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Le christianisme n'ouvre pas un chemin parmi d'autres, mais c'est La Voie !

Le 13 mars 2026 - E.S.M. -  Le christianisme ne constitue pas l'une des religions de l'histoire parmi tant d'autres, ce n'est pas un produit culturel humain, mais c'est Jésus-Christ même, Dieu éternel fait homme dans le temps. C'est pourquoi il ne représente même pas une langue, un idiome ou un chemin parmi tant d'autres langages religieux. Le cardinal Sarah le répète, le christianisme n'est pas une tentative humaine pour atteindre Dieu, mais au contraire Dieu qui a atteint l'homme, en suscitant la réponse humaine

 Le Sermon de la montagne par Carl Heinrich Bloch, 1890 - Pour agrandir l'image ► Cliquer   


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    Le christianisme n'ouvre pas un chemin parmi d'autres, mais c'est La Voie !
« Je suis le chemin, la vérité et la vie. Personne ne vient au Père si ce n'est par moi », enseigne Jésus (Jn 14:6). « Philippe lui dit : Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffira. » Jésus lui répondit : « II y a si longtemps que je suis avec vous, et tu ne m'as pas connu, Philippe ? Celui qui m'a vu a vu le Père ! Comment peux-tu dire : Montre-nous le Père ? Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? » (Jn 14:8-10.) « Moi et le Père, nous ne sommes qu'un » (Jn 10:30).
    Ce sont des paroles sans équivoque, qui indiquent une « prétention » sans précédent du Christ : celle d'être Dieu ! Une prétention qui L'a conduit à la mort, sous l'accusation de blasphème, par les chefs religieux de son temps : « Car toi qui es homme, tu te fais Dieu » (Jn 10:33). Des mots qui signalent la « prétention » tout aussi inédite des chrétiens et du christianisme : celle d'être la seule vraie religion, parce que révélée par Dieu lui-même aux hommes, le plein accomplissement de l'Ancien Testament et de son attente messianique.
    C'est pourquoi le christianisme ne constitue pas l'une des religions de l'histoire parmi tant d'autres, ce n'est pas un produit culturel humain, mais c'est Jésus-Christ même, Dieu éternel fait homme dans le temps.

    C'est pourquoi il ne représente même pas une langue, un idiome ou un chemin parmi tant d'autres langages religieux.
Je le répète, le christianisme n'est pas une tentative humaine pour atteindre Dieu, mais au contraire Dieu qui a atteint l'homme, en suscitant la réponse humaine et, certainement, en éciuquant aussi le sens religieux naturel, en l'introduisant dans une nouvelle réalité : celle de la pleine communion avec le mystère éternel.
    Pour cette raison, parce qu'ils croient que Dieu s'est fait homme, les chrétiens savent que l'homme représente la voie de lglise (Redemptor Hominis n° 14) et par conséquent que rien de ce qui est vraiment humain (sauf le mal et le péché, conséquences du péché originel, et qui n'appartiennent pas au plan du Créateur) ne s'avère étranger au christianisme et à l'Église.
    En ce sens, l'Incarnation cristallise la raison profonde de toute l'empathie que l'Église éprouve pour tous les hommes. « La révélation du Christ continuera d'être dans l'histoire "la véritable étoile sur laquelle s'oriente" toute l'humanité » : « La Vérité, qui est le Christ, s'impose comme une autorité universelle. Le mystère chrétien dépasse en effet toute limite d'espace et de temps ; il réalise l'unité de la famille humaine : Des divers lieux et des différentes traditions, tous sont appelés dans le Christ à participer à l'unité de la famille des fils de Dieu [...]. Jésus abat les murs de division et réalise l'unification de manière originale et suprême, par la participation à son mystère Dominus Jesus, n. 23 . »
    C'est un discours relativiste et trompeur qui traite le christianisme sur un pied d'égalité avec le bouddhisme, l'hindouisme ou l'islam. Dominus lesus a raison de rappeler avec solennité que, « pour remédier à cette mentalité relativiste toujours plus répandue, il faut réaffirmer avant tout que la révélation de Jésus-Christ est définitive et complète. On doit en effet croire fermement que la révélation de la plénitude de la vérité divine est réalisée dans le mystère de Jésus-Christ, Fils de Dieu incarné, qui est « le chemin, la vérité et la vie » (Jn 14:6) : « Nul ne connaît le Fils si ce n'est le Père, et nul ne connaît le Père si ce n'est le Fils, et celui à qui le Fils veut bien le révéler » (Mt 11:27) ; « Nul n'a jamais vu Dieu ; le Fils Unique-Engendré, qui est dans le sein du Père, lui, l'a fait connaître » (Jn 1:28). « En lui habite corporellement toute la plénitude de la divinité, et vous vous trouvez en lui associés à sa plénitude » (Col 2:9-10)  Ibid., n. 5..

Dieu, le Verbe qui s'est fait chair en Jésus, constitue une présence constante et tangible dans la vie humaine. Pouvez-vous expliquer comment vous expérimentez, comment vous vivez cette présence de Dieu ?
Saint Paul observe que, « à partir d'un seul homme, Il a créé tous les peuples pour qu'ils habitent toute la surface de la terre ; II a fixé des périodes déterminées et établi les limites de leurs domaines. Par tout cela, Dieu invitait les hommes à Le chercher, et à Le trouver, peut-être, comme à tâtons, Lui qui n'est pas loin de chacun de nous. En effet, c'est en Lui que nous avons la vie, le mouvement et l'être, comme l'ont aussi affirmé certains de vos poètes, car nous sommes ses enfants » (Ac 17:26-28). En Lui, nous vivons, nous nous mouvons, nous existons, non pas dans un monde où tout est Dieu, mais dans un monde où tout nous parle de Lui, nous renvoie à Lui. C'est ainsi qu'il en était pour les peuples païens, afin qu'ils puissent voir Celui qui engendre toutes choses. Cela advient encore plus puissamment chez ceux qui ont rencontré le Seigneur. Lorsque saint Paul rencontre ces hommes qui aspiraient à la bienveillance des dieux, il indique avant tout les choses créées comme un retour facile au Créateur ; ce bon désir est présent en chacun, mais cette blessure qu'est le péché originel le trouble et le fait dévier facilement du  polyéisme vers le panthéisme. L'expérience que nous faisons dans l'Église de l'Incarnation parle à notre intelligence, à notre rationalité, à notre cœur, et nous permet de vérifier et d'expérimenter, dans le fait objectif de notre descendance par rapport à Lui, une relation, une présence qui ne contient rien de moins que la relation que nous avons les uns avec les autres. Notre relation est, sur le plan sensible, analogue à la relation avec le Christ et, dans son Église, une véritable expérience de Sa présence.
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    La présence de Dieu, ce que nous pouvons appeler l'expérience de Dieu, se fait dans le recueillement, dans le silence, elle demande une disposition du cœur, de l'âme, de la pensée. Une disposition à l'écoute qu'il faut entraîner chaque jour, pour ne pas être éloignés, distraits, par toutes les suggestions, tous les appels, les intrusions que comporte une vie frénétique. L'expérience monastique, avec sa règle de vigilance sur le silence et le temps de la prière, facilite et présente un exemple vers lequel tout laïc et toute personne consacrée qui vit dans le monde devraient tendre dans la vie quotidienne. Dans notre course, nous devons savoir vers Qui nous courons, pour que ce ne soit pas une pure agitation fautrice de dispersion. Il y a des moments privilégiés de la présence de Dieu, qui facilitent l'écoute, qui simplifient la reconnaissance de Sa présence.
    Lorsque le Christ se rend présent dans la célébration eucharistique, toute la création ne peut que se taire devant un tel miracle. C'est un miracle silencieux, il n'y a là rien d'éclatant : il n'y a pas de changement perceptible ; la matière est assumée par le Christ qui en fait son véritable Corps, mais à nos yeux il semble que rien n'ait changé. Dans cet aspect aussi, une formation correcte est nécessaire, afin que ne se perde pas la possibilité d'adhérer, avec intelligence et volonté, à ce qui se produit sous nos yeux.
    Dans la consécration, le moment du silence le plus élevé, la voix de Dieu se fait nettement entendre. On écoute dans les mots que la liturgie nous fait répéter les mêmes paroles que Jésus-Christ prononça en s'offrant à nous.
    J'expérimente ainsi quotidiennement Sa présence dans la Messe célébrée, dans la prière que la sagesse de l'Église a disposée aux différentes heures de la journée, pour nous permettre d'entendre Sa voix. Dans le temps, court ou long, que je passe chaque jour à L'adorer, présent clans le Saint-Sacrement.
    Il n'est pas nécessaire de multiplier les mots, d'inventer des dialogues. Il sait, et je peux lui soumettre tous mes besoins, certain qu'il me guide et que je peux tout déposer à ses pieds.
Saint Cyprien rappelle que :

 

Dieu a voulu que beaucoup de choses soient entendues par l'intermédiaire des prophètes. Mais combien plus important est le message du Fils ! Le Verbe de Dieu, qui parlait jadis chez les prophètes, affirme maintenant de sa propre voix. Il ne demande plus qu'on prépare la route à celui qui vient ; c'est lui-même qui vient, qui nous ouvre et nous montre la route. C'est ainsi qu'après avoir été errants comme des indigents et des aveugles dans les ténèbres de la mort, nous sommes éclairés par la lumière de la grâce et nous gardons le chemin de la vie avec le Seigneur pour guide et pour chef. Entre bien d'autres avertissements bienfaisants et commandements divins par lesquels il a pourvu au salut de son peuple, il lui a donné le modèle de l'oraison ; c'est lui-même qui nous a enseigné ce que nous devons demander dans la prière. Celui qui nous a fait vivre nous a enseigné aussi à prier, avec cette bonté qui l'a poussé à nous accorder tant d'autres bienfaits. Ainsi lorsque nous parlons au Père avec la prière que le Fils nous a enseignée, nous sommes plus facilement
écoutés    28. Saint Cyprien de Carthage, Traité sur la prière du Seigneur 1-3

 

Saint Cyprien poursuit :

 

Quelle prière selon l'Esprit peut-il exister sinon celle qui nous a été donnée par le Christ, lui par qui l'Esprit aussi nous a été envoyé ? Quelles vraies demandes présenter au Père, sinon celles qui ont été énoncées par le Fils, la Vérité en personne (Jn 14:6), de sa propre bouche ? Dès lors, prier autrement qu'il nous l'a appris n'est pas seulement faire preuve d'ignorance, c'est une faute, puisque lui-même a dit explicitement : « Vous rejetez le commandement de Dieu pour établir votre tradition » (Mc 7:9).
Conformons donc notre prière, frères bien-aimés, à ce que Dieu notre maître nous a appris. C'est Lui adresser une prière bienvenue et familière que de supplier Dieu avec ce qui vient de lui et faire monter à Ses oreilles la prière du Christ. Puisse le Père reconnaître les mots de son Fils quand nous lui présentons notre demande : que celui qui habite à l'intérieur de notre cœur soit présent en personne dans nos paroles ! Et puisque nous avons en lui un défenseur pour nos péchés, lorsque, pécheurs que nous sommes, nous le supplions pour nos fautes, mettons en avant les mots de notre défenseur. Car, puisqu'il dit : « Ce que vous demanderez au Père en mon nom, il vous le donnera », combien il est plus efficace pour obtenir ce que nous sollicitons au nom du Christ de le demander avec sa propre prière. Ibid.

 

    Cette prière nous permet de regarder, de nous identifier à la même manière de regarder que Dieu, en Jésus-Christ, porte sur nous, sur moi. C'est expérimenter « de l'intérieur » Sa présence, Sa permanence, dans le monde. C'est sentir le réconfort d'un ami qui regarde avec mes yeux ces mêmes difficultés, ces mêmes épreuves que je traverse, que l'Église traverse, que le monde traverse.
    Dans l'expérience de Dieu, il n'y a jamais de détachement spiritualiste : ce regard, cette présence investit, affecte tout. Elle donne la paix : ce n'est pas moi qui dois résoudre quoi que ce soit ; je n'ai pas à inventer des programmes de réforme ; cette présence, son regard ne sont pas déterminés par un effort de ma part. C'est une présence qui s'impose d'elle-même.
    Ce n'est pas un hasard si le concile Vatican II insiste sur la fréquentation des saints Pères, qui
 

atteste la présence vivifiante de cette Tradition, dont les richesses passent dans la pratique et dans la vie de l'Église qui croit et qui prie. C'est cette même tradition, qui fait connaître à l'Église le canon intégral des Livres saints ; c'est elle aussi qui, dans l'Église, fait comprendre cette Écriture sainte et la rend continuellement opérante. Ainsi Dieu, qui a parlé jadis, ne cesse de converser avec l'Épouse de son Fils bien-aimé, et l'Esprit-Saint, par qui la voix vivante de l'Évangile retentit dans l'Église et, par l'Église, dans le monde, introduit les croyants dans la vérité tout entière et fait que la parole du Christ réside en eux avec toute sa richesse (Concile œcuménique Vatican II, constitution dogmatique Dei Verbum,  n° 8.).


    Ma relation avec Dieu est donc redevable de la formation que j'ai reçue, du témoignage que j'ai vu, de l'enseignement de la prière et du silence dans laquelle j'ai grandi depuis mes premières années de séminaire, avec l'invitation à renoncer à un peu de sommeil pour l'adoration eucharistique.
    L'Église est digne d'intérêt uniquement parce qu'elle nous permet de rencontrer Jésus. Elle n'est légitime que parce qu'elle nous transmet la Révélation.
    Lorsque l'Eglise s'encombre de structures humaines, elle fait obstacle à la lumière de Dieu qui brille en elle et à travers elle. L'Eglise doit être comme une cathédrale. Tout en elle doit chanter la gloire de Dieu, elle doit sans cesse orienter notre regard vers Lui, comme une flèche gothique pointée vers le ciel.
    Il nous faut reconstruire la cathédrale.
    Il nous faut la reconstruire à l'identique, nous n'avons pas besoin d'inventer une nouvelle Église. Ceux qui s'y sont essayés au cours des siècles ont échoué. Nous devons nous laisser convertir, pour que l'Église puisse de nouveau briller, qu'elle puisse être de nouveau la cathédrale qui chante la gloire de Dieu et conduit les hommes à lui. Quelle est la première chose à faire ? Je le dis sans hésitation : il nous faut nous agenouiller ! C'est le premier acte par lequel j'expérimente la présence de Dieu.
    Agenouille-toi ! Une cathédrale est avant tout un lieu où les humains peuvent s'agenouiller, une cathédrale est le lieu où Dieu est présent dans le Très-Saint-Sacrement. La tâche la plus urgente consiste à retrouver le sens de l'adoration et de la prosternation, avec foi et émerveillement devant le mystère de Dieu ! La perte du sens de l'adoration de Dieu est la source clé tous les incendies et de toutes les crises qui secouent le monde et l'Église, de l'inquiétude et de l'insatisfaction que nous observons dans notre société.
    Nous avons besoin d'adorateurs ! Le monde se meurt parce qu'il manque d'adorateurs ! L'Église s'est desséchée à cause du manque d'adorateurs. C'est le lieu premier et privilégié du dialogue avec Dieu : le Tabernacle, Sa présence au milieu de nous.
    Les jours de silence, de solitude et de jeûne absolu m'ont été d'un grand secours. Ils ont été une grâce incroyable, une lente purification, une rencontre personnelle avec Dieu.
    Les jours vécus dans le silence, la solitude et le jeûne, avec la Parole de Dieu pour seule nourriture, permettent à l'homme d'orienter sa vie vers l'essentiel.
   
Personnellement, je crois que l'un des plus grands problèmes de la foi aujourd'hui est de réapprendre à l'homme à reconnaître la présence de Dieu dans notre vie. Eminence, comment est-il possible d'expliquer à l'homme contemporain que Dieu n'est pas une idée abstraite, mais une présence réelle ?
    Quand nous parlons d'« expliquer », qu'entendons-nous ? Aujourd'hui, nous avons de nombreux professeurs et spécialistes pour tout ce qui peut s'imaginer de transmissible dans le vaste domaine de la connaissance. Pourtant, face à cette prolifération de communications, jamais il n'a été aussi difficile de se repérer. L'homme n'a plus le temps de méditer, de laisser décanter les mots qui l'ont investi. C'est un premier aspect à relever, afin de ne pas s'illusionner sur l'éventuelle utilité de cette accumulation de mots pour l'évangélisation de la société. Dans cette perspective, je ne parlerais pas d'explication : l'emploi d'un tel terme pourrait prêter à des malentendus. Cela risquerait d'apparaître comme une tentative pour illustrer à destination des autres ce qui ne nous concerne que marginalement, extérieurement ; cela finirait par être assimilé à une leçon donnée par un professionnel. Nous pourrions ne pas être crédibles en nous efforçant de transmettre ce qui n'est pas « nôtre », que nous avons reçu.
    Saint Ignace d'Antioche, écrivant aux Ephésiens, nous le rappelle :

 

    Mieux vaut se taire et être que parler sans être. Il est bon d'enseigner, si celui qui parle agit. Il n'y a donc qu'un seul maître, celui qui « a dit et tout a été fait », et les choses qu'il a faites dans le silence sont dignes de son Père. Celui qui possède en vérité la parole de Jésus peut entendre même son silence, afin d'être parfait, afin d'agir par sa parole et de se faire connaître par son silence. Saint Ignace d'Antioche,  Lettre aux Ephésiens, XV.


    L'Église n'a pas non plus de programmes pour réaliser des objectifs particuliers en recourant à des mots ou à des capacités propres à ceux qui la dirigent temporairement, à des niveaux divers. Aucun homme ne sera jamais convaincu, captivé, lié au Christ s'il ne voit pas un autre homme qui, dans sa situation particulière de consacré ou de laïc, a entièrement dédié sa vie au Christ. Celui qui décide de se vouer ainsi totalement est reconnaissable, parce que son intérêt n'est pas de réaliser telle ou telle chose en particulier, mais de faire connaître et aimer le Christ ; à travers des aspects bien précis, certes, mais ce ne sont pas ceux-ci qui définissent son action ou sa proposition. Surtout, le Christ constitue une présence réelle pour moi et pour ceux qui essaient d'être transparents à son action dans le monde.
    Qu'expliquer, et comment, à celui qui sait tout et ne veut pas apprendre, même de Dieu ? Rares sont ceux qui cherchent à devenir, comme le dit l'apôtre Jean, des « instruits par Dieu » (Jn 6:45), et qui s'entourent de maîtres selon leur fantaisie, refusant d'écouter la vérité pour se perdre dans des fables (2Tim  4:3).
    Chacun de nous a besoin d'être aimé, est attiré par le beau, le vrai, éprouve un penchant naturel pour ce qui paraît juste et souffre lorsque la justice est bafouée, lorsque nous subissons ou voyons se produire quelque chose d'injuste. Ce que nous voulons communiquer à l'homme concret, qui vit à notre époque, que nous rencontrons dans la rue, au bureau, dans la famille, à l'usine, dans les champs, dans tous les lieux où se déroule notre vie, ce n'est ni plus ni moins que le Christ : communiquer de quelle manière il nous a saisis, en quoi il a été convaincant à nos yeux, comment il a rempli nos journées avec entrain, c'est-à-dire en quoi il a donné un sens à notre vie.
    Benoît XVI nous dit qu'« à l'origine du fait d'être chrétien, il n'y a pas une décision éthique ou une grande idée, mais la rencontre avec un événement, avec une Personne, qui donne à la vie un nouvel horizon et par là son orientation décisive. Benoît XVI,  Deus caritas est, n° 1. ».
    Les grandes cathédrales de l'Occident ont été construites par des hommes d'une foi et d'une humilité immenses, profondément heureux de se savoir enfants de Dieu. Elles sont comme un chant de joie, un hymne à la gloire du Seigneur sculpté dans la pierre et peint dans le verre. Elles sont l'œuvre d'enfants qui aiment et adorent leur Père céleste ! Ils étaient tous heureux de graver dans la pierre une expression de leur foi et de leur amour pour Dieu, et non pas à la gloire de leur propre nom.
    Certains, peut-être nombreux, disent : l'Église n'est plus crédible, on n'entend plus sa voix dans les médias. Ils sont trop bouleversés par les scandales de pédophilie et d'homosexualité au sein du clergé. Trop de membres de son clergé sont mauvais, cèdent à une conduite morale scandaleuse qui profane le sacerdoce du Christ. Il faut changer, réinventer l'Église.
    Le célibat sacerdotal devient trop difficile pour notre époque, dit-on : faites-en un choix optionnel ! L'enseignement moral de l'Évangile est trop exigeant : rendez-le plus facile ! Diluez-le dans le relativisme et le laxisme. À l'avenir, préoccupez-vous davantage des questions sociales.
    La doctrine catholique ne s'avère pas adaptée aux médias ? Changeons-la ! Adaptons-la aux mentalités et aux perversions morales de notre temps. Adoptons la nouvelle éthique mondialiste promue par l'ONU et l'idéologie du genre ! Ne parlons pas trop de Dieu, de Jésus-Christ, de son Évangile afin d'éviter de choque tant de personnes qui ne croient pas. Parlons d'écologie, de changement climatique, d'accueil des migrants, de dialogue, de tolérance mutuelle, de paix, de démocratie, de liberté. Bien sûr, ce sont des questions très importantes. Mais est-ce là le mandat que Jésus a donné à son Église ?
    Faisons de l'Église une société humaine et horizontale, qui parle un langage médiatique susceptible de la rendre populaire et de rendre son message acceptable ! Mes amis, une telle Eglise n'intéresse personne. Le monde n'a aucun besoin d'une Église qui n'offre qu'un reflet défraîchi d'elle-même !

A suivre :
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N'ayons pas peur de faire le silence autour de nous et en nous
Le pouvoir de l'intercession

 

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Sources : Extraits du livre du cardinal Sarah  "Dieu existe-t-il ?" -  E.S.M
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 13.03.2026