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Cardinal Sarah : le pouvoir de l'intercession

Le 12 avril 2026 - E.S.M. -  Une position raisonnable ne voudrait exclure aucune possibilité ; la catégorie de la possibilité est en effet à l'origine de toute découverte scientifique, et, là où la science ne peut arriver, la raison doit ou devrait reconnaître l'intervention de Dieu. Il faudrait ici ouvrir une parenthèse sur le pouvoir de l'intercession, mais le cardinal Sarah préfère, pour l'instant, rester dans le droit fil du témoignage, du miracle qui atteste l'intervention de Dieu.

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Le silence n'est jamais un vide, c'est plutôt laisser parler Dieu
L'homme n'est grand que lorsqu'il est à genoux devant Dieu
Le christianisme n'ouvre pas un chemin parmi d'autres, mais c'est La Voie !
Obéissance envers le Christ et envers Sa Parole
N'ayons pas peur de faire le silence autour de nous et en nous
   
   
     Le Catéchisme de l’Église Catholique 1992 (C.E.C.) affirme au n° 306 : « Dieu est le maître souverain de son dessein. » Eminence, Dieu intervient-il dans l'histoire de l'humanité ? Intervient-il dans nos vies ? S'il intervient, pourquoi, lors d'événements tels qu'Auschwitz ou la guerre actuelle en Ukraine et au Proche-Orient, ne semble-t-il pas mettre un terme à la violence et à l'injustice ?
    Dieu intervient dans l'histoire de l'humanité, mais aussi dans notre histoire personnelle. Nous aimerions parfois que son intervention soit retentissante, incontestable, imposante, autoritaire, claire, tant pour ceux qui perçoivent Son action parce qu'ils la regardent sous l'angle de la foi, que pour ceux qui résistent à reconnaître la Souveraineté de Dieu sur la création ; tant pour ceux qui sont prêts à reconnaître l'action créatrice lointaine de Dieu, mais aussi Son action présente et actuelle, que pour ceux qui s'obstinent à nier une telle action. Nous savons que cette vérité sera incontestable et universellement reconnue lors de Sa seconde venue. Dans l'intervalle, nous patientons et sommes destinés à nous « contenter » des signes que, par grâce, nous réussissons à discerner. D'une certaine manière, nous savons que la grâce se mérite : à travers des actes accomplis avec une intention droite et une demande insistante que nous soient adressés les signes nécessaires pour croire en Lui et L'aimer. Je sais que les signes ne manquent pas, je le reconnais, à titre personnel, et je le reconnais, en tant qu'Église, réunie en son nom. Tous les miracles reconnus comme des événements autrement inexplicables sont présents tout au long de notre histoire, attestés dans l'Ancienne et la Nouvelle Alliance, dans les temps apostoliques et dans les dernières années. Dans sa prudence, l'Église a toujours voulu discerner la fiabilité de l'origine divine des signes et des miracles signalés par les fidèles, signes et miracles accomplis même en faveur de ceux qui n'appartenaient pas à la communauté des baptisés ou qui s'en étaient éloignés. Des faits exceptionnels qui ont marqué la vie d'individus, de communautés, de nations. La liste serait très longue. Les commissions, appelées à examiner et à certifier s'il y a lieu ou non d'exclure une intervention voulue par le Ciel, mènent toujours une enquête minutieuse sur l'événement étudié. Il s'agit de miracles qui concernent des guérisons inexplicables, eu égard aux connaissances médicales, qui se produisent rapidement et complètement, mais surtout se produisent à la demande expresse du croyant malade ou de ses proches. Pourtant, à une époque où le surnaturel est a priori jugé impossible, le monde n'y prête tout simplement pas attention ou, mieux encore, l'exclut de la liste des possibilités. En revanche, une position raisonnable ne voudrait exclure aucune possibilité ; la catégorie de la possibilité est en effet à l'origine de toute découverte scientifique, et, là où la science ne peut arriver, la raison doit ou devrait reconnaître l'intervention de Dieu. Il faudrait ici ouvrir une parenthèse sur le pouvoir de l'intercession, mais je préfère, pour l'instant, rester dans le droit fil du témoignage, du miracle qui atteste l'intervention de Dieu. Intervention qui est toujours liée à un besoin de foi ou de salut pour ceux qui se confient en Lui. Je vais vous raconter un événement qui s'est produit au Mozambique, à Nipepe, entre le 10 et le 12 janvier 1989 : un groupe de 52 familles, environ 270 personnes - dont la moitié d'enfants - ont été assiégées et enfermées dans une église où l'on avait administré le baptême à 30 enfants. Les assaillants, appartenant à la Renano (Résistance nationale mozambicaine) et au Frelimo (Front de libération du Mozambique), s'affrontaient dans le cadre de la guerre civile qui déchirait le pays. L'une des deux factions belligérantes contrôlait les quatre portes de l'église et ne permettait à personne d'entrer ou de sortir, alors qu'il n'y avait à l'intérieur que les fonts baptismaux en bois, avec le peu d'eau restant après l'administration des sacrements et quelques biscuits dans la sacristie. Le catéchiste responsable a donné la permission d'utiliser le peu d'eau bénite des fonts baptismaux et demandé en même temps l'aide du Ciel, par l'intercession de la bienheureuse sœur Irène Stefani. Le catéchiste n'a même pas songé à rationner, tant l'eau disponible était rare. C'était la saison chaude ; si chacun des assiégés avait bu l'eau nécessaire à une hydratation minimale, deux cents litres n'auraient pas suffi. Au bout de deux jours, quelque 140 personnes ont été déportées par les milices de la Renano, et celles qui sont restées ont continué à prier sans relâche : « Le Seigneur est mon berger, je ne manquerai de rien », comme la bienheureuse Irène Stefani (1891-1930) l'avait suggéré dans une vision à une catéchiste. Malgré l'absence d'imperméabilité des fonts baptismaux et la présence d'enfants à qui l'on ne pouvait pas refuser de l'eau, au bout de trois jours, lors de la libération, le curé se rendit compte qu'il restait encore de l'eau dans les fonts et sur le sol, et qu'aucun des prisonniers n'avait souffert de la soif . Que nous dit ce miracle ? Dieu intervient, il intervient de manière à enseigner, selon un dessein qu'il ne nous appartient pas d'examiner, un dessein qui ne relève pas de la « magie », où le bien désiré n'est pas obtenu selon un processus de réappropriation. Rien n'empêche le mal que l'homme est capable de commettre, mais, à travers ce mal, en le surmontant, on peut apprendre à se confier à Lui, à partager Sa souffrance. « Nous sommes affligés de toutes parts, mais non écrasés ; nous sommes désemparés, mais non désespérés ; persécutés, mais non abandonnés ; abattus, mais non tués, portant toujours et partout dans notre corps la mort de Jésus, afin que la vie de Jésus soit aussi manifestée dans notre corps» (2Co 4:8-10).
    Personne ne veut la souffrance en soi, mais partager la souffrance de la personne que l'on aime donne à la souffrance elle-même une autre place. Dieu n'est pas intervenu pour annuler tous les conflits, pour plier à la volonté du bien ceux qui veulent la guerre. Les gens en souffrent, mais chacun est responsable de sa propre sphère, du plus petit au plus grand ; une conversion personnelle est demandée à chacun. Aucun homme ne respecterait à ce point la liberté de son compagnon de route, de son parent. Seul Dieu en est capable, et pas en spectateur, ayant souffert dans le temps et par anticipation de tout le mai présent dans le monde. Pour approcher le mal que nous voyons sans finir écrasés, sans en souffrir personnellement, la prière est nécessaire, ainsi que le silence pour réussir à écouter.
    Dieu est — et reste — maître de son dessein, même si nous voudrions nous en rendre maîtres à notre tour, même si nous souhaiterions le plier à nos désirs, au lieu que ce soit à nous de nous soumettre à Lui.
    Lorsque nous subissons les conséquences de cet orgueil - personnel ou collectif, celui du dernier citoyen ou celui des chefs d'État -, alors les accusations pleuvent : comment n'interviens-tu pas, n'empêches-tu pas de telles conséquences ? Il serait peut-être plus facile de continuer à s'entêter dans l'autonomie, en privilégiant ses objectifs, ses désirs, ses projets, ses priorités ; il suffirait de ne pas en voir les conséquences. À moins que nous ne préférions nous voir refuser cette autonomie, cette liberté. Mais Celui qui nous l'a donnée ne veut pas nous mortifier, II désire notre amour libéré. Celui qui peut tout supplie notre cœur. Il nous demande de L'écouter. Dans notre désir de grandeur, II nous demande de nous mettre à genoux. L'homme n'est grand que lorsqu'il est à genoux, devant Dieu. Dieu reste maître de son dessein et, en même temps, II a librement voulu ne pas nous limiter dans notre liberté. Cette réflexion peut expliquer, au moins en partie, le fait que Dieu semble ne pas intervenir pour arrêter le mal que nous pouvons commettre.
   
    Éminence, si Dieu est le maître de l'histoire, pourquoi a-t-il encore besoin de l'homme pour réaliser Son dessein (cf. Catéchisme de l’Église Catholique n° 306, Ctrl + clic  ) ?
   
    « La création a sa bonté et sa perfection propres, mais elle n'est pas sortie tout achevée des mains du Créateur. Elle est créée dans un état de cheminement ("in statu via") vers une perfection ultime encore à atteindre, à laquelle Dieu l'a destinée. Nous appelons divine providence les dispositions par lesquelles Dieu conduit sa création vers cette perfection » (Catéchisme CEC, n° 302). Et encore : « Nous croyons que Dieu a créé le monde selon sa sagesse. Il n'est pas le produit d'une nécessité quelconque, d'un destin aveugle ou du hasard. Nous croyons qu'il procède de la volonté libre de Dieu, qui a voulu faire participer les créatures à Son être, Sa sagesse et Sa bonté » (CEC, n° 295).
    Saint Augustin a précisé que « Dieu t'a fait sans toi, car tu n'as point consenti à être créé par lui. Eh ! comment y aurais-tu consenti, puisque tu n'étais pas ? Mais s'il t'a fait sans toi, sans toi il ne te justifie pas Saint Augustin, Sermon, CLXIX, 13, « La vie chrétienne ».
    Dieu a choisi d'avoir besoin de l'homme pour réaliser son œuvre, qui est avant tout « une œuvre de salut », c'est-à-dire de rétablissement de la relation entre Lui et l'homme dans sa réalité originelle, telle qu'établie dans la première création. Le but ultime de la création - le but ultime de son dessein - demeure que Dieu « qui est le Créateur de tous les êtres, devienne enfin "tout en tous" (1 Co 15:28), en procurant à la fois sa gloire et notre béatitude » (CEC, n° 294). Il peut arriver que la reconnaissance du « besoin » de Dieu soit comprise comme un accord entre deux sujets humains : ils collaborent à la réalisation d'une activité commune, et, s'ils ne sont pas d'accord, cette activité échoue. Pourtant, tel n'est pas tout à fait le cas ! L'œuvre de Dieu, la réalisation de son dessein, ressemble plutôt à l'œuvre de sauvetage d'une personne en danger : sans la volonté de cette dernière et la sienne, la collaboration serait impossible. Ou bien encore, on la comparera au travail d'un médecin : un malade aura la latitude de refuser les médicaments jugés nécessaires au traitement salvateur, personne ne saurait les lui imposer contre sa volonté. Dieu considère que chacun de nous est capable de collaborer à Son dessein de salut, à l'aune des facultés que nous avons reçues de Lui, et nous savons qu'il ne nous abandonnera pas. Chacun de nous contribue au salut universel en participant d'abord à son salut personnel. C'est dans cette coopération que réside la responsabilité particulière du salut : celle du bien qui attend chacun et celle du bien qui attend tous les hommes. Ce bien, qui passe par la croix personnelle de chacun — en unissant ses efforts et ses souffrances à ceux du Christ, en orientant chacun vers le Bien le plus élevé — change la société, l'ordonne. Le projet de Dieu n'est pas de réaliser le « paradis sur terre », utopie des idéologies qui, chaque fois qu'elles en ont fait la promesse, ont détruit toute coexistence et humilié l'homme et sa dignité ; le projet de Dieu est inscrit dans la nature de l'homme et de la femme : c'est le bien vers lequel il nous fait tendre.
    Le dessein de Dieu, se donner à nous, Lui-même, en tant que Bien suprême, est annoncé et réalisé dans chacun des sept sacrements que Jésus a institués.
    Ce que le Catéchisme affirme à propos du mariage illustre bien ce dessein : 

 

La vocation au mariage est inscrite dans la nature même de l'homme et de la femme, tels qu'ils sont issus de la main du Créateur. Le mariage n'est pas une institution purement humaine, malgré les variations nombreuses qu'il a pu subir au cours des siècles, dans les différentes cultures, structures sociales et attitudes spirituelles. Ces diversités ne doivent pas faire oublier les traits communs et permanents. Bien que la dignité de cette institution ne transparaisse pas partout avec la même clarté, il existe cependant dans toutes les cultures un certain sens pour la grandeur de l'union matrimoniale. « Car le bien-être de la personne et de la société est étroitement lié à la prospérité de la communauté conjugale et familiale » (CEC, n° 1.603)

   
    En outre : « L'authentique amour conjugal est assumé dans l'amour divin » (CEC, n° 1.639).
    Le Créateur a inscrit son dessein dans notre nature d'homme et de femme, dans la nature du couple et de la relation conjugale : « La nature est l'expression d'un dessein d'amour et de vérité. Elle nous précède et Dieu nous l'a donnée comme milieu de vie. Elle nous parle du Créateur (Rm 1:20) et de son amour pour l'humanité. [...] Le milieu naturel n'est pas seulement un matériau dont nous pouvons disposer à notre guise, mais c'est l'œuvre admirable du Créateur, portant en soi une "grammaire" qui indique une finalité et des critères pour qu'il soit utilisé avec sagesse et non pas exploité de manière arbitraire (Benoît XVI, Lettre encyclique Caritas in veritate n° 48,). »
    Pour comprendre le dessein divin, un « travail d'obéissance » est nécessaire, avant tout en donnant foi à ce que le Magistère a énoncé. L'obéissance n'est pas une mise en suspens de la raison, mais un engagement de la raison à ne pas limiter ses perspectives, ses potentialités. Paul VI encourage ainsi les couples à « conformer leur conduite à l'intention créatrice de Dieu (Paul VI, Lettre encyclique Humanae vitae, n° 10) ». Dans cette volonté d'adhérer à l'intention créatrice s'ouvre un véritable chemin d'union théologique avec Dieu et, simultanément, une juste réalisation de
soi.

Nous vivons d'une juste manière, si nous vivons selon la vérité de notre être, c'est-à-dire selon la volonté de Dieu. Car la volonté de Dieu ne constitue pas pour l'homme une loi imposée de l'extérieur qui le force, mais la mesure intrinsèque de sa nature, une mesure qui est inscrite en lui et fait de lui l'image de Dieu, et donc une créature libre :  Benoît XVI, aie le courage d’oser avec Dieu !  (homélie, 8 décembre 2005.).

     Nous sommes invités à renoncer à une conception selon laquelle l'homme doit posséder la nature, y compris sa propre nature, selon une logique de domination et de manipulation au moyen de la technologie. (Lettre encyclique Laudato si 24 mai 2015, n° 106-108.)
    Pourquoi vouloir changer sa nature ? Pourquoi la violer en la manipulant ? Nous ne devons pas nous mutiler pour nous réaliser au gré de nos sentiments ou de nos tendances d'une manière de ce Dieu a faitt de nous Il nous a crée à son image et à sa ressemblance. Il nous a créé homme et femme (Gn 1:27). Si nous visons à nier la nature, nous nous détruisons nous-mêmes. Il nous faut entrer dans une logique d'acceptation de notre réalité, ce don gratuit du Créateur qui, à travers elle, nous révèle une parcelle de Son infinie sagesse.
    Par conséquent, nous ne devons pas chercher à dominer ou à manipuler arbitrairement la nature humaine, notre nature propre, comme l'explique le pape François, mais plutôt « céder aux possibilités qu'offrent les choses elles-mêmes. Il s'agit de recevoir ce que la réalité naturelle permet en soi, comme en tendant la main  Ibid n° 106 ». Car à travers notre nature Celui qui nous tend la main se révèle être l'Auteur de la nature elle-même : le Créateur. Il ne s'agit pas d'être fidèle à une « loi naturelle » impersonnelle, mais d'être fidèle à la personne du Créateur, source et Seigneur de l'ordre qui se manifeste dans cette loi. Lorsque nous Lui soumettons notre intelligence et notre cœur, nous entrons véritablement en communion d'intentions avec Lui.
    Comprendre le dessein du Créateur, le recevoir avec le cœur, suppose une profonde attitude spirituelle de gratitude et d'adoration, don de l'Esprit-Saint. Refuser cette œuvre d'obéissance, c'est rendre vaine la Croix du Christ (1Co 1:17).
    Quelle exaltation nous éprouvons à participer au travail d'un ami qui a eu une idée géniale ! À plus forte raison, en participant à l'œuvre de Celui qui est l'Auteur de toutes choses. Il n'y a donc pas lieu de s'offusquer de constater que Dieu a choisi de nous faire participer, de solliciter notre contribution irremplaçable à son œuvre. Nous ne pouvons qu'être reconnaissants de sa libre décision de nous impliquer, de s'en remettre à nous et d'attendre l'adhésion de notre volonté pour rendre son dessein effectif. Nous sommes l'objet d'une grande estime de la part de Celui qui nous a voulus dans notre unicité, et c'est en même temps une grande responsabilité, envers nous-mêmes et envers toute l'humanité - non pas l'humanité comme généralisation abstraite, mais dans le concret de chacun de nos compagnons de route, de chacun de nos prochains. Avant toute chose, comme une tension : l'accomplissement de l'œuvre de Dieu n'est pas entre nos mains, mais dans le « témoignage » que chacun rend, avec sa propre liberté, à la Vérité.

A suivre :
- Le christianisme demeure aujourd'hui si fascinant et si vivant
- Pour voir divine providence, il faut des yeux de la foi
- Dieu ne crie pas, il n'est pas bruyant, il attend notre disposition à l'écouter

 

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Sources : Extraits du livre du cardinal Sarah  "Dieu existe-t-il ?" -  E.S.M
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 12.04.2026