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Léon XIV clôt le Jubilé en invitant l’Église à diffuser le parfum de la vie
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Le 06 janvier 2026 -
E.S.M.
- À l'occasion de la solennité de
l'Épiphanie du Seigneur, le pape Léon XIV a fermé la Porte
Sainte de Saint-Pierre, la dernière encore ouverte parmi
les basiliques papales de Rome, clôturant ainsi
officiellement l'Année Sainte. Le Saint-Père met en garde
contre la violence qui tente de s'emparer du Royaume de
Dieu et contre «l'économie faussée» qui tire profit de
tout. Il exhorte à rechercher la paix et à ne pas
transformer les lieux sacrés en monuments, mais à y
diffuser «le parfum de la vie». L'Enfant que les mages
adorent est un Bien qui n'a ni prix ni mesure ».
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Léon XIV -
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Léon XIV clôt le Jubilé en invitant l’Église à diffuser le parfum de la vie
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
Le
06 janvier 2026 -
E.S.M. -
Le claquement des battants de la Porte Sainte a résonné au sein de
la basilique Saint-Pierre dans la matinée de ce 6 janvier, au début de la messe en la solennité
de l’Épiphanie, marquant officiellement la fin de l’Année sainte 2025. Les 10.000
fidèles rassemblés sur la place devant la basilique pétrinienne ont suivi à
l’aide d’écrans géants l’adoration silencieuse, à genoux, du Pape Léon XIV
devant l’œuvre en bronze du sculpteur toscan Vico Consorti, l’une des cinq
portes ouvertes par le Pape François lors des festivités de noël de 2024.
«Cette Porte Sainte se referme, mais la porte de ta miséricorde ne se
fermera jamais» a déclaré Léon XIV lors de la prière d’action de grâce,
conclue comme le veut le rite par une invocation pour que les «trésors»
de la grâce divine restent ouverts, «afin qu'à la fin de notre pèlerinage
terrestre, nous puissions frapper avec confiance à la porte de ta maison et
goûter les fruits de l'arbre de vie».
Après la fermeture de la porte, qui marque le passage de la grâce jubilaire à
la vie quotidienne, l’hymne officiel du Jubilé a retenti pour la dernière fois,
entonné par les 5800 personnes présentes dans la basilique Saint-Pierre. Ce
rituel, qui vient clore l’Année sainte 2025 placée sous le signe de l’espérance,
coïncide volontairement avec la célébration de l’Épiphanie du Seigneur, qui
marque «le début de l’espérance».
Les Mages, pèlerins du quotidien
Dans son homélie, le Pape s’est dans un premier temps arrêté sur
l’ambivalence des sentiments présents dans l’Évangile (cf. Mt 2, 1-12).
Il décrit aussi bien la grande joie des Rois mages lorsqu’ils ont revu l’étoile
(cf. v. 10), mais aussi «le trouble ressenti par Hérode et tout Jérusalem en
présence de leur recherche» (cf. v. 3). «Chaque fois qu’il s’agit des
manifestations de Dieu, a expliqué l’évêque de Rome, l’Écriture Sainte ne
cache pas ce genre de contrastes: joie et trouble, résistance et obéissance,
peur et désir». Pourtant, a souligné le Saint-Père, «il est surprenant
que Jérusalem», une «ville témoin de tant de nouveaux départs», soit «troublée» ou
encore «effrayée par ceux qui viennent de loin, animés par l’espérance, au
point de percevoir une menace dans ce qui devrait au contraire lui procurer
beaucoup de joie». «Cette réaction, a expliqué Léon XIV, nous interpelle
également, en tant qu’Église».
Mais l’Église, a poursuivi le Souverain pontife, doit aussi être interpellée
par les milliers d’hommes et de femmes qui ont franchi son seuil lors du passage
des Portes Saintes de la ville éternelle, chacun motivé par sa propre recherche
spirituelle. «Qu’ont-ils trouvé?», s’interroge Léon XIV, «quels cœurs,
quelle attention, quelle correspondance?». «Oui, a-t-il affirmé, les
Mages existent encore. Ce sont des personnes qui acceptent le défi de risquer
chacun son propre voyage, et qui, dans un monde tourmenté comme le nôtre,
repoussant et dangereux à bien des égards, ressentent le besoin d’aller, de
chercher».
Une foi vivante et vivifiante
Le Pape a invité l’Église à ne pas craindre ces «vies en chemin», «ce
dynamisme», mais plutôt à «bien le saisir et à l’orienter vers Dieu qui
l’inspire». «C’est un Dieu qui peut nous troubler, admet Léon XIV,
car il ne reste pas immobile entre nos mains comme les idoles d’argent et d’or:
il est au contraire vivant et vivifiant, comme cet Enfant que Marie a trouvé
dans ses bras et que les Mages ont adoré». Mais, les cathédrales, les
basiliques, les sanctuaires doivent «diffuser le parfum de la vie,
l’impression indélébile qu’un autre monde a commencé». Le Saint-Père
interpelle à nouveau le peuple de Dieu: «Demandons-nous: y a-t-il de la vie
dans notre Église? Y a-t-il de la place pour ce qui naît? Aimons-nous et
annonçons-nous un Dieu qui remet en route?».
La joie jubilaire, éternelle recommencement
«Combien il est important que ceux qui franchissent la porte de l’Église
sentent que le Messie vient de naître, qu’une communauté née de l’espérance s’y
rassemble, qu’une histoire de vie s’y déroule!» a exhorté le Pape. «Le
Jubilé est venu nous rappeler qu’il est possible de recommencer, et même que
nous n’en sommes qu’au début, que le Seigneur veut grandir parmi nous, qu’il
veut être Dieu-avec-nous», assure-t-il. La joie de l'Évangile «libère»,
«rend prudent», certes, mais aussi «audacieux, attentif et créatif; elle
suggère des voies différentes de celles déjà empruntées», a souligné le
Pape. Elle suggère les voies de Dieu, bien différentes de celles du monde: «Ses
voies ne sont pas nos voies, les violents ne parviennent pas à les dominer, et
les puissants de ce monde ne peuvent les bloquer».
Se réjouissant des épiphanies à venir, le Pape a mis en garde contre les «peurs
toujours prêtes à se transformer en agressivité», comme celles du roi
d’Hérode qui ordonna le massacre des enfants de Bethléem. «Depuis les jours
de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume des Cieux subit la violence, et
des violents cherchent à s’en emparer», a souligné le Pape, citant
l’expression tirée de l’Évangile selon saint Matthieu (Mt 11,12), qui ne
peut «ne pas nous faire penser aux nombreux conflits par lesquels les hommes
peuvent résister et même agresser la Nouveauté que Dieu réserve à tous». «Autour
de nous, une économie faussée tente de tirer profit de tout», a déploré
le Saint-Père. «Nous le voyons: le marché transforme en affaires même la soif
humaine de chercher, de voyager, de recommencer».
“Le Jubilé nous a-t-il appris à fuir ce type d’efficacité qui réduit
toute chose à un produit, et l’être humain à un consommateur? Après
cette Année, serons-nous davantage capables de reconnaître dans le
visiteur un pèlerin, dans l’inconnu un chercheur, dans celui qui est
loin un proche, dans celui qui est différent un compagnon de route?”
La génération de l'aurore
Loin des considérations marchandes, «L’Enfant que les Mages adorent est un
bien sans prix et sans mesure», a rappelé le Pape. «Il est l’Épiphanie de
la gratuité». Léon XIV a enjoint les fidèles à continuer d’être des «pèlerins
d’espérance», car la «fidélité de Dieu» les surprendra encore. «Si
nous ne réduisons pas nos églises à des monuments, si nos communautés sont des
foyers, si nous résistons ensemble aux flatteries des puissants, alors nous
serons la génération de l’aurore», a-t-il assuré. «Marie, Étoile du
matin, marchera toujours devant nous! En son Fils, nous contemplerons et
servirons une humanité magnifique, transformée non pas par des délires de
toute-puissance, mais par Dieu qui, par amour, s’est fait chair».
HOMÉLIE DU PAPE LÉON XIV
Basilique Saint-Pierre
Mardi 6 janvier 2026
Chers frères et sœurs,
L’Évangile (cf. Mt 2, 1-12) nous a décrit la grande joie des
Mages lorsqu’ils ont revu l’étoile (cf. v. 10), mais aussi le
trouble ressenti par Hérode et tout Jérusalem en présence de leur
recherche (cf. v. 3). Chaque fois qu’il s’agit des manifestations de
Dieu, l’Écriture Sainte ne cache pas ce genre de contrastes : joie
et trouble, résistance et obéissance, peur et désir. Nous célébrons
aujourd’hui l’Épiphanie du Seigneur, conscients que rien ne reste
comme avant en sa présence. C’est le début de l’espérance. Dieu se
révèle et rien ne peut rester immobile. Une certaine tranquillité
prend fin, celle qui fait répéter aux mélancoliques : « Rien de
nouveau sous le soleil » (Qo 1, 9). Quelque chose dont
dépendent le présent et l’avenir commence, comme l’annonce le
Prophète : « Debout, resplendis ! Elle est venue, ta lumière, et la
gloire du Seigneur s’est levée sur toi » (Is 60, 1).
Il est surprenant que ce soit troublée Jérusalem, ville témoin de
tant de nouveaux départs. En son sein, ceux-là mêmes qui étudient
les Écritures et pensent avoir toutes les réponses semblent avoir
perdu la capacité de se poser des questions et de cultiver des
désirs. Au contraire, la ville est effrayée par ceux qui viennent de
loin, animés par l’espérance, au point de percevoir une menace dans
ce qui devrait au contraire lui procurer beaucoup de joie. Cette
réaction nous interpelle également, en tant qu’Église.
La Porte Sainte de cette Basilique, qui est la dernière à être
refermée aujourd’hui, a vu le passage d’innombrables hommes et
femmes, pèlerins d’espérance, en route vers la Cité aux portes
toujours ouvertes, la nouvelle Jérusalem (cf. Ap 21, 25). Qui
sont-ils et qu’est-ce qui les a animés ? À la fin de l’année
jubilaire, la recherche spirituelle de nos contemporains, bien plus
riche que nous ne pouvons peut-être le comprendre, nous interpelle
avec une gravité particulière. Des millions d’entre eux ont franchi
le seuil de l’Église. Qu’ont-ils trouvé ? Quels cœurs, quelle
attention, quelle correspondance ? Oui, les Mages existent encore.
Ce sont des personnes qui acceptent le défi de risquer chacun son
propre voyage, et qui, dans un monde tourmenté comme le nôtre,
repoussant et dangereux à bien des égards, ressentent le besoin
d’aller, de chercher.
Homo viator, disaient les anciens. Nous sommes des vies en
chemin. L’Évangile engage l’Église à ne pas craindre ce dynamisme,
mais à bien le saisir et à l’orienter vers Dieu qui l’inspire. C’est
un Dieu qui peut nous troubler, car il ne reste pas immobile entre
nos mains comme les idoles d’argent et d’or : il est au contraire
vivant et vivifiant, comme cet Enfant que Marie a trouvé dans ses
bras et que les Mages ont adoré. Les lieux saints tels que les
cathédrales, les basiliques, les sanctuaires, devenus des
destinations de pèlerinage jubilaire, doivent diffuser le parfum de
la vie, l’impression indélébile qu’un autre monde a commencé.
Demandons-nous : y a-t-il de la vie dans notre Église ? Y a-t-il de
la place pour ce qui naît ? Aimons-nous et annonçons-nous un Dieu
qui remet en route ?
Dans le récit, Hérode craint pour son trône, il s’agite pour ce qui
échappe à son contrôle. Il tente de profiter du désir des Mages et
cherche à détourner leur quête à son avantage. Il est prêt à mentir,
il est prêt à tout ; la peur, en effet, aveugle. La joie de
l’Évangile, en revanche, libère : elle rend prudent, certes, mais
aussi audacieux, attentif et créatif ; elle suggère des voies
différentes de celles déjà empruntées.
Les Mages apportent à Jérusalem une question simple et essentielle :
« Où est celui qui vient de naître ? » (Mt 2, 2). Combien il
est important que ceux qui franchissent la porte de l’Église sentent
que le Messie vient de naître, qu’une communauté née de l’espérance
s’y rassemble, qu’une histoire de vie s’y déroule ! Le Jubilé est
venu nous rappeler qu’il est possible de recommencer, et même que
nous en sommes qu’au début, que le Seigneur veut grandir parmi nous,
qu’il veut être Dieu-avec-nous. Oui, Dieu remet en question l’ordre
existant : il a des rêves qu’il inspire encore aujourd’hui à ses
prophètes ; il est déterminé à nous racheter des servitudes
anciennes et nouvelles ; il implique des jeunes et des personnes
âgées, des pauvres et des riches, des hommes et des femmes, des
saints et des pécheurs dans ses œuvres de miséricorde, dans les
merveilles de sa justice. Il ne fait pas de bruit, mais son Royaume
germe déjà partout dans le monde.
Combien d’épiphanies nous sont données ou sont sur le point de nous
être données ! Mais elles doivent être soustraites aux intentions
d’Hérode, aux peurs toujours prêtes à se transformer en agressivité.
« Depuis les jours de Jean le Baptiste jusqu’à présent, le royaume
des Cieux subit la violence, et des violents cherchent à s’en
emparer » (Mt 11,12). Cette expression mystérieuse de Jésus,
rapportée dans l’Évangile de Matthieu, ne peut pas ne pas nous faire
penser aux nombreux conflits par lesquels les hommes peuvent
résister et même agresser la Nouveauté que Dieu réserve à tous.
Aimer la paix, rechercher la paix, c’est protéger ce qui est saint
et, précisément pour cette raison, en train de naître : petit,
délicat, fragile comme un enfant. Autour de nous, une économie
faussée tente de tirer profit de tout. Nous le voyons : le marché
transforme en affaires même la soif humaine de chercher, de voyager,
de recommencer. Demandons-nous : le Jubilé nous a-t-il appris à fuir
ce type d’efficacité qui réduit toute chose à un produit, et l’être
humain à un consommateur ? Après cette Année, serons-nous davantage
capables de reconnaître dans le visiteur un pèlerin, dans l’inconnu
un chercheur, dans celui qui est loin un proche, dans celui qui est
différent un compagnon de route ?
La manière dont Jésus a rencontré chacun et s’est laissé approcher
par tous nous enseigne à estimer le secret des cœurs que Lui seul
sait lire. Avec lui, nous apprenons à saisir les signes des temps
(cf. Conc. œcum. Vat. II, Const. past. Gaudium
et Spes, 4). Personne ne peut nous vendre
cela. L’Enfant que les Mages adorent est un bien sans prix et sans
mesure. Il est l’Épiphanie de la gratuité. Il ne nous attend pas
dans des lieux prestigieux, mais dans des réalités humbles. «
Et toi, Bethléem, terre de Juda, tu n’es certes pas le dernier parmi
les chefs-lieux de Juda » (Mt 2, 6). Combien de villes,
combien de communautés ont besoin d’entendre : « Tu n’es certes pas
le dernier ». Oui, le Seigneur nous surprend encore ! Il se laisse
trouver. Ses voies ne sont pas nos voies, les violents ne
parviennent pas à les dominer, et les puissants de ce monde ne
peuvent les bloquer. D’où la grande joie des Mages qui laissent
derrière eux le palais et le temple et partent vers Bethléem : c’est
alors qu’ils revoient l’étoile !
C’est pourquoi, chers frères et sœurs, il est beau de devenir des
pèlerins d’espérance. Et il est beau de continuer à l’être, ensemble
! La fidélité de Dieu nous surprendra encore. Si nous ne réduisons
pas nos églises à des monuments, si nos communautés sont des foyers,
si nous résistons ensemble aux flatteries des puissants, alors nous
serons la génération de l’aurore. Marie, Étoile du matin, marchera
toujours devant nous ! En son Fils, nous contemplerons et servirons
une humanité magnifique, transformée non pas par des délires de
toute-puissance, mais par Dieu qui, par amour, s’est fait chair.
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Sources
:
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E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 06.01.2026
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