il se voila le visage avec son manteau, il sortit et se tint à l'entrée de la grotte. Alors une voix lui parvint, qui dit : "Que fais-tu ici, Élie ?" » (1R 19:11-13.) Pour prendre conscience de la parole de Dieu, de ce qu'il nous dit, il faut faire silence, car Dieu ne crie pas, il n'est pas bruyant, il attend notre disposition à l'écouter, disposition que nous trouvons dans le silence, dans l'abandon à Lui.
    Dieu ne nous abandonne pas, II continue d'avoir de la miséricorde. La miséricorde de Dieu est la personne même de son Fils, même si nous sommes tentés, lorsque nous parlons de miséricorde, de songer à un accommodement de nos prétentions à la vie, à un effacement de nos erreurs ; c'est cela, mais c'est aussi beaucoup plus. La miséricorde nous rend la vie que nous avions perdue.
    Jésus se trouvait près de Naïm, un village situé à quelques heures de marche de Nazareth, en Galilée, et il rencontre une foule qui suit le cercueil d'un jeune homme. Luc décrit la scène ainsi :

    Lorsqu'il fut près de la porte de la ville, voici qu'on portait en terre un mort, fils unique de sa mère, qui était veuve ; et il y avait avec elle une foule considérable de la ville. Le Seigneur la vit, eut compassion d'elle et lui dit : Ne pleure pas ! Il s'approcha et toucha le cercueil. Ceux qui le portaient s'arrêtèrent. Il dit : Jeune homme, je te le dis, lève-toi ! Et le mort s'assit et se mit à parler. Jésus le rendit à sa mère (Lc 7:12-15).

    C'est un geste qui se rapproche beaucoup de notre désir que quelqu'un nous dise : « Ne pleure pas », nous prenne dans ses bras, nous redonne vie, nous invite à nous lever et à rester debout pour remercier le Seigneur de son amour et chanter sa gloire avec une vie nouvelle.
    Avec sa mort sur la croix, le Christ a embrassé le monde et chacun de nous, redonnant vie à ceux qui étaient morts, comme le dit saint Paul : « Car, lorsque nous étions encore pécheurs, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies » (Rm 5:6) ; et saint Pierre ajoute : « lui qui a porté nos péchés en son corps sur le bois de la croix, afin que, morts à nos péchés, nous vivions pour la justice ; lui dont la meurtrissure vous a guéris » (1P 2:24), c'est-à-dire pour que nous vivions pour ce à quoi nous sommes destinés, pour notre destinée ultime, qui est le bien, qui est Dieu.
Comme une caresse, Un auteur-compositeur italien, médecin et chirurgien, conscient de cette attente, affirmait :

    En tant que médecin, je raisonne exactement ainsi : la vie est toujours importante, non seulement lorsqu'elle est attrayante et excitante, mais aussi lorsqu'elle est sans défense. L'existence est un espace qui nous a été donné et que nous devons remplir de sens, toujours et dans tous les cas [...]. Si le Nazaréen revenait, il nous giflerait de tous les côtés. Nous le méritons, nous le méritons, mais nous aurions tellement besoin de sa caresse. (entretien avec Fabio Cutri, Carrière délia sera., 6 février 2009).

    Pourtant, la caresse, nous la recevons. En montant vers le Père, Jésus ne nous a pas abandonnés. Lorsque nous nous rendons compte que nous succombons à la tentation, que notre amitié avec Dieu est en danger, nous nous approchons du sacrement de sa miséricorde. La réconciliation avec Lui, par la confession, réjouit le cœur de Dieu ; pour son cœur de Père, c'est l'occasion d'embrasser longuement le fils prodigue que nous sommes, de tuer le veau gras pour fêter ce retour et de nous rétablir dans notre condition d'enfants : enfants dans le Fils ! C'est cette étreinte qui nous ouvre à la communion avec Lui, à la possibilité de vivre pleinement la communion eucharistique avec Lui et avec l'Église.
    Telle est la deuxième condition qui nous permet de prendre conscience de son étreinte : la première est l'écoute, pour laquelle nous avons besoin du silence, puis de la Réconciliation et de l'Eucharistie dans lesquelles, ayant reconnu notre oubli, comme cela est arrivé aussi au peuple d'Israël, nous pouvons être accueillis dans la plénitude de la communion avec Lui et avec ceux qui sont nos frères, en Lui. Cette étreinte tant désirée commence à s'opérer dans notre vie, nous commençons à regarder avec Ses yeux ; ce qui nous était auparavant invisible prend consistance, nous nous rendons compte du bien qui a été semé dans notre vie et, surtout, du bien qui nous est donné, gage et signe efficace du Bien qui nous attend.

« Alors Jésus dit à ses disciples : Si quelqu'un veut venir après moi, qu 'il renonce à lui-même, qu'il se charge de sa croix et qu 'il me suive.
« Quiconque en effet voudra sauver sa vie la perdra, mais quiconque perdra sa vie à cause de moi La trouvera » (Mt 16:24-25). Eminence, pourquoi faut-il prendre la croix sur ses épaules pour suivre le Christ ? Pourquoi faut-il souffrir ? Dans le dessein de Dieu, quel est le sens de la souffrance ?


    Saint Paul nous avertit que, par la désobéissance d'un seul, le péché est entré dans le monde et, avec le péché, la mort (Rm 5:12). La souffrance est précisément une conséquence de cette désobéissance originelle. Même lorsque, personnellement, nous sommes dans la grâce de Dieu, comme un enfant dans les bras de sa mère — une condition que le Baptême nous offre, en nous replaçant dans l'état de grâce originel —, les conséquences de ce premier péché continuent à contaminer le monde, Sa nature même dans laquelle nous vivons. Par conséquent, le mal dont nous souffrons, la souffrance dont nous ne voulons pas et que nous subissons pourtant, provient: de la rupture originelle avec le Créateur : les conséquences de ce premier péché que nous pouvons appeler de désobéissance, de rupture de l'alliance originelle, de méfiance à l'égard de Celui qui nous a toujours précédés, d'orgueil par excès de confiance, de vanité, ces conséquences perdurent. Tous les noms que nous pouvons donner à cette rupture originelle renvoient à la réalité de cette distance qui s'est installée entre l'homme et le Dieu créateur, comme un refus de l'écoute et de la confiance en sa providence.
    Pour orienter définitivement notre histoire vers le dessein du salut originel, Dieu lui-même s'est fait homme, se soumettant, en tant qu'homme véritable, à tout ce que nous souffrons : bien qu'il n'ait « mérité » aucune souffrance, il a subi toute la méchanceté, l'arrogance, la violence physique et spirituelle qu'un homme peut subir et, d'une manière que nous définissons comme mystérieuse, il a pris sur lui tout le mal du monde, tout le mal que, dans l'histoire, chacun d'entre nous est capable de supporter. De manière synthétique, nous disons que le Christ a expié notre péché : « Et cet amour consiste non pas en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu'il nous a aimés et qu'il a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés » (1Jn 4:10) ; « Car il n'y a pas de distinction : tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ; et ils sont gratuitement justifiés par sa grâce, par le moyen de la rédemption qui est dans le Christ-Jésus. C'est lui que Dieu a destiné comme moyen d'expiation pour ceux qui auraient la foi en son sang, afin de montrer sa justice. Parce qu'il avait laissé impunis les péchés commis auparavant au temps de sa patience, il a voulu montrer sa justice dans le temps présent, de manière à être (reconnu) juste, tout en justifiant celui qui a la foi en Jésus » (Rm 3:23-26) ; « Car il a plu (à Dieu) de faire habiter en lui toute plénitude et de tout réconcilier avec lui-même, aussi bien ce qui est sur la terre que ce qui est dans les cieux, en faisant la paix par lui, par le sang de sa croix » (Col 1:19-20). Gratuitement, II n'avait rien à expier (selon le sens que nous donnons familièrement à ce verbe), n'ayant ni culpabilité, ni péché. Gratuitement, ce verbe, « il a plu », est le signe d'une action libre, non liée par une dette ou en vue d'une créance à exiger. Il a pris l'initiative, pour sa justice II a voulu se donner Lui-même. Il a donné son cœur à nous qui étions dans la misère, il nous a donné sa miséricorde. Il a fait le premier pas, II nous a précédés sur un chemin que nous n'aurions pas pu prendre s'il ne nous l'avait pas ouvert, s'il ne nous l'avait pas montré, comme il nous a révélé son côté ouvert.
    Isaïe avait attendu ce moment et l'avait prophétisé à tout le peuple :

Méprisé, abandonné des hommes, / homme de douleurs, familier de la souffrance, / il était pareil à celui devant qui on se voile la face ; / et nous l'avons méprisé, compté pour rien.
En fait, c'étaient nos souffrances qu'il portait, / nos douleurs dont il était chargé. / Et nous, nous pensions qu'il était frappé, / meurtri par Dieu, humilié.
Or, c'est à cause de nos révoltes qu'il a été transpercé, / à cause de nos fautes qu'il a été broyé. / Le châtiment qui nous donne la paix a pesé sur lui : / par ses blessures, nous sommes guéris.
Nous étions tous errants comme des brebis, / chacun suivait son propre chemin. / Mais le Seigneur a fait retomber sur lui / nos fautes à nous tous.
Maltraité, il s'humilie, / il n'ouvre pas la bouche : / comme un agneau conduit à l'abattoir, / comme une brebis muette devant les tondeurs, / il n'ouvre pas la bouche.
Arrêté, puis jugé, il a été supprimé. / Qui donc s'est inquiété de son sort ? / II a été retranché de la terre des vivants / frappé à mort pour les révoltes de son peuple (Is 53:3-8).

      Saint Anselme d'Aoste a mis en évidence dans ses œuvres (Cur Deus homo et Meditatio redemptionis humanae) [Ndlr : « Pourquoi Dieu [s'est-il fait] homme ? et Méditation sur la rédemption humaine »] l'angle sous lequel il faut considérer la satisfactio de l'Homme-Dieu. Alors que, dans le premier de ces deux textes, Anselme se livre a une lecture rationnelle et, pour ainsi dire, « juridique » de la Rédemption, selon le schéma de la substitution, dans la Meditatio - s'adressant en particulier aux croyants -, il met en évidence un passage fondamental : « L'humaine nature seule n'avait pas cela [rendre honneur à Dieu], et sans la satisfaction due elle ne pouvait pas accéder à la réconciliation [nec sine débita satisfactionem reconciliari poterat]. (Ndlr : La dette ne pouvait être apurée sans compensation.) Pour que la justice divine ne laisse pas le péché comme un désordre, dans son royaume, la bonté de Dieu est venue à la rescousse [...].» Là où la justice ne pourrait rien, l'amour de Dieu a le pouvoir ; là où la contrainte extérieure réduirait à néant le mérite (du Christ), le libre don de soi conquiert le Paradis pour tous les hommes, au moins à titre de possibilité.
    Afin de nous permettre de mieux comprendre ce Mystère - dans la mesure où la raison le permet -, Hans Urs von Balthasar parle de représentation ou de substitution vicariale pour justifier et signifier l'immolation que Jésus accomplit de Lui-même ; Jésus représente tous les hommes en Lui ; en assumant leur péché, il se solidarise avec chacun, en partageant leur condition jusque dans la mort vicariale (1) non pas parce qu'il remplace l'autre, parce que « inapte », mais parce qu'il permet à l'autre, à chaque homme, d'être comme il doit être, donc « apte ». Apte à regarder la face de Dieu, à entrer au Paradis.

 (1). Hans Urs von Balthasar, Au cœur du mystère, in Résurrection. Revue de doctrine chrétienne, 4l (1973), p. 2-9 ; repris in Pneuma und Institution, Johannes Verlag, Einsiedeln, 1974, et traduit in H.U. von Balthasar, Sulla rappresentanza vicaria, in Idem, Lo Spirito e l'Istituzione, Morcelliana, Brescia 1979, p. 344-351.

    Nous reconnaissons donc que notre Créateur nous a aimés dès le début et qu'il a manifesté dans le Christ toute la condescendance, l'amour, la miséricorde dont nous avons été l'objet.
    La plus grande chose que je puisse consentir à un ami, à celui qui m'a montré combien il tient à moi, combien il est prêt à se sacrifier pour moi, c'est de partager sa vie. Si tel est notre sentiment à l'égard d'un ami, il pourra l'être à plus forte raison à l'égard du Christ. Le mal et la souffrance ont perdu leur caractère de « malédiction », ils sont devenus un moyen de partage, de participation et une porte d'entrée vers le mystère.
    Il y a donc un mal, une « croix » que la condition humaine, naturelle, impose à chacun : de l'impossibilité de réaliser une aspiration, à la lutte quotidienne pour gagner son pain ; depuis la santé parfois précaire, à la sujétion à la méchanceté d'autrui. Toutes les limites humaines, les nôtres et celles d'autrui, sont des causes de souffrance, un obstacle à la pleine réalisation, et dans l'histoire toutes les tentatives de réalisation de soi, de libération auto générée, de construction d'un paradis terrestre, se sont heurtées à cette limite, générant de véritables enfers sur terre, où la dignité de millions d'êtres a été niée, au nom d'une égalité présumée ou d'une liberté future. Aujourd'hui, en affirmant le droit à la libre réalisation de soi, on établit parallèlement le droit de supprimer un autre être humain, qu'il vienne d'être conçu, sans encore posséder la plénitude des capacités physiques et intellectuelles, ou qu'il soit au déclin de sa vie et donc considéré comme un fardeau, un coût social. Des millions d'avortements sont pratiqués chaque année, ce qui enracine une hostilité contre nature entre la femme et l'enfant qu'elle porte : cela n'aura-t-il pas de conséquences ? La douleur et la souffrance qui accompagnent la décision de la mère et la mort de l'enfant seront-elles jamais oubliées, cachées a eux-mêmes ? Et qu'est-ce que cela produira de souffrances et de pertes supplémentaires, pour tout le monde ?
    La stabilité de l'homme se trouve dans la croix, mais le monde, les pouvoirs de ce monde veulent la masquer - puisqu'ils ne peuvent pas l'éliminer -, parce qu'ils visent une instabilité et une ambiguïté constantes. Le christianisme est la seule foi qui déclare : « Ton modèle est un enfant », l'enfant de Bethléem. Si l'on t'apprend à mépriser les enfants, il ne peut y avoir de christianisme dans ce pays, il ne peut y avoir d'humanité. Ceux qui veulent vraiment attaquer le Fils de l'Homme, Jésus-Christ, ont un moyen qu'ils privilégient par-dessus tout : ils s'attaquent aux enfants des hommes. Ils bredouillent des justifications, ils tiennent des discours cinglants, ils semblent convaincre les masses avec des promesses de jouissance, de vie sans obstacles, sans renoncement, sans fardeaux et sans contraintes, mais nous voyons à quel point ils mentent, et au contraire la masse de souffrance qu'ils produisent. Ils voudraient que nous soyons des ennemis du Christ et ils croient ainsi nous contraindre à l'alternative entre subir une croix qu'ils ont conçue pour nous et le renier.
    En revanche, nous savons que les plus grands amis du Christ ont porté dans leur chair les signes de la Passion, même douloureusement ; je pense à saint François d'Assise, à saint Pie : ces signes représentent leur gloire ; ils ne s'en sont jamais plaints et, sans en faire étalage, ils les ont portés et préservés tout au long de leur vie, avec les incompréhensions, les sanctions, les condamnations et les persécutions.
    Les Actes nous disent déjà ce qu'il advient face au pouvoir du monde qui se sent contredit, non obéi : « Ils se rangèrent à son avis. Puis ils appelèrent les apôtres, les firent battre de verges, leur défendirent de parler au nom de Jésus et les relâchèrent. Ceux-ci se retirèrent de devant le sanhédrin, joyeux d'avoir été jugés dignes de subir des outrages pour le nom [de Jésus] » (Ac 5:40-41).
    Notre vie pourrait-elle être différente de celle du Bien-Aimé ? Ce n'est pas possible, précisément parce que nous voulons nous imprégner de l'Amour véritable, et non pas de cet amour de substitution qui nous est montré au cinéma ou à la télévision, exhibé dans quantité de circonstances de la vie, où il semble ne rien coûter et être offert à vil prix.
    Or, pour « soutenir » cet Amour — qui passe par la Croix -, nous devons nous identifier à Lui, en Lui, à travers la prière, les paroles qu'il nous a lui-même données et le silence nécessaire pour les écouter.

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Sources : Extraits du livre du cardinal Sarah  "Dieu existe-t-il ?" -  E.S.M
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 15.07.2026