|
Moteur de recherche
|
 |
|
Ce n'est que si Dieu existe que l'eau existe
|
Le 08 mars 2026 -
E.S.M.
- Dieu
existe-t-il ? Et s'il existe, où le trouver ? Ce n'est
que si Dieu existe que cette eau existe. Autrement dit,
Jésus fait comprendre à la Samaritaine que la vraie eau,
dont l'homme a besoin, ne peut provenir que du vrai
Dieu. Ainsi, en fin de compte, il apparaît que lui,
Jésus, est la source, la fontaine d'eau vive. Ainsi, il
devient également clair que son Esprit apparaît dans le
mystère de la Trinité, que le Père dans le Fils nous
donne l'Esprit et nous donne ainsi la Vie, la source de
la vraie vie, de la vraie eau.
|
|
Jésus et la Samaritaine, Pierre Mignard -
Pour agrandir
l'image ►
Cliquer
Benoit XVI, La Samaritaine et la source d'eau vive
Lectures: Ex 17,3-7; PS 94; Rm 5,1-2.5-8 ; Évangile
Jn 4,5-42
Chers amis,
Dans les grands discours de Jésus que nous offre saint Jean,
apparaissent les images des éléments fondamentaux de la vie humaine
: l'eau, la lumière, le pain et le vin. Ces éléments essentiels à
notre vie biologique deviennent aussi, dans la perspective de Jésus,
des éléments du sacrement, un chemin de rencontre avec Dieu.
Chez tous les peuples qui, comme Israël, ont toujours été
exposés au désert et donc au problème de la pénurie d'eau, le don de
l'eau était perçu dans toute sa grandeur : seule l'eau donne la vie.
Et un puits qui ne s'assèche pas en temps de canicule, un puits qui
fournit toujours de l'eau, de l'eau fraîche, de l'eau pure, est un
don, un don de vie. Ainsi, celui qui a créé et construit le puits
est véritablement un père. Jacob, en offrant le puits à Israël,
demeure un père, car son don de vie, le don de l'eau qu'il nous
offre, perdure à jamais.
L'homme a besoin d'eau; l'eau, c'est la vie. Cependant, nous
ressentons une soif plus profonde, car notre vie n'est pas seulement
biologique ; l'homme n'est pas seulement biologie, il est aussi âme
et esprit. Par conséquent, notre soif est plus profonde; nous
aspirons profondément à la vie ; l'eau, c'est la vie, mais nous
aspirons à une vie encore plus radicale ; la soif de notre cœur
recherche la Vie elle-même.
Même les perversions de la soif que nous observons
aujourd'hui démontrent précisément que cette soif de la Vie
elle-même, de l'Infini, du Bien absolu, est enracinée dans le cœur
humain. Comment trouver cette eau qui est la Vie même ? De quoi
est-elle composée ? Où la trouver ? Il est clair que l'eau, la vie
que nous désirons, dont nous avons besoin, est amour véritable,
bonheur, vérité, lumière. Les véritables pères de l'humanité ne
peuvent être que ceux qui nous donnent cette vie, qui font jaillir
les sources de l'eau véritable, l'eau de la Vie: ici aussi, il
apparaît que cette soif est liée à Dieu.
Dans la conversation entre Jésus et la Samaritaine, ces
problèmes surgissent progressivement; deux questions en particulier
se dégagent. La première est celle de la culpabilité, de la
destruction qui, dans nos vies, nous rend incapables de puiser cette
eau. De même que dans la vie physique, il peut y avoir des fractures
de la hanche, du dos, etc., la cécité, la perte d'audition, de même
dans notre vie la plus profonde, dans la vie du cœur, il peut y
avoir des infirmités qui nous empêchent de bouger, d'entendre ou de
voir; d'où se pose la question de savoir qui nous aidera, qui nous
sauvera, afin que nous puissions accéder à l'eau vive.
Mais, de pair avec la question du salut, du retour à la vie
véritable, la question de Dieu se manifeste avec une importance
absolue : Dieu existe-t-il ? Et s'il existe, où le trouver ? Ce
n'est que si Dieu existe que cette eau existe. Autrement dit, Jésus
fait comprendre à la Samaritaine que la vraie eau, dont l'homme a
besoin, ne peut provenir que du vrai Dieu. Ainsi, en fin de compte,
il apparaît que lui, Jésus, est la source, la fontaine d'eau vive.
Ainsi, il devient également clair que son Esprit apparaît dans le
mystère de la Trinité, que le Père dans le Fils nous donne l'Esprit
et nous donne ainsi la Vie, la source de la vraie vie, de la vraie
eau.
Mais la question demeure: comment atteindre cette vie? Où est
le puits ? Où trouver les moyens de puiser cette eau des profondeurs
? Par nous-mêmes, nous sommes incapables d'atteindre cette
profondeur et d'y puiser la Vie. La réponse essentielle est que
Jésus, dans son Esprit, est la Vie ; en Jésus, l'eau de la vie est
venue, elle nous est devenue accessible. Cependant, tout au long de
l'histoire humaine, nous avons eu besoin de bâtisseurs de puits, de
ceux qui nous aident à trouver cette Vie et nous donnent les moyens
d'y puiser. Naturellement, le puits le plus réel, le plus vrai, le
plus essentiel est l'Écriture elle-même, la Parole de Dieu, à
laquelle nous nous abreuvons de l'eau vive. Mais l'Écriture sainte
est elle-même un puits profond, et c'est pourquoi nous avons aussi
besoin d'antres aides.
Ainsi, dans l'histoire de l'Église, les grands saints, les
grands docteurs, les grands maîtres de la foi sont comme des
bâtisseurs de puits, qui nous aident et deviennent pour nous des
pères de vie. Pensons aux Pères et docteurs de l'Église tels que
saint Augustin, saint Bonaventure, saint Thomas d'Aquin ; puis saint
François, saint Dominique, sainte Thérèse d'Avila et saint Jean de
la Croix, jusqu'à nos jours. Saint Jean Bosco est un véritable
bâtisseur de puits d'eau vive, qui nous aide, et d'autres, plus
proches de nous, sont aussi de véritables bâtisseurs de puits, qui
nous donnent les moyens de puiser l'eau des profondeurs. L'Évangile
d'aujourd'hui nous invite à dialoguer souvent avec eux, à aller avec
eux à la source, à trouver avec eux l'eau vive qui nous donne la
vie. En ce temps de Carême, nous voulons apprendre à nouveau à aller
à la source, à boire à l'eau vive, l'eau qui est la Vie même, et
aussi à conduire les autres à cette source et, malgré nos
faiblesses, à les aider à puiser l'eau aux profondeurs de la Parole
de Dieu et ainsi trouver la Vie.
Dans sa conversation avec la Samaritaine, Jésus va plus loin.
Non seulement il nous fait comprendre qu'avec lui, l'eau vive, Dieu
lui-même est entré dans l'histoire, et qu'avec ses amis, avec ses
disciples, nous pouvons puiser à cette eau, mais il dit aussi autre
chose: ce n'est pas sur telle ou telle montagne que nous adorerons,
mais nous adorerons « en esprit et en vérité ». Avec Jésus, une
nouvelle ère s'ouvre dans la relation de l'homme avec Dieu. Ces
montagnes - Garizim, Jérusalem - représentent les cultures
religieuses qui, aux premiers temps de l'histoire humaine, ont
permis d'accéder à l'eau vive. Avec Jésus, une ère nouvelle s'ouvre
: nous ne devons plus restreindre notre foi à un seul type culturel
et humain, mais nous pouvons nous affranchir de ces formes
culturelles et historiques de religion pour atteindre le même Dieu
vivant en Jésus Christ, en qui
nous transcendons les cultures religieuses pour accéder à la Vérité
du Dieu qu'il incarne et révèle.
Telle est la véritable nouveauté de l'« heure » de Jésus:
nous ne sommes plus confinés à des formes culturelles où Dieu
demeure inaccessible et limité. Jésus a ouvert cette frontière ; il
est Dieu lui-même, avec son visage. Le vrai Dieu se révèle en cet
homme Jésus, il nous parle, il devient eau vive en nous. Ainsi,
l'invitation à nous affranchir de toutes les cultures nationales, de
toutes les structures culturelles, pour aller vers Jésus lui-même et
donc vers Dieu lui-même, en priant en esprit et en vérité, se
renouvelle sans cesse. « En esprit et en vérité » n'est pas un
programme des Lumières, comme certains l'ont prétendu — c'est-à-dire
que nous aurions abandonné les religions pour penser uniquement de
manière rationnelle -, mais esprit et vérité sont le nom du Christ
et de son Esprit. Prions donc le Seigneur afin que nous nous
retrouvions toujours unis, dépassant les traditions culturelles pour
atteindre la vérité de l'Esprit de Dieu, et ainsi créer l'unité de
l'Église et, en définitive, l'unité de toute l'humanité. Certes,
nous aurons toujours des formes historiques et culturelles
spécifiques, et c'est aussi une bonne chose, mais il est important
qu'elles ne soient pas le dernier mot, que par ces structures nous
atteignions la réalité elle-même, l'Esprit, la Vérité, le Christ, le
vrai Fils de Dieu.
J'aimerais aborder le dernier point de cet Évangile. La
Samaritaine raconta à ses concitoyens ce qui s'était passé et
qu'elle comprenait que Jésus était peut-être vraiment le Messie, le
Dieu qui se révèle et nous sauve de toutes nos difficultés et de nos
péchés. Ses concitoyens vinrent l'inviter à rester avec eux et,
après quelques jours, ils dirent: « Maintenant, nous ne croyons pas
parce que tu as dit ceci ou cela, mais parce que nous avons compris
et reconnu qu'il est le Sauveur du monde. »
Autrement dit, d'une foi « indirecte », ils sont parvenus à
une foi « directe ». Ils ne croient plus simplement parce que
quelqu'un d'autre le dit, ils ne partagent plus la foi de quelqu'un
d'autre, car ils savent désormais qu'il est le Messie. Ils sont
parvenus à une foi, à une rencontre personnelle, directe et
immédiate avec Jésus Christ : ils croient « par eux-mêmes ». Ce
cheminement est important pour chacun de nous: nous commençons par
faire confiance à nos enseignants et aux autres, nous croyons avec
eux et parce qu'ils ont cru; mais il est essentiel que nous
parvenions à une rencontre personnelle avec Jésus et que, dans cette
rencontre, nous le voyions véritablement, le touchions et
comprenions qu'il est notre Sauveur et le Sauveur du monde. Ainsi,
nous vivons une foi « directe », une foi qui ne repose pas
uniquement sur les autres, mais par laquelle nous sommes nous-mêmes
touchés au plus profond de notre cœur par la personne même de Jésus.
Bien sûr, nous sommes toujours en mouvement, nous avons toujours
besoin de la grande communauté de l'Église pour pouvoir contempler
Jésus, mais nous devons aussi toujours cheminer vers une conversion
profonde et personnelle, vers une connaissance personnelle de Jésus
et ainsi vers une foi convaincue qui puisse aussi éclairer les
autres. En ce jour, rendons grâce à Dieu, qui nous a donné la source
d'eau vive, qui nous donne des puits, qui nous donne les moyens de
puiser à sa Vérité, aux profondeurs de sa Parole. Rendons grâce car
il s'est révélé et nous offre le don de l'eau de la vie, la Vie
elle-même.
Et prions pour le connaître toujours davantage et ainsi imiter
celui qui seul nous sauve, qui nous sauve tous. Amen!
►
Benoît XVI commente le dialogue entre Jésus et la Samaritaine
►
L'eau, écrit Benoît XVI, est l'un des éléments originaires de la vie
|
Les lecteurs qui
désirent consulter les derniers articles publiés par le site
Eucharistie Sacrement de la Miséricorde, peuvent
cliquer sur le lien suivant
► E.S.M.
sur Google actualité |
Sources :Texte original des écrits du Saint Père Benoit
XVI - méditations inédites-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) Le 08 mars 2026
|