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Deuxième dimanche de Pâques - Divine Miséricorde
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Le 10 avril 2026 -
E.S.M.
- L'Esprit
Saint est le souffle du Seigneur, et nous sommes des
créatures nouvelles, vivant en communion avec Jésus, en
contact avec son Esprit, qui nous introduit à une
Création nouvelle. De plus, Jésus dit aussi que
cet Esprit, qui nous renouvelle, est source de renouveau
au sens du pardon, d'une renaissance née du pardon.
C'est le beau message, la belle réalité du dimanche de
Pâques : l'Eglise a le pouvoir de pardonner, de recréer
sans cesse nos âmes.
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Le Christ Miséricordieux -
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Deuxième dimanche de Pâques - Divine Miséricorde
Pâques : nouvelle création, pardon et mission
Lectures :Ac 2,42-47; PS 117; 1P 1,3-9; Jn 20,19-31
Chers frères et sœurs,
Je voudrais vous proposer quelques réflexions sur certains
passages de cet Évangile.
Toute la tradition du Nouveau Testament nous enseigne que
Jésus est ressuscité le troisième jour après la crucifixion et que
ce troisième jour était le premier jour de la semaine; le jour de la
création, selon la tradition juive; le jour du soleil, selon la
tradition gréco-latine, qui devient ici, dans un sens tout à fait
nouveau, véritablement le premier jour, le premier jour du vrai
soleil levé sur le monde.
C'est le premier jour : avec ce jour commence la nouvelle
création, le temps nouveau commence, à partir de ce jour commence la
vie nouvelle. C'est toujours le jour du commencement, le premier
jour de notre vie. Il devient donc automatiquement le jour du
Seigneur. On ne l'appelle plus, comme autrefois, « le jour du soleil
» dans les langues méditerranéennes, mais « le jour du Seigneur »,
dies Domini, le jour du Dominus, domenica [en
italien], kyriake e méra en grec. C'est le jour du Ressuscité
et il le demeure toujours.
C'est pourquoi il est aussi devenu - pour employer une autre
expression — le jour de l'eucharistie. Les disciples savent que
c'est son jour, le jour où le Seigneur nous attend, est parmi nous
et vient à nous, se donner à nous comme nourriture. Ainsi, la « Cène
» par laquelle le Seigneur a institué la sainte eucharistie est
devenue le « sacrifice du matin », la rencontre avec Jésus qui se
renouvelle sans cesse le matin du premier jour. Avec Jésus, nous
commençons nos semaines, notre temps.
Dans la repaganisation du calendrier, le dimanche est
redevenu le dernier jour de la semaine, le jour du repos: nous
travaillons six jours, puis nous nous reposons. Mais pour nous,
chrétiens, il demeure toujours le premier jour, car le commencement,
c'est le Christ, et c'est avec ce commencement - le Christ - que
nous donnons naissance au temps et que nous entrons dans notre
travail, dans notre vie. C'est le jour où le Ressuscité nous attend,
le jour où il nous appelle et se donne à nous comme nourriture,
s'offre entre nos mains, entre dans nos cœurs.
Puis l'Evangile nous dit que le Seigneur nous salue deux fois
par ces mots : « La paix soit avec vous. » Ces paroles du Seigneur,
« La paix soit avec vous », sont avant tout réconciliation, pardon
de l'infidélité, de la fuite des disciples. Le Seigneur leur donne
sa paix, les accueille de nouveau dans sa paix, les réconcilie avec
lui-même et avec Dieu. Car seule la paix avec Dieu est la vraie
paix.
Les êtres humains sont des êtres en relation.
Essentiellement, notre existence est une relation.
La relation fondamentale de notre être est
notre relation avec Dieu. Et si cette relation fondamentale est
déséquilibrée, toutes les autres relations s'en trouvent perturbées,
comme en témoignent les situations chaotiques du monde. Or,
nous n'avons ni la capacité ni la force de créer par nous-mêmes une
relation juste avec Dieu, ce qui influence profondément la
construction de notre vie et de notre société : seul Dieu peut nous
donner cette paix fondamentale, source de la paix dans tous les
autres domaines.
« La paix soit avec vous » signifie donc non seulement qu'en
ce moment précis, le Seigneur rétablit la communion avec les
disciples infidèles, mais aussi qu'il apporte au monde la
réconciliation avec lui, qui nous donne cette relation fondamentale,
condition de toutes les autres relations. Il nous apporte sa paix,
la paix qu'il est le seul à pouvoir nous donner.
La sainte liturgie commence par ces mots : « La paix soit
avec vous. » Ce moment se renouvelle sans cesse lorsque le Seigneur
entre dans nos communautés et que le Ressuscité nous donne sa paix,
fondement de notre vie. Dans la liturgie, on peut alterner les deux
salutations : « Le Seigneur soit avec vous » et « La paix soit avec
vous », et c'est juste, car cela signifie que le Seigneur lui-même
est la paix qu'il nous offre ; il est notre être avec Dieu, car il
est l'être de Dieu avec nous. Il est la paix même !
Ainsi, la formule de la salutation du Seigneur est aussi
devenue une indication du mystère eucharistique, dans lequel il se
donne véritablement et, de cette manière, non seulement nous donne à
chacun la paix avec Dieu, mais aussi la paix commune dans la grande
communauté eucharistique, cette grande communion de paix qui
transcende toutes les frontières du monde.
Puis le Seigneur dit : « Comme le Père m'a envoyé, moi aussi
je vous envoie. » La rencontre avec le Seigneur est une mission.
Voir le Seigneur, recevoir sa paix, n'est jamais une chose purement
individuelle, qui ne concerne que moi. Il s'agit toujours d'une
dynamique de la mission.
En philosophie scolastique, on trouvait cette expression clé
: bonum diffusivum sui, signifiant qu'il est essentiel que le
bien se répande; la diffusion est inhérente à la définition même du
bien. Or, le Seigneur est le Bien en lui-même, et ce bien agit, se
répand et s'étend avec une nécessité intérieure. En ce sens, la
mission, le mandat, n'est pas un ajout à la vision du Ressuscité,
mais voir implique de participer à cette dynamique du bien qui se
répand et se dépasse pour transformer le monde. Nous nous sentons
impliqués dans cette dynamique ; le Seigneur vient parmi nous, nous
salue : « La paix soit avec vous », il se donne, il se donne à nous,
et ainsi nous sommes véritablement impliqués, engagés dans la
dynamique de son être pour nous tous. Prions donc pour être aidés à
voir véritablement le Seigneur, et pour que cette vision devienne
évangélisation, communication.
Alors Jésus « souffla », et ce geste nous fait penser à la
création du premier homme Selon la Genèse, Dieu avait façonné
l'homme à partir de boue, mais celui-ci était inerte. Alors il «
souffla » sur cet homme, lui insufflant son souffle, et ainsi
l'homme devint un être vivant (cf. Gn 2,7). Ici, le Seigneur réitère
le geste du Créateur : une nouvelle création s'opère. Le souffle du
Seigneur, son souffle même, nous crée comme des hommes nouveaux,
imprégnés de son Esprit.
L'Esprit Saint est le souffle du
Seigneur, et nous sommes des créatures nouvelles, vivant en
communion avec Jésus, en contact avec son Esprit, qui nous introduit
à une Création nouvelle. De plus, Jésus dit aussi que cet
Esprit, qui nous renouvelle, est source de renouveau au sens du
pardon, d'une renaissance née du pardon. C'est le beau message, la
belle réalité du dimanche de Pâques : l'Eglise a le pouvoir de
pardonner, de recréer sans cesse nos âmes.
Je ne souhaite pas revenir sur toute l'histoire de saint
Thomas, que nous connaissons tous très bien; je vais donc aller
droit au but. À la fin, Thomas répondit: « Mon
Seigneur et mon Dieu ! » C'est la formule de confession la
plus courte du Nouveau Testament, et en même temps la confession,
l'adoration, la prière fondamentale du christianisme : «
Mon Seigneur et mon Dieu ! » Tout
le Nouveau Testament culmine dans ces mots, tous les chemins du
Nouveau Testament y aboutissent, et notre chemin de foi doit lui
aussi nous mener à ce point: « Mon Seigneur
et mon Dieu ! » Connaître Jésus,
notre Dieu, et ainsi être en communion avec lui et vivre dans le
dynamisme de son amour.
Jésus dit aussi : « Heureux ceux qui n'ont pas vu et qui ont
cru », et c'est une béatification pour tous les croyants de tous les
temps, qui nous console et nous remplit de joie. Mais saint Grégoire
le Grand fait une observation qui me semble importante. Il dit que
saint Thomas a vu le Ressuscité, il a touché ses plaies, il a vu
l'homme mais n'a pas vu Dieu. Mais en voyant et en touchant l'homme,
ses yeux intérieurs se sont ouverts, et il a vu intérieurement par
la foi ce qu'il ne pouvait voir de ses yeux physiques. Il a vu par
la foi (Cf.
Grégoire LE GRAND, Homélies sur les Évangiles, Hom. 26, PL 76,
1201-1202.). Lui aussi, en voyant l'homme, a fait le « saut », ou
plutôt a reçu le don de croire en ce qu'il ne pouvait voir. En
entrant en contact avec Jésus homme, les yeux de son cœur
s'ouvrirent, et il vit avec les yeux de son cœur ce qu'il ne pouvait
voir physiquement. Et, voyant avec les yeux de son cœur, il confessa
: « Mon Seigneur et mon Dieu ! »
Nous aussi, nous pouvons, de bien des manières, toucher
l'homme Jésus, qui se rend très présent en ses saints, dans toutes
les réalités de la sainte Église.
Prions le Seigneur afin qu'en touchant et en contemplant ces
réalités humaines, les yeux du cœur s'ouvrent, pour que nous
puissions voir avec le cœur ce qui ne peut être vu par les yeux du
corps. Ainsi, nous aussi, de tout notre cœur, pourrons voir et
confesser: « Mon Seigneur et mon Dieu !
» Amen !
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Sources :Texte original des écrits du Saint Père Benoit
XVI -
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.)
Le 08 avril 2026
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