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Le temps et l'éternité coexistent dans le Fils

Le 12 juin 2025 - E.S.M.En se soumettant à la temporalité, en assumant l'existence humaine, le Verbe éternel incarné a fait entrer le temps dans la sphère de l'éternité; plus précisément, il est devenu lui-même le lien entre le temps et l'éternité.

La gloire de Dieu c'est l'homme vivant- Pour agrandir l'image ► Cliquer  

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       1) La liturgie fait déjà briller la lumière du ciel sur la terre.
       2) Création, histoire et culte se trouvent liés
       3) L'existence créée n'est pas négative en soi, elle n'est pas le résultat de la chute
       4) La paix de l'univers par la réconciliation avec Dieu
       5) Peut-il y avoir une autre sainteté que l'imitation du Christ ?
   
Le temps sacré

    Pour comprendre la valeur du temps dans la formation de la liturgie chrétienne, il faut nous reporter à tout ce que nous avons déjà mentionné sur le temps et l'espace, et leur incidence sur le culte chrétien, au premier chapitre de cette partie. Rappelons d'abord que tout temps est temps de Dieu. S'il semblait au premier abord n'y avoir aucune relation possible entre l'immutabilité de l'éternité et l'écoulement du temps, l'Éternel lui-même a maintenant pris le temps en lui : le temps et l'éternité coexistent dans le Fils. En se soumettant à la temporalité, en assumant l'existence humaine, le Verbe éternel incarné a fait entrer le temps dans la sphère de l'éternité; plus précisément, il est devenu lui-même le lien entre le temps et l'éternité. Notons que l'éternité de Dieu n'est pas une simple absence de temps, ou la négation du temps ; elle est tout à la fois au-delà du temps, elle contient le temps, et elle est accessible à travers le temps. Dans le Verbe incarné, dans le Dieu fait homme, ce rapport au temps est corporel et concret.
    Tout temps est temps de Dieu, disions-nous. Le temps de l'Église, nous l'avons vu, est un temps intermédiaire, entre ombre et réalité; cette structure particulière demande un signe, demande à être soulignée par un temps spécialement choisi et précieux, le temps de la liturgie, qui a pour but de ramener le temps dans les mains de Dieu.1 Cela dit, comment échapper à la question essentielle: qu'est-ce que le temps ? Sans approfondir une question qui a depuis toujours préoccupé les grands esprits, il faut néanmoins apporter quelques brèves indications pour comprendre la fonction spécifique du temps dans la liturgie. Rappelons d'abord que le temps est une réalité cosmique : la rotation de la terre autour du soleil (ou, comme le concevaient les Anciens, du soleil autour de la terre) donne un rythme à l'existence, que nous appelons temps, et que nous percevons dans l'alternance du jour et de la nuit, dans le retour des saisons, dans le rythme de la lune, avec ses différentes phases plus ou moins longues. Le rythme solaire et le rythme lunaire sont à la base de notre mesure du temps, et leurs rapports réciproques ont diversement marqué l'histoire et les cultures. Ces deux rythmes montrent combien l'existence humaine est tissée dans l'étoffe de l'univers. L'homme vit au rythme de la révolution des astres, du soleil et de la lune.

    1 Telle est la particularité de l'universalisme biblique : il ne repose pas sur une conception générale, transcendantale, de l'homme, mais veut atteindre à l'universalité par une élection particulière: celle du peuple élu.
   
    Il existe des rythmes à tous les degrés d'existence, chacun comportant sa mesure propre. Les anneaux annuels des arbres, par exemple, marquent le temps intérieur de l'arbre et son lien immuable avec le temps cosmique. L'homme aussi, dans son mûrissement et son déclin, a son propre temps, rythmé intérieurement, pourrait-on dire, par le battement de son cœur. Dans ce temps qui est le sien, les différents degrés de son être, l'organique, l'intellectuel et le spirituel, forment une synthèse mystérieuse qui s'insère à la fois dans la texture de l'univers et dans l'histoire collective. Enfin, le chemin de l'humanité que nous appelons histoire est lui aussi une forme de temps spécifique.
    Tout cela est présent dans la liturgie et détermine sa relation particulière au temps. D'ailleurs l'espace sacré dans lequel est célébré le culte chrétien est lui-même ouvert au temps. La direction vers l'est signifie que la prière se fait en direction du soleil levant, une orientation cosmique qui se double d'une signification historique. Elle désigne le mystère de la Pâque de Jésus-Christ, le mystère de sa mort et de sa résurrection. L'orientation annonce le monde à venir et l'accomplissement de l'histoire dans le second avènement du Rédempteur. Ainsi temps et espace s'entrelacent dans la prière chrétienne : l'espace devient temps et le temps entre dans l'espace. Espace et temps, histoire et cosmos sont entrelacés dans la liturgie. Le temps cosmique, déterminé par le soleil, devient une image du temps humain, du temps historique, qui avance vers les noces de Dieu et du monde, de l'histoire et de l'univers, de la matière et de l'esprit - à la rencontre de la « nouvelle cité », dont la lumière est Dieu lui-même. C'est alors que le temps entrera dans l'éternité.
    L'Ancien Testament présente une double division du temps. L'une est déterminée par le rythme de la semaine qui avance vers le sabbat, l'autre par les fêtes qui font écho à la Création - semailles, récoltes et fêtes de tradition nomade - et en même temps célèbrent les interventions de Dieu dans l'histoire. Cette structuration du temps se retrouve dans le christianisme, qui, à travers la religion biblique, a absorbé l'héritage des religions du monde, un héritage purifié et illuminé dans le culte du Dieu unique.
    Commençons par le rythme de la semaine. Nous l'avons vu, le sabbat a inscrit l'Alliance dans le temps en la mettant en relation avec le septième jour de la création. Le christianisme a conservé ce rapport. Mais entretemps l'Alliance a été élevée à un rang nouveau par l'incarnation, la crucifixion et la résurrection du Christ, à tel point qu'on parle maintenant d'une « Nouvelle Alliance ». Dieu a agi encore une fois dans l'histoire pour conférer à l'Alliance sa portée universelle et sa forme définitive. Cet acte s'inscrit dans le rythme de la semaine, et son point culminant, sur lequel s'alignent tous les autres, est la résurrection de Jésus, « le troisième jour ». Nos réflexions sur la sainte Cène nous ont montré que celle-ci forme un tout avec la croix et la résurrection. C'est l'offrande de Jésus, jusque dans la mort, qui donne leur poids aux paroles de la Cène ; pourtant cette offrande serait privée de sens si la mort avait le dernier mot. C'est donc à travers la résurrection que l'Alliance s'accomplit vraiment: l'homme est maintenant uni à Dieu pour toujours.
    Aussi le jour de la résurrection est-il le nouveau sabbat. C'est le jour où le Seigneur vient parmi les siens, les invite dans sa « liturgie », dans sa glorification de Dieu, et se donne à eux en partage. Le matin du « troisième jour » devient l'heure propre du culte chrétien. Saint Augustin, sur la base de la relation étroite entre cène, croix et résurrection, a montré comment la Cène est devenue tout naturellement le sacrifice du matin ; ainsi s'accomplit la recommandation faite aux apôtres par le Christ lors de la dernière Cène.
    La transition la plus visible de l'Ancienne à la Nouvelle Alliance est sans doute la transition du sabbat au jour de la résurrection. Le dimanche, ayant absorbé la signification du sabbat, est devenu le nouveau signe de l'Alliance. On le considère de trois façons. Du point de vue de la Croix, c'est le troisième jour qui, dans l'Ancien Testament, est le jour de la théophanie, de l'entrée de Dieu dans le monde après un temps d'attente. D'après le schéma hebdomadaire, c'est le premier jour de la semaine. Les Pères introduisirent un nouveau critère : du point de vue de toute la semaine qui précède, le dimanche est le huitième jour. Ces trois symbolismes se mêlent, mais celui du premier jour de la semaine prédomine. Dans le monde méditerranéen, berceau du christianisme, chaque jour de la semaine était lié à l'une des sept planètes alors connues. Le premier jour étant dédié auLe dimanche chrétien devient ainsi une action de grâces pour le don de la Création, pour le « fiat » par lequel Dieu a tiré le monde du néant ; une action de grâces aussi pour la Création perpétuée, que Dieu conserve en dépit de toutes les tentatives de l'homme pour la détruire. Selon saint Paul, la Création, rongée par le péché, aspire à la révélation des Fils de Dieu (Rm 8, 19). Ainsi le dimanche donne son sens véritable à l'injonction de la Genèse: Emplissez la terre et soumettez-la ! (Gn 1, 28.) Ce qui ne signifie pas: réduisez-la en esclavage! Exploitez-la ! Faites-en ce qu'il vous plaira ! Mais au contraire : reconnaissez en elle un don de Dieu  soleil, le symbolisme cosmique du dimanche rejoignit celui de la direction de la prière: le soleil annonce le Christ, le cosmos et l'histoire témoignent de lui à l'unisson. Ce symbolisme s'enrichit d'un autre élément: le premier jour de la semaine, jour de la résurrection, est aussi le premier jour de la création. ! Protégez-la et prenez-en soin comme des fils le feraient de l'héritage de leur père. Prenez-en soin, qu'elle devienne pour Dieu un véritable jardin; que son sens véritable s'accomplisse car, en elle aussi, Dieu doit être « tout en tous ». Les Pères appelaient le jour de la résurrection le « huitième jour ». Le dimanche n'est pas seulement tourné vers ce qui est passé mais vers ce qui vient ; dans la résurrection, toutes choses trouvent leur accomplissement. Dans ce huitième jour qui se situe au lendemain du sabbat, le Christ a « franchi » le temps et l'a élevé au rang de l'éternité. Pour les Pères, l'histoire du monde est une grande semaine, dans laquelle chaque jour représente un âge de l'humanité. Ainsi le huitième jour correspond-il au temps nouveau qui a débuté avec la résurrection, et qui, en un certain sens, court déjà parallèlement à l'histoire. La liturgie nous fait tendre vers ce temps nouveau, vers ce monde à venir où ombres et images ont fait place à l'union définitive du Créateur et de sa créature. La forme octogonale des baptistères vient de là. Elle est le symbole architectural du huitième jour, jour de la nouvelle Création, jour du baptême, qui nous fait entrer dans le temps nouveau inauguré par la résurrection.
    Pour le chrétien, le dimanche constitue la véritable mesure du temps, la mesure de sa vie
. Il n'est pas fixé par une convention arbitraire, susceptible d'être échangée contre une autre. Il renferme en une synthèse unique la mémoire de l'histoire, le souvenir de la Création et la théologie de l'espérance. Avec la prière en direction de l'est, il constitue un élément fondamental du christianisme, à tel point qu'Ignace d Antioche a pu dire : « Nous ne vivons plus selon le sabbat, nous sommes du Dimanche » (Lettre aux Mag. 9, l). Ainsi, semaine après semaine, le dies dominici, le « jour du Seigneur », célèbre la résurrection du Christ, sans pour autant rendre superflu le mémorial de la Passion de Jésus. En effet, il ressort clairement des Evangiles, surtout celui de Jean, que Jésus marchait consciemment vers son « heure ». Cette « heure de Jésus », qui peut offrir plusieurs niveaux d'interprétation, se réfère avant tout à un moment précis: la Pâque des juifs (cf. Ex 12). Jésus ne décide pas de mourir à n'importe quel moment. Sa mort a un sens pour l'histoire, pour l'humanité, pour l'univers. Elle devait donc prendre place à une heure déterminée, afin que la Pâque célébrée par la religion de Moïse depuis l'Exode passe d'un rite de substitution à la réalité du sacrifice vicaire du Christ.
    La Pâque était à l'origine une fête de nomades; d'Abel à l'Apocalypse, l'agneau immolé est le symbole du Rédempteur, du sacrifice sans tache. Le monothéisme ne pouvait pas naître dans les grandes cités ni sur les rives fertiles des grands fleuves. Sa terre originelle est le désert, cet espace sans limite où ciel et terre se font face - le désert, patrie de ce voyageur libre de toute attache, qui ne divinisait aucun lieu et n'avait pour seul recours que ce Dieu marchant à ses côtés. On a relevé que la fête de Pâque prend place lorsque le soleil traverse le signe du Bélier (ou de l'agneau). Cette coïncidence n'eut sans doute qu'une incidence marginale sur le choix de la date de la Pâque chrétienne, si tant est qu'elle l'ait influencée. Le facteur déterminant fut la mise en relation des événements historiques de la Passion avec le calendrier liturgique juif. Ce lien avec la Pâque juive, qui soulignait la continuité avec l'Ancien Testament, soulevait la question de la spécificité du christianisme. Un sujet explosif qui conduisit, au IIe siècle, à la grande controverse autour de la date de Pâques, que seul le concile de Nicée put régler, en 325, et encore seulement pour ce qui concerne le calendrier de la Grande Église. Deux traditions étaient alors en concurrence. L'Eglise orientale se conformait au calendrier juif et célébrait la Pâque chrétienne le 14 Nisan, date de la Pâque juive, qui pouvait tomber sur n'importe quel jour de la semaine.1 L'Église romaine, elle, liait directement la symbolique du dimanche à celle de la résurrection ; selon elle, la Pâque chrétienne devait donc être célébrée le dimanche suivant la première pleine lune du printemps. Le concile de Nicée entérina ce choix. C'est ainsi que les calendriers solaire et lunaire, les deux mesures cosmiques du temps, collectives et individuelles, se rejoignirent dans la rencontre de l'histoire d'Israël et du destin de Jésus.

    1 L'évangile de Jean et l'épître aux Hébreux inscrivent la mort du Christ dans le cadre symbolique de la fête des Tabernacles, ou du Grand Pardon. Il reste que, par rapport à la chronologie, c'est bien durant la fête de la Pâque que prit place la Passion du Christ.

     Mais revenons au symbolisme zodiacal. Au Ve siècle, Rome et Alexandrie entrèrent dans une nouvelle controverse autour de la dernière date possible pour téter Pâques. La tradition alexandrine voulait que ce fût le 25 avril. Le pape Léon le Grand (440-461) critiqua une date aussi tardive en s'appuyant sur des indications de la Bible, selon lesquelles Pâques devait avoir lieu le « premier mois » - ce premier mois n'étant pas avril mais le temps que prend le soleil pour traverser la première section du zodiaque, c'est-à-dire le signe du Bélier. Pour les Pères, ce bélier qui se prend les cornes dans un buisson, et qui est choisi par Dieu lui-même pour être sacrifié à la place d'Isaac, préfigurait la Passion du Christ. Or, comme la forme que dessinait la constellation du Bélier rappelait précisément la fourche dans laquelle le bélier était resté prisonnier, le signe du Bélier fut considéré, à son tour, comme une préfiguration du Christ crucifié. Le zodiaque semblait parler pour tous les temps de « l'Agneau de Dieu » qui ôte le péché du monde (Jn 1, 29). Ce tissu de relations se retrouve dans la première épître de Pierre, pour qui le Christ est l'agneau « sans défaut » (cf. Ex 12, 5), l'agneau « prédestiné dès avant la fondation du monde » (l, 20), ainsi que dans l'Apocalypse, qui désigne le Christ comme l'agneau « égorgé dès l'origine du monde » (13, 8). 1 Cette symbolique cosmique manifestait aux chrétiens de façon inouïe la dimension universelle du Christ, ainsi que la grandeur de l'espérance inscrite dans la foi chrétienne. Si nous voulons comprendre à nouveau le christianisme, et le vivre dans toute son ampleur, il nous faut impérativement retrouver la dimension cosmique de la révélation chrétienne.
   
   1 La signification de ce verset est mystérieuse, mais son sens apparaît plus clairement si on le situe dans le contexte de cette relation entre Création et immolation de l'agneau. Une relation corroborée par la tradition juive qui attribuait la date du 25 mars aussi bien au sacrifice d'Abraham qu'au premier jour de la Création. D'autres traductions sont cependant possibles, qui pourraient en atténuer l'aspect paradoxal.

    Encore deux remarques sur la fête de Pâques. Nous avons vu à quel point le christianisme porte la marque du symbolisme solaire. Le concile de Nicée, en fixant la date de Pâques, l'intégra dans le calendrier solaire, sans pour autant couper ses liens avec le calendrier lunaire. Dans l'univers religieux, la lune, avec ses phases en alternance, apparaît souvent comme le symbole du féminin, et plus encore comme celui de la fugacité de la vie. La symbolique cosmique de la lune correspond ainsi au mystère de la mort et de la résurrection. Le dimanche de Pâques qui suit la première pleine lune du printemps porte à la fois le symbole du soleil et celui de la lune : l'éphémère est intégré dans l'immortalité. La vie mortelle entre dans la vie éternelle à travers la résurrection.
    Souvenons-nous que la Pâque, pour Israël, célébrait non pas un événement cosmique, mais historique - la sortie d'Egypte, la libération d'Israël, qui marque le début de son propre cheminement dans l'histoire en tant que peuple de Dieu. La Pâque commémore un acte de Dieu, qui à la fois fonde et libère la communauté d'Israël. Cette signification a également passé dans la Pâque chrétienne et jette une lumière plus profonde sur la résurrection du Christ. Puisque Jésus a volontairement rattaché ses derniers pas à la Pâque d'Israël, la choisissant comme « son heure », il doit exister une relation intérieure entre la mémoire d'Israël et les événements du triduum pascal. Le dernier ennemi de l'homme étant la mort, l'homme, pour être totalement libéré, doit être libéré de la mort. L'oppression d'Israël en Egypte a pour fin la destruction du peuple par l'élimination de tous les descendants mâles. Or, dans la nuit de Pâque, l'ange exterminateur traverse l'Egypte et frappe ses premiers-nés. La libération d'Israël apparaît ainsi comme la libération du pouvoir de la mort. Le Christ, premier-né de la Création, prend la mort sur lui et, par la résurrection, anéantit son pouvoir: la mort cesse d'avoir le dernier mot. L'amour du Fils s'avère plus fort que la mort, car il unit l'homme à l'amour de Dieu qui est la vie même. La fête de la Résurrection du Christ ne commémore pas le destin d'un individu, mais célèbre la Présence vivante de Celui qui nous rassemble pour qu'à notre tour nous vivions. « Vous me verrez vivant et vous vivrez vous aussi» (Jn 14, 19).


Suite :
  
   6b) L'« heure » de Jésus nous revient, d'année en année
   7) La créativité ne saurait constituer une catégorie authentique de la liturgie
   8) Par la Liturgie, le Christ continue l’œuvre de notre rédemption
   9) Histoire et cosmos vont de pair
 

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Sources :Texte original des écrits du cardinal Ratzinger - Saint Père Benoit XVI -  E.S.M.
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 00.06 2025