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Par la Liturgie, le Christ continue l’œuvre de notre rédemption

Le 11 août 2025 - E.S.M. -  La véritable action liturgique, l'acte liturgique par excellence est Voratio - la grande prière qui forme le noyau de l'Eucharistie, laquelle, pour cette raison, fut appelée oratio par les Pères. Cette dénomination se justifie, ne serait-ce que du point de vue de la forme liturgique, puisque l'essentiel de la liturgie chrétienne se déroule dans Voratio, qui en est le centre et le fondement.

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Par la Liturgie, le Christ continue l’œuvre de notre rédemption

Le corps dans la liturgie

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   1) La liturgie fait déjà briller la lumière du ciel sur la terre.
   2) Création, histoire et culte se trouvent liés
   3) L'existence créée n'est pas négative en soi, elle n'est pas le résultat de la chute
   4) La paix de l'univers par la réconciliation avec Dieu
   5) Peut-il y avoir une autre sainteté que l'imitation du Christ ?
   6 ) Le temps et l'éternité coexistent dans le Fils
   6b) L'heure de Jésus nous revient, d'année en année
   7) La créativité ne saurait constituer une catégorie authentique de la liturgie

1. « Participation active »

    L'expression participatio actuosa est le concept que le concile Vatican II a choisi pour définir la participation active de tous à l'«Opus Dei», à la sainte Liturgie. Un choix judicieux, qui va dans le sens du Catéchisme de l'Église catholique, où le mot liturgie est mis en rapport avec le sacerdoce commun et englobe par conséquent tous les chrétiens (CEC, 1069 page 173) 1. La question est de définir la nature de cette participation active et l'activité qu'elle implique. En d'autres termes, que sommes-nous censés faire?
1 CEC, 1069 - Le mot " Liturgie " signifie originellement " œuvre publique ", " service de la part de/et en faveur du peuple ". Dans la tradition chrétienne il veut signifier que le Peuple de Dieu prend part à " l’oeuvre de Dieu " (cf. Jn 17, 4). Par la Liturgie le Christ, notre Rédempteur et Grand Prêtre, continue dans son Église, avec elle et par elle, l’œuvre de notre rédemption :
    Le terme participatio actuosa a très vite été pris dans le sens extérieur et superficiel d'une activité nécessaire, généralisée, comme s'il fallait que le plus grand nombre de personnes, et le plus souvent possible, soit manifestement actives. Certes, le mot « participation » (« prendre part, avoir part ») implique une action à laquelle chacun est associé. Mais pour définir le type d'activité dont il s'agit, il faut d'abord établir ce qu'est l'actio centrale à laquelle tous les membres de la communauté sont censés prendre part. À la lumière des fondements bibliques évoqués dans la première partie et d'après les sources liturgiques, il faut entendre, par actio, la Prière eucharistique. La véritable action liturgique, l'acte liturgique par excellence est Voratio - la grande prière qui forme le noyau de l'Eucharistie, laquelle, pour cette raison, fut appelée oratio par les Pères. Cette dénomination se justifie, ne serait-ce que du point de vue de la forme liturgique, puisque l'essentiel de la liturgie chrétienne se déroule dans Voratio, qui en est le centre et le fondement. Désigner l'Eucharistie par le terme oratio permit également aux chrétiens de fournir une réponse substantielle aux païens, comme aux interrogations des philosophes en général. On disait ainsi à ceux qui cherchaient : les sacrifices d'animaux et tout ce qui existait et existe encore chez vous, et qui au fond ne satisfait personne, sont maintenant remplacés par le sacrifice de la Parole. Nous sommes la religion spirituelle; celle où la louange divine n'a plus besoin de boucs ni de bœufs mais de la seule parole ; où la parole - qui fait de l'homme un homme - s'adresse à Dieu et se fond avec la Parole, le Logos de Dieu, qui nous conduit à la véritable adoration. Précisons que le mot oratio ne signifiait pas « prière » à l'origine (il y avait pour cela le mot prex), mais « discours public solennel ». Un discours ayant acquis sa dignité la plus haute, puisqu'il tient de Dieu à la fois son origine et son existence.
    Cela dit, l'oratio - la Prière eucharistique, le « canon » - est bien plus qu'un discours : elle est actio au sens le plus élevé. Car en elle l'actio humaine (telle qu'elle avait été accomplie jusqu'alors par les prêtres des différentes religions) se retire et laisse la place à l'actio divina, l'action de Dieu. Dans cette oratio, le prêtre parle avec le « Je » du Seigneur : « Ceci est mon corps », « Ceci est mon sang », sachant qu'il ne parle plus de lui-même, et qu'en vertu du sacrement qu'il a reçu il est devenu la voix d'un autre, qui parle et agit à travers lui. L'actio de Dieu qui s'accomplit à travers ce discours humain est l'acte même que toute la Création attend. Les éléments de la terre, transformés dans leur substance, sont pour ainsi dire arrachés à leur ancrage de « créature », d'élément créé, pour être changés dans le corps et le sang du Seigneur, anticipant le ciel nouveau et la terre nouvelle. Dans la liturgie, l'« action » à laquelle nous sommes tous conviés à participer est donc l'action de Dieu Lui-même : Dieu inaugure la nouvelle Création, se rend accessible à nous et, à travers les choses de la terre, à travers nos dons, nous permet de communiquer avec Lui de façon personnelle.
Mais comment participer à cette action ? Dieu et l'homme ne sont-ils pas incommensurables ? Est-il concevable que l'homme, le fini, le pécheur, puisse coopérer avec Dieu, l'Infini, le Saint ? Certainement, du fait que Dieu, devenu homme, a pris corps et que c'est à travers son corps que, jour après jour, il vient à nous, qui vivons dans un corps. Toute l'œuvre de l'incarnation, de la crucifixion, de la résurrection, du second avènement, est le moyen par lequel Dieu amène l'homme à entrer en relation et à coopérer avec lui. La liturgie l'exprime, dans la prière d'acceptation qui ouvre l'oratio. Certes, le sacrifice du Logos est bien accepté de toute éternité, mais nous devons prier pour qu'il devienne notre sacrifice, pour que nous devenions, comme nous l'avons dit, « logoïsés », conformés au Logos, et soyons faits ainsi le corps du Christ. Telle est la finalité de notre prière. Cette prière de supplication est elle-même un moyen de progresser dans la participation aux mystères de l'incarnation et de la résurrection. La récitation de la Prière eucharistique au nom de l'Église et, au milieu de celle-ci, les paroles de la consécration, où le prêtre s'exprime avec le « Je » de Jésus-Christ, sont réservées au sacerdoce ministériel. Mais la participation à cet acte que seul le Seigneur accomplit, que seul il a pouvoir d'accomplir, est la même pour tous. Pour chacun de nous il s'agit, selon la parole de 1 Co 6, 17, de nous unir au Seigneur et de ne faire « avec lui qu'un seul esprit ». Il s'agit finalement d'abolir la distinction entre l'actio du Christ et la nôtre. Qu'il n'y ait plus qu'une actio, à la fois sienne et nôtre - nôtre dans la mesure où nous sommes devenus avec lui « un corps et un esprit ». L'unicité de la liturgie chrétienne consiste justement en ce que Dieu lui-même agit et nous intègre dans son action. En regard de cela le reste est secondaire.
    Les actions extérieures de la liturgie (lectures, chants, collecte des dons) peuvent, bien entendu, être réparties de façon appropriée, mais en marquant bien la différence entre participation au service de la parole (lecture, chant) et célébration sacramentelle proprement dite. L'aspect secondaire de ces actions extérieures devrait être clairement manifesté; l'évidence doit s'imposer: l'oratio ouvre l'espace à l'actio de Dieu. Et lorsque se déroule cette phase essentielle de la liturgie, lorsque commence la Prière eucharistique, toute activité doit cesser. Le comprendre, c'est comprendre qu'il n'est plus alors question d'observer ni même de regarder le prêtre, mais de contempler ensemble le Seigneur et d'aller à sa rencontre. Les mises en scène presque théâtrales auxquelles on assiste aujourd'hui, particulièrement pendant la préparation des dons, manquent tout simplement l'essentiel. Si les quelques actions extérieures (qui ne sont pas nombreuses et que l'on multiplie artificiellement) prennent toute la place dans la liturgie, et que celle-ci devient un déploiement d'activité, ce n'est plus à un drame divin que l'on participe mais à une parodie. Une formation liturgique digne de ce nom ne consiste pas à apprendre et à expérimenter diverses activités extérieures, mais à comprendre la liturgie de l'intérieur ; à s'approcher de la puissance transformatrice de Dieu qui, à travers l'événement liturgique, a pour fin de nous transformer et de transformer le monde. Malheureusement la formation liturgique des prêtres, comme celle des laïcs, est à cet égard très insuffisante. Il reste beaucoup à faire dans ce domaine.
    À ce point, le lecteur se demandera peut-être : et le corps ? Le concept d'un sacrifice où la parole (oratio) est centrale ne met-il pas exclusivement l'accent sur l'esprit ? Ce reproche serait pertinent si l'on s'en tenait à l'antique conception de la logike latreia. Or le Logos, pour les chrétiens, s'est incarné. Dans la liturgie, il s'offre à nous dans son corps et son sang, donc corporellement. Il s'agit bien sûr d'un corps ressuscité, mais qui n'en reste pas moins véritablement corporel, se donnant à nous sous les espèces matérielles du pain et du vin. C'est dire que nous sommes assignés par et pour le Logos précisément dans notre corps, dans notre existence matérielle, afin que la véritable actio liturgique de Dieu, dépassant l'acte du culte, entre dans notre vie, laquelle à son tour doit devenir « liturgique » et servir à la transformation du monde. Il est requis du corps beaucoup plus que d'accomplir diverses activités. Il lui est demandé un engagement complet jusque dans les actes les plus quotidiens. Il lui est demandé d'être "ressuscitable", capable de résurrection, tourné vers la résurrection, vers le royaume de Dieu. « Que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel ». Là où se fait la volonté de Dieu, la terre déjà devient ciel. Nous abandonner à l'action de Dieu afin d'être à même de coopérer avec lui, voilà à quoi doit nous éduquer la liturgie. À travers la crucifixion (passage de notre volonté à la communion de volonté avec Dieu), l'incarnation doit toujours conduire à la résurrection, au règne de l'amour, au royaume de Dieu.
    Pour y parvenir, le corps doit en quelque sorte subir un entraînement en vue de la résurrection. Souvenons-nous que le mot ascèse signifie tout simplement entraînement - « training », pour employer un terme anglais à la mode. Or aujourd'hui, alors que nous nous entraînons avec application, endurance et beaucoup de sacrifices à toutes sortes de choses, pourquoi ne pas nous entraîner pour Dieu et son royaume ? ]e traite durement mon corps et le tiens assujetti, disait saint Paul (l Co 9, 27), qui proposait d'ailleurs en exemple la discipline des sportifs. Cette ascèse doit toutefois trouver son point d'ancrage dans la liturgie, dans son « orientation » vers le Christ ressuscité. C'est un exercice qui nous amène à accepter l'autre dans son altérité, un entraînement à l'amour, à l'acceptation du Tout-Autre - Dieu - dans le but de nous laisser former et utiliser par lui. La participation du corps dans la liturgie du Verbe incarné s'exprime par une certaine discipline du corps, en des gestes qui se sont développés à partir des exigences intérieures de la liturgie et qui manifestent son essence pour ainsi dire corporellement. Ces gestes peuvent varier par certains détails d'une culture à l'autre mais, dans leurs formes essentielles, ils appartiennent à la culture de la foi. En cela ils forment un langage commun qui franchit les limites des différentes cultures humaines. Tentons d'en délimiter les contours.


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   9) Histoire et cosmos vont de pair

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Sources :Texte original des écrits du Saint Père Benoit XVI -  E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 11.08.2025