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Le premier consistoire de Léon XIV sous le signe de la déception
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Le 08 janvier 2026 -
E.S.M.
- La première session du Consistoire
extraordinaire convoqué par le Pape Léon XIV a débuté ce
mercredi 7 janvier. Environ 170 cardinaux étaient
présents à son ouverture dans la salle du Synode, puis
lors des travaux en groupes en salle Paul VI, selon la
méthode synodale du dialogue et de l'écoute. Ce jeudi,
la discussion et la réflexion se sont poursuivies
pendant la première session matinale, précédée d'une
messe à l'autel de la chaire de Saint-Pierre concélébrée
par le Pape avec les cardinaux. Cet après-midi, s'est
tenue la troisième session de travail ainsi que la
conclusion de cette journée et demie de réflexion et de
prière.
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Léon XIV -
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Le premier consistoire de Léon XIV sous le signe de la déception
Le
08 janvier 2026 -
E.S.M. - Le premier consistoire extraordinaire du pontificat de
Léon XIV, tenu les 7 et 8 janvier 2026 au Vatican, a réuni près de
170 cardinaux dans la Salle du Synode. Officiellement consacré à la
définition des grandes orientations de l’Église pour les années à
venir, cet événement aura surtout confirmé l’adhésion quasi unanime
du Sacré Collège à la ligne missionnaire et synodale, tout en
laissant de côté — une fois de plus — la question liturgique,
pourtant essentielle dans la crise actuelle de l’Église.
Un sentiment de déjà-vu s’impose à l’observateur attentif. La
méthodologie adoptée reprend les recettes désormais bien rodées des
récents synodes : tables rondes, groupes linguistiques,
interventions chronométrées. Plus que le contenu des échanges, c’est
le « processus » qui semble primer. Le souverain pontife, absent des
discussions en petits groupes mais attentif aux synthèses finales, a
d’ailleurs tenu à souligner que le chemin parcouru ensemble
importait davantage que les conclusions formelles. Une affirmation
devenue leitmotiv du discours synodal contemporain.
Pour ouvrir les travaux, le cardinal dominicain Timothy Radcliffe -
peu suspect de traditionalisme - a été chargé d’une méditation
inaugurale destinée à orienter les débats. Appelant les « princes de
l’Église » à affronter avec courage les « tempêtes » du monde
moderne, des crises humanitaires aux scandales d’abus, le prélat a
soigneusement évité d’aborder d’autres tempêtes qui agitent pourtant
l’Église depuis plusieurs décennies.
Le couperet des priorités
Le cœur du consistoire reposait sur un vote déterminant. Quatre
thèmes avaient été proposés par le pape : l’évangélisation, la
réforme de la Curie, la synodalité et la liturgie. En raison de
prétendues « contraintes de temps », les cardinaux furent invités à
n’en retenir que deux, à la majorité.
Le résultat est révélateur. La synodalité et la mission ont été
largement plébiscitées, reléguant la liturgie — ainsi que la réforme
de la Curie — au rang de questions secondaires. Une décision lourde
de sens. Car si l’on peut discuter des moyens de l’action
missionnaire, il est pour le moins inquiétant de constater que la
prière publique de l’Église, lex orandi intimement liée à la lex
credendi, soit jugée non prioritaire.
Un silence qui en dit long
Ce silence sur la liturgie n’est pas passé inaperçu. Avant même
l’ouverture du consistoire, plusieurs médias, dont l’agence
d’information Zenit et la presse italienne, indiquaient qu’un groupe
non négligeable de cardinaux souhaitait précisément placer cette
question au centre des débats. Pour eux, la crise liturgique
actuelle est inséparable de la crise de la foi. Ils espéraient une
réflexion sérieuse sur les tensions provoquées par les restrictions
imposées par Traditionis custodes, ainsi qu’un geste d’apaisement
envers les fidèles attachés à la liturgie traditionnelle.
Rien de tel n’a eu lieu. Le « souffle » de l’Église — sa prière —
semble avoir été sacrifié sur l’autel de la synodalité. Le
porte-parole du Vatican, Matteo Bruni, a tenté de minimiser la
portée de cette mise à l’écart, affirmant qu’aucun thème n’était
définitivement exclu et que le pape avait été « informé de l’urgence
perçue » de certaines questions. Par qui ? Selon quels critères ? La
formulation reste volontairement floue. Il a également été précisé
que les sujets non retenus pourraient être « abordés dans le cadre
des thèmes choisis », une manière élégante, diront certains, de
diluer les problèmes plutôt que de les affronter.
Une stratégie d’évitement ?
Pour certains observateurs, cette décision relèverait d’un calcul
tactique. Élu depuis moins d’un an, Léon XIV chercherait à éviter
une confrontation directe sur un terrain liturgique devenu hautement
conflictuel, où s’opposent frontalement deux visions
irréconciliables de l’Église. En mettant l’accent sur la mission et
la synodalité, il tenterait de construire une unité d’action avant
de rouvrir des dossiers plus sensibles.
Mais cette stratégie comporte un risque majeur : celui de différer
indéfiniment le traitement d’une plaie béante. La liturgie n’est pas
un sujet parmi d’autres ; elle est le cœur battant de la vie de
l’Église. Tant que la question liturgique restera non résolue, toute
tentative de « paix ecclésiale durable » restera illusoire.
Ce consistoire aura donc laissé en suspens des enjeux fondamentaux.
La réforme administrative de la Curie et, surtout, la restauration
d’une liturgie fidèle à la tradition bimillénaire de l’Église sont
des dossiers que le pontificat de Léon XIV devra tôt ou tard
affronter, s’il veut véritablement garantir l’unité et la vitalité
de l’Église catholique. (Source)
Il n'y aura pas de texte final, comme l'a dit le Pape dans son
discours, l'objectif est d'apprendre un style collégial et synodal
pour «travailler ensemble» et «créer quelque chose de
nouveau».
►
Discours de Léon XIV pour l'ouverture du Consistoire extraordinaire
En ce matin du 8 janvier, le Pape Léon XIV a présidé la Sainte Messe
en la Basilique Vaticane avec les cardinaux réunis en Consistoire
Extraordinaire, dans le cadre des travaux convoqués pour la
réflexion et le discernement sur des questions pertinentes pour la
vie de l’Église. Lors de la célébration eucharistique, le Pontife a
prononcé une homélie dans laquelle il a souligné le sens spirituel
du consistoire comme temps d’écoute, de prière et de communion.
Dans sa réflexion, Léon XIV a insisté sur la nécessité d’un
discernement ecclésial libre de agendas personnels ou de groupe,
rappelant que le Collège Cardinalice n’est pas appelé à fonctionner
comme un organe technique, mais comme une communauté de foi au
service du Peuple de Dieu. Le Pape a situé l’Eucharistie comme le
lieu propre d’où orienter les travaux du consistoire, plaçant au
centre la charité, la communion et la responsabilité partagée avec
le Successeur de Pierre.
- Mgr. Barron alerte contre une synodalité qui dérive en relativisme
doctrinal
L’évêque de Winona-Rochester
(États-Unis), Robert Barron, a publiquement averti des risques d’une
synodalité mal comprise qui, au lieu de servir la mission de
l’Église, finirait par se transformer en un espace de débat
doctrinal et de relativisme théologique. Ses déclarations
interviennent dans le contexte des travaux du Consistoire des
Cardinaux, où la synodalité figure parmi les thèmes en considération
et, d’après ce que nous commençons déjà à voir après la première
journée, est aussi le modus operandi de l’événement.
Barron, qui a participé activement à des processus synodaux tant au
niveau local qu’à Rome, a souligné que les synodes peuvent être des
instruments utiles pour définir stratégies pastorales pratiques,
mais ne doivent pas se transformer en forums pour remettre en
question les enseignements déjà établis du Magistère.
Quand la doctrine est soumise au vote,
l’Église entre en crise
Dans
message diffusé sur le réseau social X,
l’évêque a rappelé son expérience en tant que délégué élu dans les
deux phases du Synode et en tant que président d’un synode
diocésain. Depuis cette autorité, il a soutenu que lorsque
l’enseignement doctrinal devient objet de « détermination synodale
», l’Église tombe dans le relativisme et l’autocomplaisance, une
dynamique qui - selon lui - est déjà observée avec clarté dans le
prétendu Chemin synodal allemand.
Barron a signalé que ce type de processus génère une insécurité
doctrinale et une sensation permanente de provisionalité qui finit
par paralyser la vie ecclésiale.
La référence à Ratzinger et à la théologie
de Communio
L’évêque a évoqué les fondateurs de la revue Communio -
Joseph Ratzinger, Hans Urs von Balthasar et Henri de Lubac- , qui se
sont distanciés de la publication Concilium précisément en raison de
son engagement à perpétuer le prétendu « esprit de Vatican II
». Selon Barron, ces grands théologiens reconnaissaient que les
conciles peuvent être nécessaires en certains moments historiques,
mais avertissaient aussi que l’Église ne peut rester indéfiniment en
état conciliaire.
« À la fin d’un concile, on soupire de soulagement », a
rappelé Barron, car l’Église peut alors reprendre son travail
essentiel. La maintenir dans un processus continu de délibération
génère confusion, hésitation et dérive pastorale, comme cela s’est
produit dans les décennies suivantes le Concile Vatican II.
Une synodalité au service de la mission,
non comme fin en soi
L’évêque américain a conclu en soulignant que, si la synodalité doit
se poursuivre, elle doit s’orienter exclusivement vers des moyens
pratiques pour que l’Église remplisse mieux sa mission : rendre un
culte à Dieu, évangéliser et servir les pauvres. De plus, il a
averti contre le danger de la transformer en un trait permanent et
définitoire de la vie ecclésiale.
Sinon - a-t-il affirmé - l’Église court le risque de perdre clarté,
vigueur et sens de sa propre mission. (Sources)
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Sources
:
-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 08.01.2026
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