|
Moteur de recherche
|
 |
|
S'allier avec Al-Qaïda : le pari audacieux des chrétiens du Mali
|
Le 06 juin 2026 -
E.S.M.
- Le pape Léon XIV s’apprête à entamer aujourd’hui
son deuxième grand voyage international de l'année,
direction l’Espagne. Mais entretemps, d'importantes
nouvelles viennent de tomber concernant le continent
africain, la destination de son précédent voyage.
|
|
Les
djihadistes du JNIM et les séparatistes touaregs
S'allier avec Al-Qaïda : le pari audacieux des chrétiens du Mali
Le 06 juin 2026 -
E.S.M. - Le pape Léon XIV s’apprête
à entamer aujourd’hui son deuxième grand voyage international de
l'année, direction
l’Espagne. Mais entretemps, d'importantes nouvelles
viennent de tomber concernant le continent africain, la destination
de son
précédent voyage.
Lundi 1er
juin, le pape a reçu en
audience le nonce au Mali, l'archevêque ivoirien Mambé Jean-Sylvain
Emien, sans doute pour obtenir de sa part plus d'informations sur les événements
en cours dans ce pays du Sahel.
Le pape Léon avait attiré l'attention sur le Mali après le
Regina Coeli du dimanche 10 mai. Il s'était dit préoccupé par
« l'augmentation des violences dans la région du Sahel, en particulier au Tchad
et au Mali, frappés par de récents attentats terroristes ».
En effet, quelques jours plus tôt, on dénombrait pas moins de 40 victimes au
Tchad et, au Mali, 70 personnes abattues par les combattants djihadistes du Jnim,
un acronyme de Jama'at Nusrat al-Islam wal-Muslimin, c'est-à-dire le Groupe de
soutien à l'islam et aux musulmans, affilié à Al-Qaïda.
Mais, que ce soit au Mali comme dans l’ensemble du Sahel, on n’assiste pa
seulement à une simple augmentation des raids terroristes islamistes. L'État
islamique, Daesh, tout comme Al-Qaïda avec ses groupes armés, est en train de
renforcer, sur des territoires de plus en plus vastes, une domination assez
proche de celle qu'il exerçait en Syrie et en Irak à l'époque du Califat.
En février dernier, Daesh a même occupé pendant plusieurs heures l'aéroport
international de Niamey, la capitale du Niger. Une véritable humiliation pour
les militaires au pouvoir et leurs alliés, les mercenaires russes d'Africa
Corps. Ces derniers, héritiers du Groupe Wagner, ont remplacé les troupes
internationales et françaises – qui se sont définitivement retirées en 2022 –
pour défendre les gouvernements locaux contre les attaques islamistes.
Les seules défaites récemment essuyées par Daesh et ses alliés ont été contre
les troupes d'élite envoyées par les États-Unis au Nigeria et dans la région du
lac Tchad. C'est là qu'à la mi-mai, le numéro 2 de l'État islamique, Abou Bilal
al-Maïnouki, a été repéré et abattu. Il était le cerveau de l'expansion de
l’État Islamique du Nigeria vers les autres États du Sahel, en particulier le
Mali, le Niger et le Burkina Faso.
Au Mali, dont la population est presque entièrement musulmane et où les
chrétiens représentent un peu plus de 2 %, la domination islamiste s'étend
désormais à une grande partie du pays. Depuis des mois, la capitale elle-même,
Bamako, est encerclée et paralysée par le blocage presque total des
approvisionnements en carburant.
L'offensive est menée principalement par deux formations armées : les
djihadistes du JNIM et les séparatistes touaregs (sur la photo de Getty Images)
du Mouvement national de libération de l'Azawad, le MNLA. Ces derniers
combattent depuis des années pour l'indépendance de leurs terres dans le nord du
Mali, avec pour épicentre le carrefour caravanier historique de Tombouctou, en
amont du fleuve Niger.
En 2021, une junte militaire dirigée par le général Assimi Goïta s’est
emparée du pouvoir au Mali. Mais depuis novembre, alors que la capitale Bamako
est assiégée, cette junte essuie défaite après défaite, dont la mort du ministre
de la Défense, le lieutenant-général Sadio Camara. Récemment, l'avance des
rebelles a été si foudroyante qu'elle a contraint les mercenaires russes
à battre en retraite et à négocier avec l’ennemi une escorte pour quitter la
ligne de front.
Et ce n’est pas tout. La grande nouveauté de ces dernières semaines réside
dans le fait que les opposants politiques à la junte putschiste, qui rassemblent
des représentants marxistes, chrétiens et soufis sous le sigle CFR, Coalition
des forces pour la République, ont convenu d'une chose : pour évincer les
militaires arrivés au pouvoir avec le soutien de Moscou, il est nécessaire de
former une alliance incluant les islamistes du JNIM et les Touaregs du MNLA.
Dans un entretien accordé le 2 mai à France
24, le porte-parole de ces opposants politiques, Étienne Fakaba Sissoko,
a déclaré que des négociations étaient en cours avec les islamistes et les
Touaregs sur l'acceptation de la charia, la loi islamique déjà en vigueur dans
de vastes régions du pays. Il a précisé : « et moi, qui suis chrétien
catholique, on ne peut certes pas m'accuser de vouloir la charia », mais il
s'agit précisément de « devoir faire face à la réalité ». Selon lui, « avec le
JNIM, l'objectif est de reproduire le modèle déjà en place dans de nombreuses
régions. À Gao, Tombouctou et Kidal, les cadis, c'est-à-dire les juges
islamiques, jouent un rôle important dans toutes les affaires judiciaires, dans
toutes les matières civiles. Au lieu de laisser tout cela se dérouler dans un
état de chaos général, nous devons l'inscrire dans une Constitution qui nous
permettra de résoudre, une fois pour toutes, les questions relatives aux
revendications territoriales et au rôle des personnalités religieuses dans le
système de gouvernement national ». Sissoko a ajouté que cette même logique de
compromis devra s'appliquer aux Touaregs, afin de leur accorder l'autonomie tant
attendue dans le nord du pays par le biais d'une révision constitutionnelle.
Ce qui semblait impensable jusqu'à hier est donc en train de prendre forme au
Mali : une alliance de l'opposition politique avec un spectre de guérilleros
islamistes allant jusqu'à Al-Qaïda. Sissoko a toutefois prévenu que « tout doit
se faire dans un cadre où l'esprit de la République est sauvegardé, où la
démocratie renaît, et où l'intégrité territoriale est préservée. Ce sont des
lignes rouges pour nous ».
En rapportant la nouvelle de cette alliance naissante le 4 mai, l'agence
vaticane « Fides »
a titré : « Un possible "scénario syrien" pour le Mali ? ».
Il existe effectivement une similitude entre ce scénario et les événements
survenus en Syrie à la fin de l'année 2024, à lors de la chute du régime
prorusse d'Assad sous les coups d'Ahmed al-Charaa. Ce dernier, ancien chef d'une
formation djihadiste affiliée à Al-Qaïda, s'est transformé en défenseur d'un
gouvernement ouvert aux différentes composantes de la société syrienne.
Certes, parmi les chrétiens de Syrie, les sceptiques ont des raisons d’être
inquiets, surtout après le terrible attentat commis il y a un an contre l'église
Saint-Élie à Damas par des kamikazes musulmans, qui a fait 30 morts et 60
blessés. On reproche à Charaa son manque de contrôle sur les franges islamistes
extrémistes.
Cependant, il faut aussi prendre en compte la rencontre historique du
dimanche 26 octobre 2025 entre Charaa et le patriarche d'Antioche Jean X, dans
la cathédrale mariamite de Damas. Lors de cet entretien, le président syrien
s'est inspiré d'un verset du Coran pour exprimer sa volonté de réconciliation :
« Tu trouveras que les plus proches des croyants [musulmans] par l'amitié sont
ceux qui disent : "Nous sommes chrétiens". Damas est le premier lieu de
coexistence de l'humanité. Sa promesse est un pacte et un devoir, avec tout mon
amour ».
De son côté, au cours de cette même rencontre, le patriarche Jean X a rappelé
l'Ashtiname de Mahomet. Il s'agit de la lettre adressée en 623, l'année suivant
sa fuite de La Mecque à Médine, aux moines du monastère Sainte-Catherine du
Sinaï, dans laquelle le Prophète promettait de s'engager à défendre la liberté
de culte des chrétiens et leurs biens.
Sandro Magister est le vaticaniste émérite de l'hebdomadaire
L'Espresso.
Articles les plus
récents :
-
Magnifica humanitas : Magnifique encyclique, mais aussi incohérente sur la guerre et la paix
-
Magnifica humanitas de Léon XIV : La première encyclique sans version latine
-
Lettre encylique MAGNIFICA HUMANITAS du Saint-Père Léon XIV
-
Le mystère du Saint-Esprit - Homélie pour la Pentecôte 2026
|
Les lecteurs qui
désirent consulter les derniers articles publiés par le site
Eucharistie Sacrement de la Miséricorde, peuvent
cliquer sur le lien suivant
► E.S.M.
sur Google actualité |
Sources
: diakonos.be-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 06.06.2026
|