|
![]() |
|
Léon XIV - Pour agrandir l'image ► Cliquer
Le Pape aux prêtres de Rome: Ne fuyez pas devant les défis, soyez crédibles et exemplaires
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican'
Le 14 juin 2025 -
E.S.M. - L’évêque de Rome à la
rencontre de son diocèse, de ses prêtres et de ses séminaristes.
Moins de trois semaines après la prise de possession de la basilique
Saint-Lean-de-Latran, le Pape Léon XIV a reçu en audience dans la
matinée du jeudi 12 juin en salle Paul VI les centaines de visages,
d’Italie et d’ailleurs, qui composent cette Église, afin de «commencer
à marcher ensemble».
Le Saint-Père a entamé son discours en remerciant les membres du
clergé romain pour leur «vie donnée au service du Royaume», pour
leur «labeur quotidien» et leur «générosité dans l’exercice du
ministère». Léon XIV a aussi reconnu «la souffrance et
l’incompréhension» vécus par certains «dans le silence». «Vous
rendez des services différents, mais vous êtes tous précieux aux
yeux de Dieu et dans la réalisation de son projet», a assuré le
Souverain pontife. Il a notamment remercié en particulier celui qui
est chargé d’assister l’évêque de Rome dans sa mission, et qui fut
une figure centrale lors de la Sede Vacante, le cardinal Baldassare
Reina, vicaire général pour le diocèse de Rome.
Soulignant le regard universel de ce diocèse «particulier», de par
son statut unique dans l’Église catholique et ses prêtres
originaires des quatre coins du monde, le Pape Léon XIV leur a livré
trois axes de réflexions.
Le besoin d’un élan de fraternité
sacerdotale
En premier lieu, l’importance de l’unité et de la communion. Une
communion presbytérale vécu au premier chef à Rome, car «selon une
tradition ancienne, il est habituel de vivre ensemble, aussi bien
dans les presbytères que dans les collèges ou dans d'autres
résidences», a expliqué le Pape, qui fut lui-même ordonné prêtre à
Rome en 1982 puis étudiant de droit canonique à l’Université
pontificale Saint-Thomas-d’Aquin (Angelicum) jusqu’en 1987. «Le
Seigneur sait bien que ce n'est qu'unis à Lui et unis entre nous que
nous pouvons porter du fruit et donner un témoignage crédible au
monde», a-t-il précisé, avant de mettre en garde contre «un climat
culturel qui favorise l'isolement ou l'autoréférences» et face
auquel personne n’est à l’abris. Léon XIV appelle ainsi à la
vigilance «car, outre le contexte culturel, la communion et la
fraternité entre nous rencontrent aussi des obstacles, pour ainsi
dire "internes", qui concernent la vie ecclésiale du diocèse, les
relations interpersonnelles, mais aussi ce qui habite nos cœurs,
notamment ce sentiment de lassitude qui naît parce que nous avons
vécu des épreuves particulières, parce que nous ne nous sommes pas
sentis compris et écoutés, ou pour d'autres raisons». L’évêque de
Rome propose ainsi son aide «pour chacun retrouve la sérénité dans
son propre ministère», mais demande pour cela «un élan de fraternité
sacerdotale enraciné dans une vie spirituelle solide, dans la
rencontre avec le Seigneur et dans l'écoute de sa Parole».
Exemplarité dans la mission
Faisant écho à son
homélie du 31 mai dernier lors de la messe avec des ordinations
sacerdotales, le Pape Léon XIV a à nouveau appelé à l’exemplarité: «Je
vous le demande avec le cœur d'un père et d'un pasteur:
efforçons-nous tous d'être des prêtres crédibles et exemplaires!».
“«Nous sommes conscients des limites de notre nature et le Seigneur
nous connaît en profondeur; mais nous avons reçu une grâce
extraordinaire, on nous a confié un trésor précieux dont nous sommes
les ministres, les serviteurs. (…) Aucun de nous n'est à l'abri des
suggestions du monde, et la ville, avec ses milliers de
propositions, peut même nous éloigner du désir d'une vie sainte, en
provoquant un nivellement par le bas où se perdent les valeurs
profondes de la vie sacerdotale. Laissez-vous encore attirer par
l'appel du Maître, pour sentir et vivre l'amour de la première
heure, celui qui vous a poussé à faire des choix forts et des
renoncements courageux».”
Engagement prophétique au service du monde
Enfin, le Saint-Père a exhorté le diocèse de Rome à regarder avec
une «clé prophétique» les «défis de notre temps», à savoir les
violences, les inégalités, la pauvreté, la marginalisation sociale
qui touche le monde mais aussi la Ville éternelle. «Une ville dans
laquelle, comme l'a souligné le Pape François, à la "grande beauté
et au charme de l'art" doivent correspondre "un simple décorum et
une fonctionnalité normale dans les lieux et les situations de la
vie ordinaire et quotidienne"».
Dans ce monde «complexe et exigeant», le Pape appelle à «à
accueillir ces défis, à les interpréter de manière évangélique, à
les vivre comme des occasions de témoignage. Ne les fuyons pas!».
Le Pape a conclu en assurant son Église de sa proximité, de son
affection et de sa volonté de marcher à ses côtés, ainsi qu'en
réitérant les trois conseils proclamés à son égard: «Confions notre
vie sacerdotale au Seigneur et demandons-lui de grandir dans
l'unité, l'exemplarité et l'engagement prophétique au service de
notre temps».
DISCOURS DU SAINT-PÉRE LÉON XIV
AU CLERGÉ DU DIOCÈSE DE ROME
Salle Paul VI
Jeudi, 12 juin 2025
Je voudrais demander un grand applaudissement pour vous tous qui
êtes ici et pour tous les prêtres et diacres de Rome!
Très chers prêtres et diacres qui accomplissez votre service dans le
diocèse de Rome, très chers séminaristes, je vous salue tous avec
affection et amitié!
Je remercie Son Eminence, le cardinal-vicaire, pour ses paroles de
salutation et la présentation qu’il a faite, en parlant un peu de
votre présence dans cette ville.
J’ai souhaité vous rencontrer pour vous connaître de près et pour
commencer à marcher avec vous. Je vous remercie pour votre vie
donnée au service du Royaume, pour vos efforts quotidiens, pour
votre grande générosité dans l’exercice de votre ministère, pour
tout ce que vous vivez en silence et qui, parfois, s’accompagne de
souffrance et d’incompréhension. Vous accomplissez des services
différents mais vous êtes tous précieux aux yeux de Dieu et dans la
réalisation de son projet.
Le diocèse de Rome préside dans la charité et dans la communion, et
peut accomplir cette mission grâce à chacun de vous, dans le lien de
grâce avec l’Evêque et dans la coresponsabilité féconde avec tout le
Peuple de Dieu. Notre diocèse est un diocèse très particulier, car
beaucoup de prêtres proviennent de différentes parties du monde, en
particulier pour des raisons d’études; et cela implique aussi que la
vie pastorale — je pense surtout aux paroisses — est marquée par
cette universalité et par l’accueil réciproque qu’elle comporte.
C’est précisément à partir de ce regard universel qu’offre Rome que
je voudrais partager avec vous de manière cordiale quelques
réflexions.
La première, qui me tient particulièrement à cœur, est l’unité et la
communion. Dans la prière dite «sacerdotale», comme nous le savons,
Jésus a demandé au Père que ses disciples soient une seule et même
chose (cf. Jn 17, 20-23). Le Seigneur sait bien que ce n’est qu’unis
à Lui et entre nous que nous pouvons porter du fruit et donner au
monde un témoignage crédible. La communion sacerdotale ici à Rome
est favorisée par le fait que, par une ancienne tradition, nous
avons l’habitude de vivre ensemble, dans les presbytères et dans les
collèges, ou dans d’autres résidences. Le prêtre est appelé à être
l’homme de la communion, car il la vit en premier et l’alimente
continuellement. Nous savons que cette communion est aujourd’hui
entravée par un climat culturel qui favorise l’isolement ou
l’auto-référentialité. Aucun de nous n’échappe à ces écueils qui
menacent la solidité de notre vie spirituelle et la force de notre
ministère.
Mais nous devons être vigilants car, outre le contexte culturel, la
communion et la fraternité entre nous rencontrent également quelques
obstacles, pour ainsi dire «internes», qui concernent la vie
ecclésiale du diocèse, les relations interpersonnelles et également
ce qui habite notre cœur, en particulier ce sentiment de lassitude
qui survient car nous avons vécu des épreuves particulières, car
nous ne nous sommes pas sentis compris et écoutés, ou pour d’autres
raisons. Je voudrais vous aider, marcher avec vous, afin que chacun
retrouve une sérénité dans son ministère; et précisément pour cela,
je vous demande une élan de fraternité sacerdotale, qui puise ses
racines dans une vie spirituelle solide, dans la rencontre avec le
Seigneur et dans l’écoute de sa Parole. Nourris par cette sève, nous
parvenons à vivre des relations d’amitié, rivalisant d’estime les
uns pour les autres (cf. Rm 12, 10); nous ressentons le besoin de
l’autre pour grandir et pour alimenter la même tension ecclésiale.
La communion doit également se traduire par l’engagement dans ce
diocèse; avec des charismes différents et avec également des
services différents, mais l’effort pour le soutenir doit être
unique. Je demande à tous de prêter attention au chemin pastoral de
ce diocèse, qui est local mais, en raison de ceux qui le guident,
est aussi universel. Marcher ensemble est toujours une garantie de
fidélité à l’Evangile; ensemble et en harmonie, cherchant à enrichir
l’Eglise avec son propre charisme tout en ayant à cœur d’être
l’unique corps dont le Christ est le Chef.
La deuxième réflexion que je désire vous soumettre est
l’exemplarité. A l’occasion des ordinations sacerdotales du 31 mai
dernier, dans mon homélie, j’ai rappelé l’importance de la
transparence de la vie, sur la base des paroles de saint Paul qui
dit aux personnes âgées d’Ephèse: «Vous savez vous-mêmes de
quelle façon je n’ai cessé de me comporter avec vous» (At 20,
18). Je vous le demande avec le cœur d’un père et de pasteur:
engageons-nous à être des prêtres crédibles et exemplaires! Nous
sommes conscients des limites de notre nature et le Seigneur nous
connaît profondément; mais nous avons reçu une grâce extraordinaire;
un trésor précieux dont nous sommes ministres, serviteurs, nous a
été confié. Et la fidélité est demandée au serviteur. Aucun de nous
n’échappe aux suggestions du monde et la ville, avec ses mille
propositions, pourrait aussi nous éloigner du désir de vie sainte,
provoquant un nivellement par le bas où les valeurs profondes de la
vie de prêtre se perdent. Laissez-vous encore attirer par l’appel du
Maître, pour ressentir et vivre l’amour de la première heure, ce qui
vous a poussé à faire des choix importants et des renonciations
courageuses. Si ensemble nous essayons d’être exemplaires dans une
vie humble, alors nous pourrons exprimer la force rénovatrice de
l’Evangile pour chaque homme et pour chaque femme.
Une dernière réflexion que je souhaite vous soumettre concerne la
relève des défis de notre temps dans une perspective prophétique.
Nous sommes préoccupés et affligés par tout ce qui se passe chaque
jour dans le monde: les violences qui engendrent la mort nous
blessent, les inégalités, les pauvretés, les nombreuses formes de
marginalisation sociale, la souffrance généralisée qui revêt les
traits d’une détresse qui désormais n’épargne plus personne, nous
interpellent. Et ces réalités ne se produisent pas uniquement
ailleurs, loin de nous, mais concernent également notre ville de
Rome, marquée par de multiples formes de pauvreté et de graves
urgences, comme celle du logement. Une ville dans laquelle, comme le
faisait remarquer le Pape François, à la «grande beauté» et au
charme de l’art doit correspondre aussi «la simple décence et la
fonctionnalité normale dans les lieux et les situations de la vie
ordinaire, de tous les jours. Parce qu’une ville plus vivable pour
ses citoyens est aussi plus accueillante pour tous» (Homélie des
première Vêpres et Te Deum, 31 décembre 2023).
Le Seigneur nous a voulu précisément dans cette époque riche de
défis qui, parfois, nous semblent plus grands que nos forces. Ces
défis, nous sommes appelés à les embrasser, les interpréter de façon
évangélique et à les vivre comme des possibilités de témoignages. Ne
fuyons pas face à eux! Que l’engagement pastoral, comme celui de
l’étude, deviennent pour tous une école pour apprendre à construire
le Royaume de Dieu dans le présent d’une histoire complexe et
stimulante. Récemment, nous avons eu l’exemple de saints prêtres qui
ont su conjuguer la passion pour l’histoire avec l’annonce de
l’Evangile, tels que le père Primo Mazzolari et le père Lorenzo
Milani, prophètes de paix et de justice. Et ici, à Rome, nous avons
le père Luigi Di Liegro qui, face à autant de pauvreté, a donné sa
vie pour chercher des chemins de justice et de promotion humaine.
Puisons dans la force de ces exemples pour continuer à semer des
graines de sainteté dans notre ville.
Chers amis, je vous assure de ma proximité, de mon affection et de
ma disponibilité à marcher avec vous. Confions au Seigneur notre vie
sacerdotale et demandons-lui de grandir dans l’unité, dans
l’exemplarité et dans l’engagement prophétique pour servir notre
temps. Que nous accompagne l’appel pressant de saint Augustin qui
disait: «Aimez cette Eglise, vivez en elle, formez-la telle
qu’elle vient de vous apparaître; chérissez le bon Pasteur, l’époux
si beau qui ne trompe personne et qui ne veut la mort de personne.
Priez aussi pour les brebis dispersées; qu’elles reviennent aussi,
qu’elles reconnaissent aussi et aiment la vérité, afin qu’il n’y ait
plus qu’un troupeau et qu’un pasteur» (Sermon 138, 10). Merci!
L'Osservatore Romano
Copyright © Dicastero per la Comunicazione - Libreria Editrice
Vaticana
Articles les plus
récents :
-
Le temps et l'éternité coexistent dans le Fils
-
Ukraine. Ce qui change depuis le coup de téléphone de Poutine au Pape Léon
-
Pentecôte : quand Benoît XVI proposait une prière à l'Esprit Saint
-
Léon XIV : aller à la rencontre des familles éloignées de Dieu
|
Les lecteurs qui désirent consulter les derniers articles publiés par le site Eucharistie Sacrement de la Miséricorde, peuvent cliquer sur le lien suivant ► E.S.M. sur Google actualité |
Sources
:
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 14.06.2025