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Léon XIV : Une année avec « un fils de saint Augustin »
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Le 11 mai 2026 -
E.S.M.
- Lorsqu’il fit sa première
apparition sur la loggia centrale de la basilique
Saint-Pierre, vêtu de ses habits pontificaux, Léon XIV
se déclara immédiatement « fils de saint
Augustin ». Il s’agissait là d’une affirmation d’identité, forte
et immédiate, qui s’avéra rapidement être une caractéristique
fondamentale pour comprendre ce pontife et son pontificat.
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Léon XIV
Léon XIV : Une année avec « un fils de saint Augustin »
By
Andrea Gagliarducci
Le 11 mai 2026 -
E.S.M. - Lorsqu’il fit sa première apparition sur la loggia
centrale de la basilique Saint-Pierre, vêtu de ses habits
pontificaux, Léon XIV se déclara immédiatement « fils de saint
Augustin ». Il s’agissait là d’une affirmation d’identité, forte
et immédiate, qui s’avéra rapidement être une caractéristique
fondamentale pour comprendre ce pontife et son pontificat.
Au fond de lui, Léon XIV reste un frère. Il aime la vie
communautaire, dont il cherche à tirer le plus de nourriture
possible. C’est un grand auditeur. Il considère le gouvernement
comme un service. Il cherche un sens – le sens divin – dans les
événements du monde en pèlerinage à travers l’histoire et dans les
vicissitudes de la vie quotidienne.
Pour autant, Léon XIV reste un mystère pour beaucoup, même après un
an à la tête de la papauté.
Le pape n’a mis en œuvre aucune révolution. Il a fait preuve d’une
grande continuité avec le pape François, mais aussi de différences
d’approche sur certaines questions. Il a réformé quelques points
mineurs et a même nommé certaines figures clés (le nouveau
vice-secrétaire d’État ; son successeur au poste de préfet du
Dicastère pour les évêques). En réalité, cependant, il n’a ni clos
d’anciens processus ni en a initié de nouveaux.
Le processus synodal poursuit son chemin semé d’embûches, avec la
publication des rapports des groupes de travail et d’autres
déclarations, et on ne sait absolument pas dans quelle mesure Léon
XIV les apprécie. En Allemagne, les évêques les plus idéologiques
poursuivent leur chemin synodal, allant même jusqu’à faire fi des
déclarations du pape lui-même. Le milieu traditionaliste de la
Fraternité sacerdotale Saint-Pie X
a déjà annoncé qu’il ordonnerait de nouveaux évêques, même sans
mandat papal.
En bref, les polarisations au sein de l’Église, qui s’étaient
intensifiées face au style de gouvernance personnaliste et parfois
dur du pape François, ne sont pas encore résolues. Certaines
questions brûlantes subsistent et continueront de le faire. Le
problème, cependant, est probablement autre. Le problème est que les
priorités de Léon XIV sont différentes. Et elles résident
précisément dans le charisme augustinien.
C’est pourquoi, un an après son élection, il ne suffit pas de
simplement dresser le bilan de ses 365 jours à la tête de l’Église.
Il faut plutôt plonger au cœur de l’âme augustinienne du pape. Un
ouvrage publié par la Libreria Editrice Vaticana, intitulé « Free
Under Grace », rassemble tous les discours de Robert Francis
Prevost OSA prononcés au cours de ses deux mandats à la tête des
Augustins. Le livre n’est pour l’instant disponible qu’en italien ;
ce qui suit est donc ma traduction en anglais de ces textes.
Cet ouvrage présente la spiritualité de Léon XIV, mais évoque
également sa conception de la gouvernance.
Commençons par la spiritualité. Léon XIV avait une conscience
profonde du sens de sa vocation sacerdotale. Dans l’un de ses
discours, il a abordé la question des vœux. Il a notamment évoqué le
vœu de chasteté qui, selon lui, revêt « une grande importance
dans le monde d’aujourd’hui ». Il ne nie pas notre humanité. Il
nous appelle à découvrir la profondeur et la richesse de l’amour
humain. En renonçant librement à la possibilité d’entrer dans la
relation exclusive du mariage, nous nous rappelons à nous-mêmes et
aux autres qu’il existe une union d’amour et de don de soi encore
plus profonde que celle qui s’exprime dans le lien intime du
mariage. »
Dans tous les textes, la référence à Dieu est centrale, tout comme
la nécessité de se tourner vers Dieu. Mais la référence à l’Église
est également centrale, car, dit Prevost, l’Augustinien est un homme
profondément ecclésial.
« L’Église », écrit Prevost dans un article, « est
contestée et même considérée comme une pierre d’achoppement. Être
authentiquement Église et penser avec l’Église reste aujourd’hui un
défi réel et nécessaire. »
Mais le général des Augustins de l’époque s’interrogeait également
sur ce que signifiait transmettre la foi ; il était conscient que «
les jeunes ne rejettent pas le discours théologique », mais qu’ils
éprouvent plutôt « de l’aliénation, de l’incompréhension, de la
distance » à son égard.
Pourtant, Prevost connaît le poids des institutions et des symboles.
« Ce que le vêtement religieux ou certaines formes extérieures de
prière représentaient pour une génération », écrit-il, « n’a
plus cette signification pour les jeunes d’aujourd’hui. Cependant,
sans ces signes, il sera difficile d’apprécier le sens du sacré dans
nos vies. »
Tout, cependant, a commencé par la responsabilité personnelle. «
En tant que religieux », écrivait celui qui allait devenir pape,
« nous sommes appelés à évangéliser en partant de ce que nous
sommes, plutôt que de ce que nous faisons. » Et encore : «
Trouver Dieu dans le monde qui nous entoure est, idéalement, l’un de
nos grands défis. » Et enfin : « Une culture en crise est
nécessairement une culture en quête. Les chrétiens sont appelés à
être des professionnels de la recherche du sens humain. »
Ces extraits sont tirés de discours prononcés dans diverses
circonstances, aux quatre coins du monde et à différentes occasions.
Ils forment toutefois un tout cohérent, dressant le portrait de
Robert Francis Prevost, l’homme. Il ne manque pas de recourir à des
citations issues de la culture populaire, se révèle être un fin
connaisseur de la scène théâtrale et musicale, et met à profit sa
familiarité avec la culture pop dans une démarche d’inculturation
qui vise néanmoins à ne jamais affaiblir la foi.
Son évolution au cours des treize années qui s’étendent de 2001 à
2014 est frappante. Ses premiers discours sont plus naïfs, plus
directs dans son style de gouvernance, plus pratiques et plus
enclins à l’idée qu’une voie concrète doit être établie. Au fil du
temps, Prevost devient moins direct dans l’expression de ses
concepts, plus disposé à prendre en compte le contexte plus large.
Mais cette évolution dans la gouvernance, qui s’apparente presque à
un adoucissement dû à une plus grande familiarité avec le rôle, va
de pair avec les changements de la société qui l’entoure.
Prévost est devenu général peu après le 11 septembre 2001, et ses
premiers discours évoquaient un monde qui, malgré tout, se percevait
encore comme chrétien. Mais, au fil du temps, le langage a évolué
vers celui d’un monde en crise, auquel Prévost a répondu en
intensifiant sa quête de sens, en se tournant vers l’histoire de
l’ordre des Augustins, en s’inspirant de l’exemple des saints et des
martyrs, et en explorant la spiritualité.
Tout cela nous donne aujourd’hui un pape qui a fait de la centralité
du Christ son objectif premier de gouvernance.
C’est un pape qui comprend le poids des symboles et qui n’hésitera
donc pas à y recourir lorsque cela s’imposera. Après tout, il a
immédiatement recommencé à porter la mozzetta rouge que le pape
François avait toujours rejetée et est retourné vivre tranquillement
au Palais apostolique du Vatican.
Cela nous donne également un pape qui mène une vie régulière,
recherche l’équilibre et vit autant que possible comme un frère,
convaincu de sa vocation et désireux de célébrer la messe dès qu’il
le peut.
C’est un pape qui a appris à gouverner en tant que général d’un
ordre religieux présent dans le monde entier, qui a parcouru le
monde et connaît les réalités du terrain. C’est donc un pape qui ne
prend pas de décisions hâtives ou injustement sévères, mais qui
recherche plutôt l’équilibre.
Cela ne conduira pas à des bouleversements majeurs et soudains. Il
n’y aura pas de nominations inattendues au sein de la Curie, mais
des nominations ciblées, à commencer par les cinq nouveaux chefs de
dicastères qui seront choisis cette année (les préfets des
dicastères des Laïcs, de la Famille et de la Vie ; du Développement
humain intégral ; du Culte divin ; de l’Unité des chrétiens ; et des
Causes des saints ont plus de 75 ans).
Il n’y aura pas de réformes improvisées, mais des décisions mûrement
réfléchies après un examen attentif. La collégialité épiscopale sera
renforcée, car ce modèle associe chacun au processus décisionnel, en
reconnaissant que le pouvoir est avant tout un service.
Et il y aura de plus en plus de références à La
Cite de dieu, qui est en quelque sorte le principe directeur de
ce pontificat. La Cité de Dieu, qui demande à chacun de tendre vers
les choses d’en haut, car c’est là que nous avons notre place. En
effet, La Cité de Dieu semble être le premier et véritable théorème
diplomatique de Léon XIV.
Si quatorze années de direction augustinienne ont transformé l’homme
qui est devenu le pape, nous pouvons supposer – voire espérer –
qu’il deviendra plus augustinien à mesure qu’il continuera à exercer
sa fonction de pontife et qu’il se familiarisera de plus en plus
avec son rôle de chef de l’Église universelle.
En fin de compte, nous ne sommes pas face à un pape figé dans une
position spécifique, mais à un pape capable de mûrir dans sa
gouvernance tout en continuant à grandir dans la foi.
Mondayvatican -
Traduction
E.S.M
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Sources
:
-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 11.05.2026
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