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La réforme de Ratzinger et la redécouverte du sacré dans les cœurs

Le 05 janvier 2026 - E.S.M.Lors du prochain consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier, il sera également question de liturgie et nos pensées se tournent instinctivement vers Benoît XVI, à l'approche du troisième anniversaire de sa mort. Un héritage vivant et une proposition – celle de la « réforme de la réforme » – toujours valable car fondée sur la redécouverte du sacré dans les cœurs qui reconnaissent la primauté de Dieu, explique à La Bussola Mgr Nicola Bux, théologien et ancien consulteur de l'ancienne Congrégation pour le culte divin sous le pontificat de Benoît XVI.

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La réforme de Ratzinger et la redécouverte du sacré dans les cœurs

De Stefano Chiappalone sur la NBQ :

Le 05 janvier 2026 - E.S.M. - Il ne s'agit pas d'une énième révolution, mais d'une nouvelle prise de conscience du Mystère, explique à La Bussola le théologien et ancien consulteur du Culte divin sous le pontificat de Ratzinger : Benoît XVI « a montré la nécessité de replacer la liturgie comme l'acte qui exprime la primauté à accorder à Dieu ». Un héritage vivant qui peut également s'adresser au consistoire.

Lors du prochain consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier, il sera également question de liturgie et nos pensées se tournent instinctivement vers Benoît XVI, à l'approche du troisième anniversaire de sa mort. Un héritage vivant et une proposition – celle de la « réforme de la réforme » – toujours valable car fondée sur la redécouverte du sacré dans les cœurs qui reconnaissent la primauté de Dieu, explique à La Bussola Mgr Nicola Bux, théologien et ancien consulteur de l'ancienne Congrégation pour le culte divin sous le pontificat de Benoît XVI.

Mgr Bux, quand on parle de Benoît XVI, il est presque inévitable de parler de liturgie. Pourquoi est-elle si centrale dans son œuvre et dans sa spiritualité ?
Certains liturgistes, indifférents au fondement dogmatique de la liturgie sacrée, ne reconnaissaient pas la compétence de Ratzinger en la matière. Pourtant, ses écrits montrent que la critique de la liturgie moderne repose sur une théologie fondamentale et dogmatique mûrement réfléchie et cohérente, incluant l'ecclésiologie et l'œcuménisme. Le fait est que ces critiques sont invalidées par la conviction, pas toujours déclarée, que la liturgie relève exclusivement de la compétence humaine. Devenu pape, avec le motu proprio Summorum Pontificum et l'exhortation apostolique Sacramentum Caritatis, il a montré la nécessité de replacer la liturgie comme l'acte qui exprime la primauté à donner à Dieu. Une de ses affirmations fondamentales : « Dans l'histoire de la liturgie, il y a croissance et progrès, mais pas de rupture. Ce qui était sacré pour les générations précédentes reste sacré et grand pour nous aussi... » est un avertissement à tous pour qu'ils retrouvent l'équilibre. Benoît XVI avait remarqué que la forme extraordinaire du rite romain suscitait des forces vives et des vocations, c'est pourquoi il s'est efforcé de démontrer sa valeur historique, théologique et pastorale pour la paix et l'unité de l'Église. C'est là le premier signe de la sainteté de Joseph Ratzinger.

Dans quel sens pouvons-nous (au moins pour l'instant) comprendre cette sainteté ?
Sanctus, dans son étymologie latine, signifie « séparé du monde », non soumis à la mentalité du siècle présent, comme le rappelle l'Apôtre. Et Benoît XVI n'a pas craint, au cours de sa vie, ceux qui l'accusaient d'avoir été progressiste puis restaurateur : il a eu une pensée attentive à la vérité et indépendante des modes, au point de dénoncer la dictature du relativisme. Sa mort a conduit à une exacerbation et à une accélération d'un certain « programme » au sein de l'Église, qui aurait impliqué l'interdiction de la liturgie dans le Vetus Ordo. Mais les pensées de Dieu ne sont pas celles des hommes : ceux-ci ne peuvent rien si une œuvre vient de Dieu. Il arrive que de nombreux prêtres, dans le monde entier, malgré les restrictions, en célébrant la messe selon le Vetus Ordo, apprennent à célébrer avec dévotion et ordre la messe ordinaire. Ainsi, la « réforme de la réforme », souhaitée par Joseph Ratzinger, est déjà en cours.

La proposition de Ratzinger d'une « réforme de la réforme » n'est donc pas abandonnée ?
La démission de Benoît XVI a conduit beaucoup de gens à se demander si la « réforme de la réforme » n'était pas désormais révolue. En réalité, la publication du volume 11 de son Opera omnia - Théologie de la liturgie, ne clôt pas mais élargit, de manière irréversible, le débat sur la réforme liturgique et son application. En tant que théologien et cardinal, il avait qualifié les liturgies actuelles de « danse vide autour du veau d'or que nous sommes nous-mêmes ». Il l'a répété dans sa méditation du Chemin de Croix de la Semaine Sainte 2005. Trois semaines plus tard, il était élu pape. Un signe ! Mais il s'était déjà exprimé à ce sujet : « Je suis convaincu que la crise ecclésiale dans laquelle nous nous trouvons aujourd'hui dépend en grande partie de l'effondrement de la liturgie, qui est parfois même conçue etsi Deus non daretur : comme si, dans celle-ci, il n'importait plus que Dieu existe, qu'il nous parle et nous écoute » (Ma vie). En tant que pape, il ne semble pas avoir pu ou voulu forcer les choses ; d'ailleurs, il n'avait pas caché sa conviction que les changements constants, même ceux qui reviennent à la manière traditionnelle de faire les choses, peuvent s'avérer vraiment destructeurs.

En pratique, une redécouverte patiente plutôt qu'une énième révolution ?
Joseph Ratzinger a participé au mouvement liturgique, tel que l'entendaient Guardini et plusieurs esprits de cette génération, mais, en tant qu'expert au concile, il a déploré la rhétorique de l'impatience et du discrédit qui mettait davantage en évidence les problèmes de la liturgie que ses acquis. Il ne visait donc pas un changement fondamental, mais une restauration minutieuse. Au lieu de cela, il se trouva confronté à une révolution liturgique qui se débarrassa du latin et, avec lui, de mille ans de musique liturgique. D'autres changements suivirent, qui lui apparurent comme une incompréhension fondamentale de la nature de la liturgie : en particulier les formules de prière improvisées et la position du prêtre « tourné vers le peuple » pendant la messe, qui étaient tout sauf une introduction au Mystère

La liturgie est également l'un des thèmes à l'ordre du jour du consistoire extraordinaire convoqué par Léon XIV les 7 et 8 janvier. Dans quelle mesure l'héritage de Joseph Ratzinger pourra-t-il peser pour recentrer le « débat » et dépasser les polarisations humaines ?
L'héritage de Benoît XVI réside dans le fait que le quatrième point à l'ordre du jour du consistoire (« La réflexion historique, théologique et pastorale sur la liturgie afin de préserver la saine tradition et d'ouvrir néanmoins la voie à un progrès légitime ») ne peut faire abstraction de la nature de la liturgie, c'est-à-dire de ce qui concerne la relation avec Dieu, ou le sacré, qui renaît constamment dans les cœurs, donnant une impulsion à la « réforme dans la continuité du sujet unique qu'est l'Église », comme il l'a affirmé le 22 décembre 2005 dans son célèbre discours à la Curie romaine. Avec Summorum Pontificum, Benoît XVI ne voulait pas seulement résoudre la question juridique de l'ancien missel romain, mais poser la question de l'essence même de la liturgie et de sa place dans l'Église. Ce qui est en jeu, c'est la primauté de Dieu, donc la foi : c'est d'elle que dépend le véritable renouveau de la liturgie, qui est à son tour la condition fondamentale du renouveau de l'Église.

Il n'y a donc pas de véritable réforme sans conversion ?
À la question de savoir par où commencer pour « réformer la réforme », Ratzinger répondit : par la présence du sacré dans les cœurs, par la liturgie et son mystère. Car nous sommes toujours confrontés à l'excès du mystère : « La liturgie qui a perdu son caractère mystérieux et sa dimension cosmique finit par opérer non pas une réforme, mais une déformation de la liturgie ». Il affirmait que « dans le contexte de toutes les controverses, un profond désaccord est apparu sur l'essence même de la célébration liturgique (...). Les concepts dominants de la nouvelle vision de la liturgie peuvent se résumer par les mots-clés « créativité », « liberté », « fête », « communauté ». De ce point de vue, « rite », « obligation », « intériorité », « ordre de l'Église universelle » apparaissent comme des concepts négatifs, qui décrivent la situation à surmonter de l'« ancienne » liturgie ». Ainsi, il rappelle saint Cyprien qui affirmait : « Les paroles et la position de la prière s'accompagnent d'une discipline qui inclut le calme et un profond respect. Nous devons nous rappeler que nous sommes sous le regard de Dieu ».

lanuovabq.it - Traduction  E.S.M

A lire également :
   1) La liturgie fait déjà briller la lumière du ciel sur la terre.
   2) Création, histoire et culte se trouvent liés
   3) L'existence créée n'est pas négative en soi, elle n'est pas le résultat de la chute
   4) La paix de l'univers par la réconciliation avec Dieu
   5) Peut-il y avoir une autre sainteté que l'imitation du Christ ?
   6 ) Le temps et l'éternité coexistent dans le Fils
   6b) L'heure de Jésus nous revient, d'année en année
   7) La créativité ne saurait constituer une catégorie authentique de la liturgie
   8) Par la Liturgie, le Christ continue l’œuvre de notre rédemption

   9) Histoire et cosmos vont de pair
  10) Benoît XVI : Musique et liturgie



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Sources : -  E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde - (E.S.M.) 05.01.2026