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Paradoxalement, ce n'est pas Dieu qui est mort mais l'homme
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Le 07 février 2026 -
E.S.M.
- Paradoxalement, ce n'est pas Dieu qui est mort
mais l'homme, incapable d'écouter et de reconnaître
cette Présence dans l'histoire. Dieu est l'Être que nous
connaissons, notamment par les attributs naturels
auxquels nous pouvons l'identifier : perfection,
éternité, omniprésence. Et, dans la Révélation
chrétienne, c'est le Dieu qui a assumé l'homme - non pas
son apparence, mais l'homme véritable -, né en un temps
et un lieu déterminés.
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La majesté de Dieu (Michel-Ange) -
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Paradoxalement, ce n'est pas Dieu qui est mort mais l'homme
Pages précédentes sur le même
sujet :
La vie qui vient de Dieu et qui doit retourner à Lui
L'actuelle Union européenne, prône l'égalitarisme planétaire
Croyez-vous qu'en Occident, Dieu soit mort ?
Extraits du livre du cardinal Sarah,
tentative pour répondre aux interrogations de l'éditeur Cantagalli.
(Note de l'auteur)
Ce n'est pas moi qui l'affirme. C'est le
porte-parole même de l'Occident,
Friedrich Nietzsche, qui déclare d'une voix un peu
angoissée et avec un sentiment de culpabilité :
|
Où est passé Dieu
? [...] Nous l'avons tué - vous et
moi ! Nous sommes tous ses meurtriers ! Mais comment avons-nous fait
cela ? Comment avons-nous pu vider la mer ? Qui nous a donné
l'éponge pour effacer l'horizon tout entier ? [...] Dieu est mort !
Dieu reste mort ! Et c'est nous qui l'avons tué ! Comment nous
consoler, nous, les meurtriers des meurtriers ? Ce que le monde
avait possédé jusqu'alors de plus sacré et de plus puissant a perdu
son sang sous nos couteaux - qui essuiera ce sang de nos mains ?
Quelle eau pourra jamais nous purifier ? Quelles solennités
expiatoires, quels jeux sacrés nous faudra-t-il inventer ? La grandeur de cette action
n'est-elle pas trop grande pour nous ? Ne nous faut-il pas devenir
nous-mêmes des dieux pour paraître dignes de cette action ?
►
Friedrich Nietzsche, Le Gai Savoirs
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Paradoxalement, ce n'est
pas Dieu qui est mort mais l'homme, incapable
d'écouter et de reconnaître cette Présence dans l'histoire.
La question renvoie à la pensée de certains philosophes
européens. Elle me semble mal posée ou volontairement provocatrice,
d'abord et avant tout chez Nietzsche lui-même.
Dieu est l'Être que nous connaissons, notamment par les attributs
naturels auxquels nous pouvons l'identifier : perfection, éternité,
omniprésence. Et, dans la Révélation chrétienne, c'est le Dieu qui a
assumé l'homme - non pas son apparence,
mais l'homme véritable -, né en un temps et un lieu
déterminés. Comme tout homme, il est né, il a vécu et il est mort,
mais ce n'est pas en ce sens que s'entend ici l'affirmation « Dieu
est mort ». Il s'agit certes d'une formule très suggestive, mais
elle n'est pas vraie, car elle se révèle contradictoire dans les
termes : s'il .meurt, il n'a jamais été - éternel, parfait,
omniprésent ; autrement dit, nous refusons à l'Être certains des
attributs qui lui sont propres. Qu'indique donc cette affirmation ?
Certainement que l'homme, l'homme occidental, élevé dans ce que nous
reconnaissons comme une culture plus spécifiquement occidentale, a
perdu sa relation avec Dieu.
La culture occidentale est directement tributaire de
l'Antiquité classique, dans sa rencontre avec le christianisme ;
toutes les autres cultures qui entrent en contact avec elle doivent
se confronter au message fondamental du christianisme et, en se
l'appropriant, deviennent à leur tour des cultures chrétiennes :
Dieu est connaissable, il peut être expérimenté d'une certaine
manière, il s'est fait homme et demeure dans l'histoire ; de là
découlent aussi des valeurs qui ne sont pas déterminées par les
circonstances historiques, mais par une morale qui n'est plus
seulement liée aux besoins de survie de l'individu ou de la
communauté. On affirme surtout ici la nécessité pour l'homme, pour
chaque homme, de maintenir vivante la reconnaissance de ce qui s'est
passé dans l'histoire, la reconnaissance d'un fait qui dépasse
l'histoire et surpasse la capacité même de la raison.
Autrement dit, on affirme ici la nécessité
de la foi. Une foi qui doit être entendue d'une manière
nouvelle par rapport à l'époque préchrétienne : il s'agit d'une
relation qui implique et détermine la conscience de soi et l'action
de chaque chrétien. Il survient là un renversement : ce n'est pas la
raison qui détermine la possibilité ou la vraisemblance de l'objet,
mais c'est la foi qui permet à la raison d'émettre une hypothèse
permettant d'accéder à un objet plus élevé qu'elle, autrement dit
hors de portée de la raison proprement dite. Dieu existe
indépendamment de notre reconnaissance ; le Dieu incarné,
c'est-à-dire Jésus, existe dans l'histoire, même quand nous ne le
voyons pas, même quand nous ne réussissons pas à le reconnaître.
Comment donc a-t-on pu affirmer que Dieu est mort, si son
existence même fait resplendir l'homme et son intelligence, offre
une direction et un sens à l'agir ?
En l'homme, en chaque homme et dans les différentes sociétés
auxquelles il donne vie, nous reconnaissons
tous une dérive tendant à la domination, une tentative de
coercition, de possession, d'orientation de la réalité et des autres
qui entend s'affranchir du fait du Christ, du nouveau principe de
connaissance de la réalité qu'il a porté. La connaissance non
seulement au sens intellectuel, mais en tant que capacité et volonté
d'accompagner la réalité, de la pousser vers un accomplissement que
nous qualifions de « gloire
».
Face à la plus épouvantable tragédie à laquelle a conduit
cette incapacité ou ce détournement de la volonté loin de sa
finalité, là où se sont réalisés la domination et l'exploitation de
l'homme par l'homme, l'anéantissement de la dignité qui lui est
propre, tel qu'annoncé dans l'Apocalypse, face aux camps de
concentration apparus au cours de la première moitié du XXe
siècle, avons-nous latitude de proclamer que Dieu est mort ?
Ou devons-nous reconnaître que l'homme qui se
détourne de Dieu, qui veut se substituer à Lui,
accomplit ce que nous voudrions ensuite imputer à Dieu lui-même, en
l'accusant de ne pas avoir empêché ou évité ce que l'homme a voulu
mettre en pratique, en Le reniant, en
méconnaissant les droits de Dieu et, par conséquent, les droits de
l'homme ? L'homme a tenté de faire taire Dieu, ou plutôt il a
tenté par tous les moyens de faire en sorte qu'il ne soit plus
entendu.
Cette affirmation, « Dieu est mort
», cache en réalité une accusation.
L'accusé, c'est l'homme et non Dieu,
l'homme qui, ayant abandonné Dieu, emprunte les chemins du néant. Un
néant qui s'identifie à l'oubli de soi, à l'ivresse des idéologies,
ou à celle plus concrète de la fuite devant la réalité, qu'offrent
l'alcoolisme et la drogue, le consumérisme et la perte
d'appartenance à une communauté, l'oppression de l'homme par
l'homme.
La « mort de Dieu » est une expression commode pour justifier
la négation de la foi en Lui.
Le pape Jean-Paul II, lors de sa visite à Auschwitz-Birkenau,
l'a affirmé :
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«
Voici quelle est la victoire qui a vaincu le
monde : c'est notre foi. » (1Jn 5:4.) [...] De la foi qui
fait naître l'amour de Dieu et du prochain, l'unique amour, l'amour
suprême qui est prêt à « donner sa vie pour ses amis » (Jn 15:13 ;
10:11). [...]
Cette victoire de la foi et de l'amour [...] remportée en ce lieu
qui fut construit pour la négation de la foi -
de la foi en Dieu et de la foi en l'homme - et pour fouler
aux pieds radicalement non seulement l'amour, mais tous les signes
de la dignité humaine, de l'humanité.
Un lieu qui fut
construit sur la haine et sur le mépris de l'homme au nom d'une
idéologie folle. Un lieu qui fut construit sur la cruauté.
[ ...] Sur le lieu où la dignité de l'homme avait été foulée aux
pieds d'une manière aussi horrible voici la
victoire remportée par l'humanité. (Jean-Paul II,
Sainte Messe au camp de concentration d'Auschwitz-Birkenau, 1 juin
1979.) |
Dieu n'est pas mort ! Chaque fois que Dieu a été
accusé d'injustice, d'absence, jusqu'au paradoxe de sa mort -
prétendue -, on a toujours cherché à décharger l'homme de ses
responsabilité morales et de la nécessaire adhésion de la foi, qui
seule peut les soutenir.
Dieu n'est pas mort, mais les hommes qui vivent dans cette
société occidentale, nombre d'entre eux, expriment à Dieu une
demande d'être sauvés ; elle ne révèle pas une revendication ou une
accusation, mais c'est une demande de miséricorde :
Dieu n'est pas mort,
Dieu ne se tait pas, pour quiconque veut bien écouter et regarder
:
| Si ce peuple, par le seul fait
d'exister, témoigne de ce Dieu qui a parlé à l'homme et qui l'a pris
en charge, alors ce Dieu devait finalement mourir et son pouvoir
n'appartenir qu'à l'homme — à ceux qui se considéraient comme les
puissants et qui avaient su devenir les maîtres du monde Ibid
. |
Cette tentation revient tout au long de l'histoire, à travers
l'oppression, la guerre, l'élimination de l'autre. Le pape Benoît
XVI poursuit :
|
Avec la destruction
d'Israël, avec la Shoah, ils voulaient, en fin de compte, extirper
également la racine sur laquelle se fonde la foi chrétienne, en la
remplaçant définitivement par la foi fabriquée par soi-même, la foi
dans le pouvoir de l'homme, du plus fort. il y a ensuite la stèle en
polonais : on voulait avant tout, dans un premier temps, effacer
l'élite culturelle et éliminer ainsi le peuple comme sujet
historique autonome, pour le réduire, dans la mesure où il
continuait d'exister, à un peuple d'esclaves Ibid . |
Comment ne pas y voir le reflet de tant de tragédies d'aujourd'hui ?
Si l'humanité a traversé une « vallée sombre » à Auschwitz-Birkenau,
ce n'est pas à cause de la « mort de Dieu »,
mais du fait de la surdité, de l'aveuglement
de l'homme. La chose est certainement encore possible, en
raison de ce « mystère d'iniquité » qui ronge l'histoire depuis son
commencement. Pourtant, Dieu n'est pas mort, ni en Occident ni
ailleurs, témoin les martyrs de tous les temps et les multitudes
qui, aujourd'hui encore, souffrent pour la foi. On ne souffre pas
pour un mort, mais seulement pour Celui qui est présent et vivant,
Le cri de ces hommes et de ces femmes, qui est notre propre
cri, est une supplique à Dieu,
|
afin qu'il
pousse les hommes à se repentir, en
sorte qu'ils reconnaissent que la violence n'engendre pas la paix,
mais ne fait que susciter une autre violence - une spirale de
destructions, dans laquelle tous, en fin de compte, ne peuvent être
que perdants. Le Dieu auquel nous croyons est un Dieu de la raison -
d'une raison, cependant, qui n'est certainement pas une mathématique
neutre de l'univers, mais qui ne fait qu'un avec l'amour, avec le
bien. Nous prions Dieu et nous élevons un cri vers les hommes afin
que cette raison, la raison de l'amour et de la reconnaissance de la
force de la réconciliation et de Sa paix, prévale sur les menaces
qui nous entourent de l'irrationalité ou d'une fausse raison,
détachée de Dieu Ibid. |
Comme je
l'ai rappelé
à l'occasion du pèlerinage Paris-Chartres, le 21 mai 2018,
« la lumière est venue dans le monde, et les hommes ont
préféré les ténèbres à la lumière » (Jn 3:19).
La société occidentale, à travers les pouvoirs qui orientent les
choix personnels et dictent les normes de la coexistence,
a choisi
de s'organiser sans Dieu. : elle apparaît désormais livrée aux
lumières clinquantes et trompeuses de la société de consommation, du
profit à tout prix et de l'individualisme frénétique. C'est la
démonstration la plus éclatante qu'un monde sans Dieu - un monde
d'où l'homme a prétendu expulser Dieu, si tant est que ce soit
définitivement possible - est un monde de
ténèbres, de mensonges et d'égoïsme.
Dieu n'est pas mort, mais, sans sa lumière, la société occidentale
s'est transformée en bateau à la dérive dans la nuit, il n y a pas
assez d'amour pour accueillir les enfants, les protéger dans le sein
de leur mère, les défendre contre les agressions de la pornographie.
Privée de la lumière de Dieu, la société occidentale ne sait plus
respecter les personnes âgées, accompagner les malades jusqu'à la
mort, donner de la place aux plus pauvres et aux plus faibles. Elle
est abandonnée aux ténèbres de la peur, de la tristesse et de
l'isolement. Elle n'a rien d'autre à offrir que le vide et le néant.
Elle permet aux idéologies les plus folles de proliférer. Une
société occidentale sans Dieu risque de devenir le berceau d'un
terrorisme éthique et moral plus virulent et plus destructeur que le
terrorisme islamiste. Rappelons que Jésus nous a dit : « Ne craignez
donc pas ceux qui peuvent tuer le corps mais qui n'ont pas le
pouvoir de tuer l'âme. Craignez plutôt celui qui peut faire périr
l'âme et le corps dans la géhenne »
(Mt 10:28).
Cette description est certes crue, mais il faut être lucide et
réaliste. Je parle ainsi parce que, dans mon cœur de prêtre et de
pasteur, j'éprouve de la compassion pour tant d'âmes désorientées,
perdues, tristes, angoissées et solitaires.
Qui les conduira vers la lumière ? Qui leur montrera le chemin de la
Vérité, le seul vrai chemin de la liberté, qui est le chemin de la
Croix ? Les laisserons-nous sombrer dans l'erreur, le nihilisme
désespéré ou l'islamisme agressif sans rien faire ?
Nous devons recommencer à proclamer au monde que notre espérance
porte un nom : Jésus-Christ, l'unique sauveur du monde et de
l'humanité.
Nous devons choisir, aujourd'hui encore, nous réveiller, choisir la
Lumière, renoncer aux ténèbres !
Si Dieu n'est pas mort, comment pensez-vous que l'homme contemporain
puisse se laisser convaincre que Dieu est vivant et qu'il est
fondamental pour notre vie ?
Pages suivantes :
-
Le monde tel qu'il est devenu sous la domination de Satan et du péché
-
L'homme occidental vit comme si Dieu n'existait pas
-
Le silence n'est jamais un vide, c'est plutôt laisser parler Dieu
-
L'homme n'est grand que lorsqu'il est à genoux devant Dieu
-
Le christianisme n'ouvre pas un chemin parmi d'autres, mais c'est La
Voie !
-
Obéissance envers le Christ et envers Sa Parole
-
N'ayons pas peur de faire le silence autour de nous et en nous
-
Le pouvoir de l'intercession
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Sources : Extraits de
"Dieu existe-t-il" Entretien du cardinal Sarah avec David
Cantagalli -
E.S.M
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.)
Le 07 février 2026
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