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Message du pape Léon XIV à l'occasion de la 34è Journée mondiale des malades

Le 11 février 2026 - E.S.M.Chaque 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, l'Église catholique célèbre la Journée mondiale des malades, la première sous le pontificat de Léon XIV, dont le thème cette année est « La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l'autre ». La Journée mondiale des malades a été instituée par Saint Jean-Paul II le 13 mai 1992.Le 11 février 2026 -

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Message du pape Léon XIV à l'occasion de la 34è Journée mondiale des malades

Fête de Notre-Dame de Lourdes

Message du pape Léon XIV à l'occasion de la 34ème Journée mondiale des malades

Fête de Notre-Dame de Lourdes

Le 11 février 2026 - E.S.M. - Chaque 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes, l'Église catholique célèbre la Journée mondiale des malades, la première sous le pontificat de Léon XIV, dont le thème cette année est « La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l'autre ».

La Journée mondiale des malades a été instituée par Saint Jean-Paul II le 13 mai 1992, en réponse à la demande du cardinal Fiorenzo Angelini, alors président du Conseil pontifical pour la pastorale des agents de santé.

Dans la lettre qu'il a adressée au cardinal, le saint polonais a écrit que l'objectif de cette journée est de sensibiliser les catholiques et la société en général à « la nécessité d'assurer la meilleure assistance possible aux malades » et de les aider « à apprécier, sur le plan humain et surtout sur le plan surnaturel, la souffrance ».

Elle vise également à ce que les diocèses et les organisations religieuses « s'engagent dans la pastorale de la santé », à favoriser le volontariat, à renforcer « la formation spirituelle et morale des agents de santé » et à ce que les prêtres « comprennent mieux l'importance de l'assistance religieuse aux malades ».

Le Dicastère pour le service du développement humain intégral a souligné que cette année, la Journée mondiale des malades aura un caractère solennel et sera célébrée dans le diocèse de Chiclayo (Pérou), siège du ministère épiscopal de Mgr Robert Prevost (aujourd'hui Léon XIV) entre 2015 et 2023.

À cette fin, le pape a nommé le cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère, son envoyé spécial dans le diocèse péruvien, où il se trouve depuis dimanche soir dernier.

Le chrétien devient le prochain de celui qui souffre

Dans son message pour la XXXIVe Journée mondiale du malade, le pape Léon XIV explique que dans la parabole du bon Samaritain, « Jésus n'enseigne pas qui est le prochain, mais comment devenir le prochain, c'est-à-dire comment se rapprocher » de celui qui est dans le besoin.

En ce sens, il souligne que « l'amour n'est pas passif, il va à la rencontre de l'autre ; être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d'aimer. C'est pourquoi le chrétien devient le prochain de celui qui souffre, suivant l'exemple du Christ, le véritable Samaritain divin qui s'est approché de l'humanité blessée ».

Le pape a précisé qu'il ne s'agit pas « de simples gestes de philanthropie, mais de signes qui permettent de percevoir que la participation personnelle aux souffrances de l'autre implique de se donner soi-même, d'aller au-delà de la satisfaction des besoins, pour que notre personne fasse partie du don ».

Léon XIV rappelle également que, durant ses années en tant que missionnaire et évêque au Pérou, il a constaté « combien de personnes partagent la miséricorde et la compassion à la manière du Samaritain et de l'aubergiste », à travers un réseau de relations qui « dépasse le simple engagement individuel ».

En ce sens, le Souverain Pontife a rappelé que le soin des malades n'est pas seulement une « partie importante » de la mission de l'Église, mais « une authentique action ecclésiale ».

Aciprensa - Traduction  E.S.M
 

MESSAGE DU SAINT-PÈRE LÉON XIV
À l'OCCASION DE LA 34e JOURNÉE MONDIALE DU MALADE 2026

11 février 2026
La compassion du Samaritain : aimer en portant la douleur de l’autre

Chers frères et sœurs,

La 34e Journée Mondiale du Malade sera célébrée solennellement à Chiclayo, au Pérou, le 11 février 2026. C’est pourquoi j’ai voulu reproposer l’image du bon Samaritain, toujours actuelle et nécessaire pour redécouvrir la beauté de la charité et la dimension sociale de la compassion, afin d’attirer l’attention sur les nécessiteux et les personnes qui souffrent, comme sont les malades.

Nous avons tous entendu et lu ce texte émouvant de saint Luc (cf. Lc 10, 25-37). Un docteur de la Loi demande à Jésus qui est le prochain à aimer. Celui-ci répond en racontant une histoire : un homme qui voyageait de Jérusalem à Jéricho fut attaqué par des voleurs et laissé pour mort. Un prêtre et un lévite passèrent leur chemin, mais un Samaritain eut pitié de lui, banda ses blessures, l’emmena dans une auberge et paya pour qu’on s’occupe de lui. J’ai souhaité proposer une réflexion sur ce passage biblique, avec la clé herméneutique de l’Encyclique Fratelli tutti de mon cher prédécesseur le Pape François, où la compassion et la miséricorde envers les nécessiteux ne se réduisent pas à un simple effort individuel mais se mettent en œuvre dans la relation avec le frère nécessiteux, avec ceux dont on ne s’occupe pas et, à la base, avec Dieu qui nous donne son amour.

1 - Le don de la rencontre : la joie d’offrir la proximité et la présence.

Nous vivons immergés dans une culture de l’instantanéité, de l’immédiateté, de la précipitation, mais aussi du rejet et de l’indifférence qui nous empêche de nous approcher et de nous arrêter en chemin pour regarder les besoins et les souffrances autour de nous. La parabole raconte que le Samaritain, en voyant le blessé, ne “passa pas outre”, mais porta sur lui un regard ouvert et attentif, le regard de Jésus qui le conduisit à une proximité humaine et solidaire. Le Samaritain « s’est arrêté, lui a fait le don de la proximité, a personnellement pris soin de lui, a également payé de sa poche et s’est occupé de lui. Surtout, […] il lui a donné son temps ». [1] Jésus n’enseigne pas qui est le prochain, mais comment devenir le prochain, c’est-à-dire comment nous rendre proches. [2] À cet égard, nous pouvons affirmer avec saint Augustin que le Seigneur n'a pas voulu enseigner qui était le prochain de cet homme, mais de qui il devait se faire le prochain. En effet, personne n'est le prochain d'un autre tant qu'il ne s'en approche pas volontairement. C'est pourquoi celui qui a fait preuve de miséricorde est devenu son prochain. [3]

L’amour n’est pas passif, il va à la rencontre de l’autre ; être prochain ne dépend pas de la proximité physique ou sociale, mais de la décision d’aimer. C’est pourquoi le chrétien devient le prochain de celui qui souffre, suivant l’exemple du Christ, le véritable Samaritain divin qui s’est approché de l’humanité blessée. Il ne s’agit pas de simples gestes de philanthropie, mais de signes qui permettent de percevoir que la participation personnelle aux souffrances de l’autre implique de se donner soi-même. Cela suppose d’aller au-delà de la satisfaction des besoins pour que notre personne fasse partie du don. [4] Cette charité se nourrit nécessairement de la rencontre avec le Christ qui s’est donné pour nous par amour. Saint François l’expliquait très bien lorsqu’il disait, en parlant de sa rencontre avec les lépreux : « Le Seigneur lui-même me conduisit parmi eux », [5] parce qu’il avait découvert à travers eux la douce joie d’aimer.

Le don de la rencontre naît du lien avec Jésus-Christ que nous identifions comme le bon Samaritain qui nous a apporté le salut éternel et que nous rendons présent lorsque nous nous penchons sur notre frère blessé. Saint Ambroise disait : « Puis donc que nul n’est plus notre prochain que Celui qui a guéri nos blessures, aimons-Le comme Seigneur, aimons-Le aussi comme proche : car rien n’est si proche que la tête pour les membres. Aimons aussi celui qui imite le Christ ; aimons celui qui compatit à l’indigence d’autrui de par l’unité du corps ». [6] Être un dans l’Un, dans la proximité, dans la présence, dans l’amour reçu et partagé, et jouir ainsi, comme saint François, de la douceur de l’avoir trouvé.

2 - La mission partagée dans le soin des malades.

Saint Luc poursuit en disant que le Samaritain “fut ému”. Avoir de la compassion implique une émotion profonde qui pousse à l’action. C’est un sentiment qui jaillit de l’intérieur et conduit à s’engager envers la souffrance d’autrui. Dans cette parabole, la compassion est la caractéristique distinctive de l’amour actif. Elle n’est ni théorique ni sentimentale, elle se traduit par des gestes concrets : le Samaritain s’approche, soigne, prend en charge et s’en occupe. Mais attention, il ne le fait pas seul, individuellement ; « Le Samaritain a cherché un hôte qui pouvait prendre soin de cet homme ; nous aussi, nous sommes invités à nous mobiliser et à nous retrouver dans un ‘‘nous’’ qui soit plus fort que la somme de petites individualités ». [7] J’ai moi-même constaté, dans mon expérience de missionnaire et d’évêque au Pérou, combien de personnes font preuve de miséricorde et de compassion à l’exemple du Samaritain et de l’aubergiste. Les proches, les voisins, les professionnels de santé, les agents de la pastorale de la santé et tant d’autres qui s’arrêtent, s’approchent, soignent, portent, accompagnent et offrent ce qu’ils ont, donnent à la compassion une dimension sociale. Cette expérience, qui s’inscrit dans un réseau de relations, dépasse le simple engagement individuel. Ainsi, dans la Lettre apostolique Dilexi te, je n’ai pas seulement fait référence aux soins aux malades comme une “partie importante” de la mission de l’Église, mais comme une véritable « action ecclésiale » (n. 49). Je citais saint Cyprien pour montrer comment nous pouvons vérifier la santé de notre société à cette dimension : « Cette épidémie, qui semble si horrible et fatale, met à l’épreuve la justice de chaque individu et jauge l’esprit des hommes, vérifiant si les bien-portants se mettent au service des infirmes, si les parents s’aiment sincèrement, si les maîtres ont pitié de la souffrance de leurs serviteurs, si les médecins n’abandonnent pas les malades qui les supplient ». [8]

Être un dans l’Un signifie nous sentir véritablement membres d’un corps dans lequel nous portons, selon notre propre vocation, la compassion du Seigneur pour la souffrance de tous les hommes. [9] De plus, la douleur qui nous touche n’est pas une douleur étrangère ; c’est la douleur d’un membre de notre propre corps auquel notre Tête nous demande de venir en aide pour le bien de tous. En ce sens, elle s’identifie à la douleur du Christ et, offerte de manière chrétienne, elle accélère l’accomplissement de la prière du Sauveur lui-même pour l’unité de tous. [10]

3 - Animés par l’amour de Dieu, pour nous retrouver nous-mêmes et retrouver notre frère.

Dans le double commandement : « Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de tout ton esprit ; et ton prochain comme toi-même » ( Lc 10, 27), nous pouvons reconnaître la primauté de l’amour de Dieu et sa conséquence directe sur la manière d’aimer et d’entrer en relation de l’homme dans toutes ses dimensions. « L’amour du prochain est la preuve tangible de l’authenticité de l’amour de Dieu, comme l’affirme l’apôtre Jean : “Dieu, personne ne l’a jamais contemplé. Si nous nous aimons les uns les autres, Dieu demeure en nous, en nous son amour est accompli. […] Dieu est Amour : celui qui demeure dans l’amour demeure en Dieu et Dieu demeure en lui” ( 1 Jn 4, 12.16) ». [11] Même si l’objet de cet amour est différent : Dieu, le prochain, soi-même, et que nous pouvons les comprendre comme des amours distincts, ceux-ci sont toujours inséparables. [12] La primauté de l’amour divin implique que l’action de l’homme soit accomplie sans intérêt personnel ni récompense, mais comme manifestation d’un amour qui transcende les normes rituelles et se traduit par un culte authentique : servir le prochain, c’est aimer Dieu dans la pratique. [13]

Cette dimension nous permet également de remettre en cause ce que signifie s’aimer soi-même, ce qui implique de nous détourner de l’intérêt porté à l’estime de nous-même ou au sentiment de notre propre dignité fondés sur des stéréotypes de réussite, de carrière, de position ou de lignée, [14] et de retrouver notre vraie position devant Dieu et devant notre frère. Benoît XVI disait que « La créature humaine, qui est de nature spirituelle, se réalise dans les relations interpersonnelles. Plus elle les vit de manière authentique, plus son identité personnelle mûrit également. Ce n’est pas en s’isolant que l’homme se valorise lui-même, mais en se mettant en relation avec les autres et avec Dieu ». [15]

Chers frères et sœurs, « le véritable remède aux blessures de l’humanité est un mode de vie fondé sur l’amour fraternel qui trouve sa source dans l’amour de Dieu ». [16] Je souhaite vivement que cette dimension fraternelle, “samaritaine”, inclusive, courageuse, engagée et solidaire, qui trouve sa racine la plus intime dans notre union avec Dieu, dans la foi en Jésus-Christ, ne manque jamais dans notre style de vie chrétien. Enflammés par cet amour divin, nous pourrons vraiment nous donner en faveur de tous ceux qui souffrent, en particulier nos frères malades, âgés et affligés.

Élevons notre prière à la Bienheureuse Vierge Marie, Santé des Malades. Demandons son aide pour tous ceux qui souffrent, qui ont besoin de compassion, d’écoute et de réconfort, et implorons son intercession avec cette prière ancienne, qui était récitée en famille pour ceux qui vivent dans la maladie et la souffrance :

Douce Mère, ne t’éloigne pas,
ne détourne pas ton regard de moi.
Viens avec moi partout
et ne me laisse jamais seul.
Puisque tu me protèges autant
comme une véritable Mère,
fais que le Père,
le Fils et le Saint-Esprit me bénissent !

Je donne de tout cœur ma Bénédiction apostolique à tous les malades, à leurs familles et à ceux qui les assistent, aux travailleurs du secteur de la santé, aux personnes engagées dans la pastorale de la santé et tout spécialement à ceux qui participent à cette Journée mondiale du Malade.

Du Vatican, le 13 janvier 2026

LÉON PP. XIV
 



[1] François, Lettre enc. Fratelli tutti, (3 octobre 2020), 63.
[2] Cf. ibid., 80-82.
[3] Cf. S. Augustin, Sermons, 171, 2 ; 179 A, 7.
[4] Cf. Benoît XVI, Lettre enc. Deus Caritas est (25 décembre 2005), 34 ; St Jean-Paul II, Lettre ap. Salvifici doloris (11 février 1984), 28.
[5] S. François d’Assise, Testament 2 : Fonti Francescane, 110.
[6] S. Ambroise, Traité sur l’Évangile de saint Luc VII, 84.
[7] François, Lettre enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), 78.
[8] S. Cyprien, De mortalitate, 16.
[9] Cf. S. Jean-Paul II, Lettre ap. Salvifici doloris (11 février 1984), 24.
[10] Cf. ibid., 31.
[11] Exhort. ap. Dilexi te (4 octobre 2025), 26.
[12] Cf. ibid.
[13] Cf. François, Lettre enc. Fratelli tutti (3 octobre 2020), 79.
[14] Cf. ibid., 101.
[15] Benoît XVI, Lettre enc. Caritas in veritate (29 juin 2009), 53.
[16] François, Message aux participants du 33e Festival international des jeunes (MLADIFEST), Medjugorje, 1-6 août 2022 (16 juillet 2022).

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- Traduction  E.S.M

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Sources : -  E.S.M.
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Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 11.02.2026