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Triste constat du cardinal Sarah : Un monde où Dieu n'a aucune importance
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Le 03 août 2026 -
E.S.M.
- Le cardinal Sarah analyse la
solitude spirituelle de l'Occident et rappelle, dans la
ligne de Benoît XVI, que les rites liturgiques ne
peuvent être arbitrairement supprimés.
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Le cardinal Sarah -
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Triste constat du cardinal Sarah : Un monde où Dieu n'a aucune importance
De Matteo Matzuzzi
sur Il Foglio :
Le 03 août 2026 -
E.S.M. - Dans la solitude dramatique de l’Occident sécularisé, on s’est
bercé de l’illusion de pouvoir s’en passer. Mais le caractère limité de la
vie pose toujours la question du sens, à laquelle il est impossible
d’échapper. Entretien avec le cardinal Robert Sarah
Sur la couverture de son dernier ouvrage paru en France, sous le titre 2050,
figure une question : « Dans vingt-cinq ans, l’Église sera-t-elle encore un
phare ou l’écho lointain d’une voix oubliée ? ». La question que pose le
cardinal Robert Sarah est dramatique ; elle devrait empêcher de dormir les
évêques du monde entier, bien plus que les réunions et les discussions
autour des tables synodales sur le trafic de drogue et la délinquance
juvénile. Et pourtant, il semble que le sujet soit tabou : on continue comme
si de rien n’était, on élabore des plans diocésains et on prépare des
campagnes pour atteindre les plus éloignés. Avec des résultats, en général,
maigres. « Ce qui figure en couverture est justement une question, pas une
affirmation, ni un vœu », explique Sarah dans cet entretien accordé au Foglio : « Il est certain que l’Église, du moins en Occident, traverse une
période de grandes difficultés, voire de confusion, tant sur le plan
doctrinal que sur les plans moral et disciplinaire. L’imbrication entre
culture et foi n’est jamais sans importance ; au contraire, elle conditionne
souvent de manière déterminante la transmission de la foi. Je pense qu’il ne
fait aucun doute qu’on ne peut plus confier à la culture la transmission de
la foi ; celle-ci ne peut être transmise aux nouvelles générations que par
des expériences et des témoignages significatifs, qui placent au centre la
prière, le silence, une liturgie bien célébrée, une fidélité fondamentale à
l’Évangile et, par conséquent, une humanité renouvelée, ainsi qu’une manière
plus humaine de vivre les relations. Ce sont là les communautés auxquelles
Benoît XVI faisait référence, et dont nous voyons déjà poindre l’aube.
L’Église, au fil des siècles, a traversé bien des tempêtes, mais nous ne
devons jamais oublier qu’elle est divine, et qu’elle ne disparaîtra donc
jamais. Oui, l’Église sera toujours un phare, car elle est le Corps mystique
du Christ, et le Christ est la Lumière. »
Et pourtant, comme l’indique clairement l’ouvrage, le discours dominant
s’est concentré exclusivement sur d’autres questions : du changement
climatique à l’écologie, des migrations au dialogue culturel. Des thèmes sur
lesquels il n’y a pas de critique a priori : le cardinal lui-même les
qualifie d’importants. Le problème, comme le souligne l’ouvrage, survient
lorsque ces questions relèguent au second plan la place centrale de Dieu.
Mais pourquoi cela s’est-il produit ? Pourquoi entend-on de plus en plus
souvent, dans les homélies, parler d’urgence climatique plutôt que des
thèmes profonds de notre foi ? « D’une part, comme je le disais, la culture
dominante a imprégné même les milieux ecclésiaux, et même les prédicateurs
ne sont pas à l’abri de cette influence. D’autre part, il peut y avoir la
tentation de vouloir à tout prix plaire, d’être acceptable aux yeux de
l’auditoire, et donc de céder à ces sujets qui font recette parce qu’ils
sont plus à la mode. Il en résulte une prédication banale, totalement hors
de propos, qui ne répond pas aux désirs profonds de l’homme. L’homme, y
compris l’homme contemporain, a absolument besoin de Dieu, d’entendre parler
de l’Évangile, de la vie éternelle, de la spiritualité. Il n’est jamais
licite de réduire l’Évangile à des thèmes sociaux et horizontaux, aussi
pertinents soient-ils, car cela revient à trahir la volonté même du Christ,
qui nous a envoyés prêcher le salut éternel, et non la rédemption sociale. »
Ce que dit le cardinal Sarah, et ce n’est pas nouveau, est évident en
Occident et – pour restreindre encore davantage le champ – en Europe.
Lorsqu’on s’entretient avec un évêque ou un prêtre du Vieux Continent, des
pays qui en constituent le cœur, on perçoit que le problème n’est plus
l’athéisme, qui supposait tout de même un débat – plus ou moins approfondi –
sur l’existence de Dieu. Non, la question est désormais tout autre : Dieu
n’est pas une évidence. On ne se pose plus la question de sa présence dans
la vie de chacun et dans la société. Selon le cardinal Sarah, qui a publié
en 2024
Dieu existe-t-il ? (Cantagalli), « on peut constater qu’en Occident,
d’un point de vue culturel, beaucoup vivent comme si Dieu n’existait pas.
Dieu n’est plus au centre des préoccupations des gens, nous n’en avons pas
besoin. Le thème de Dieu est devenu sans importance, même si le thème
religieux, lui, ne l’est pas, car l’homme est naturellement religieux, et le
sens religieux humain fait partie de la structure anthropologique de l’homme
et revêt de toute façon une importance universelle. Probablement, en
Occident, prévaut une idée déformée de Dieu, qui entre en conflit avec la
liberté entendue comme autonomie radicale. L’illusion de la domination par
la technoscience favorise cette position de l’homme vis-à-vis de la création
et du Créateur. Mais c’est une illusion, car le caractère limité de la vie
pose toujours le problème du sens, auquel il est impossible d’échapper. Il
faut avoir le courage de proposer avec force le Christ comme seule source
permettant de connaître véritablement l’homme, sa destinée, son sens
profond. Et cela notamment à travers des expériences de foi communautaires,
qui permettent aux personnes de se sentir appartenir à une réalité commune,
surmontant ainsi la solitude dramatique de l’Occident sécularisé. La
question reste, aujourd’hui comme toujours, anthropologique : qui est
l’homme, quel est le sens de sa vie, quelles relations comblent
véritablement son besoin profond d’amour ? Cet amour qui est Dieu lui-même.
On oppose souvent à la torpeur de l’Europe sécularisée – même s’il existe
des îlots de bonheur, comme la Norvège de Mgr Erik Varden, ou le nombre
record de baptêmes en France – la vivacité de l’Église en Afrique. Mais n’y
a-t-il pas un risque de mettre trop l’accent sur cette grande expression de
la foi africaine sans tenir compte des dangers d’une foi « jeune », comme le
soulignait déjà Benoît XVI il y a de nombreuses années ? Le pape Ratzinger
parlait de l’Afrique comme d’un « immense poumon spirituel », mais il
ajoutait que les poumons peuvent tomber malades. « Certes – répond le
cardinal Robert Sarah, Guinéen –, l’Afrique est un poumon spirituel ; mieux
encore, comme le disait le pape Paul VI : nova patria Christi, la nouvelle
patrie du Christ, c’est l’Afrique. On peut le dire à la fois, bien sûr, sur
le plan démographique, et parce que le christianisme est en expansion
constante. Mais, comme toutes les réalités jeunes, elle est fragile, elle a
besoin de soutien, et l’Europe, forte de sa longue expérience théologique,
liturgique et monastique, dans ce qu’elle a de meilleur – sur le plan
culturel, de la foi et à travers ses plusieurs siècles d’histoire –, peut
encore offrir ce soutien. Parfois, les prêtres africains qui viennent
étudier en Europe ne saisissent pas toute la grandeur et la force de la foi
chrétienne bimillénaire, car l’Europe aussi est fragile, distraite,
incapable de transmettre sa propre identité profonde. « Je pense qu’il peut
y avoir une réciprocité entre l’Afrique et l’Europe : l’Afrique, avec son
apport d’une foi jeune, fraîche, enthousiaste, ouverte au martyre, et
l’Europe, avec sa force bimillénaire de sainteté et de doctrine. Un
équilibre difficile, mais pas impossible. »
Et quand on parle de l’Afrique, on ne peut s’empêcher d’évoquer la
persécution des chrétiens, même si ce sujet ne passionne guère ceux qui
organisent les débats télévisés sous nos latitudes. Le pape François disait
que les persécutés étaient « plus nombreux aujourd’hui qu’aux premiers
siècles de l’Église ». Souvent, en revanche, on a tendance à dire qu’il n’y
a pas de persécution, mais qu’il s’agit seulement d’affrontements pour le
contrôle des ressources naturelles. Et, si l’on se tourne vers l’Orient, la
situation n’est pas meilleure en Chine. « Le drame de la persécution n’est
pas fortuit dans le christianisme, mais il fait partie intégrante de
l’identité chrétienne elle-même. Le Christ lui-même a été persécuté et est
mort sur la croix pour nous ; on pourrait donc dire que la dimension du
martyre est essentielle au christianisme ; il n’y a pas de christianisme
sans martyre. Si, dans certaines parties du monde, pendant un certain temps,
on ne fait pas l’expérience de la persécution, le risque est que la foi
devienne tiède, nonchalante, incapable d’un véritable témoignage. Cela étant
dit, il est tout à fait évident que l’information est sélective : surtout
lorsque la persécution a lieu dans des pays en développement, la valeur de
ces vies n’est absolument pas prise en compte, et souvent, les médias
occidentaux ignorent complètement le phénomène. Je pense que l’Europe a
terriblement peur de reconnaître qu’une persécution antichrétienne, et
souvent, plus généralement, antireligieuse, est en cours. Mais la
persécution est plus cruelle en Europe. La foi est marginalisée, les valeurs
morales et chrétiennes sont combattues. L’Occident a tué Dieu, ou plutôt, il
l’a méprisé, voire combattu ouvertement. L’admettre signifierait adopter des
positions cohérentes, ce que l’Europe n’a probablement pas la force de
faire. Pourtant, les chrétiens doivent être protégés, surtout là où ils sont
minoritaires, comme toutes les minorités. La question de la Chine est très
complexe, et il faut espérer que cet accord secret vise uniquement à
favoriser l’évangélisation, et non à faire des compromis avec un
gouvernement qui est, de fait, intrinsèquement antireligieux. »
L’accord avec la Chine est l’un des points marquants du pontificat de
François qui, quelle que soit la manière dont on le considère et l’évalue, a
été source de divisions, y compris dans le débat « laïc ». Lors des
congrégations générales qui ont précédé le conclave, la recherche de l’unité
était évidente. Comment peut-on aider, dans cette œuvre, un pape comme Léon
qui a fait de l’unité sa devise et son style de gouvernement ? « La première
façon d’aider le pape est de le soutenir quotidiennement par nos prières,
afin qu’il se laisse véritablement éclairer par le Saint-Esprit, sans suivre
ses propres pensées ni se laisser influencer par un groupe de personnes,
mais en écoutant ce que Dieu dit à son Église. Certes, le pape Léon, au
cours de cette première année de pontificat, a fait preuve d’un grand
équilibre, d’une grande capacité d’écoute et d’une volonté concrète
d’apaiser même les tensions qui s’étaient créées. Sa prudence, son calme et
sa sympathie humaine nous confortent dans l’idée qu’il est réellement
possible d’avancer dans cette direction. Nous pouvons en outre l’aider dans
son discernement, en lui présentant les différentes situations de l’Église
et du monde, en proposant des pistes de solution possibles, mais surtout en
lui fournissant le plus d’éléments possible afin qu’il puisse procéder à une
évaluation attentive et prendre les décisions qui s’imposent. Je suis
convaincu que le Saint-Père Léon sait très bien quel est le but à atteindre
et qu’il cherche, notamment avec l’aide des cardinaux, les voies les plus
praticables pour y parvenir. « Nous rendons grâce au Seigneur pour le don
que représente le pape Léon ».
Parler d’unité lorsqu’on aborde la question liturgique semble compliqué.
C’est un sujet qui divise, il y a deux camps opposés. D’un côté, ceux qui
revendiquent l’usage du vetus ordo comme s’il s’agissait d’une conquête ; de
l’autre, une réalité idéologique qui considère presque ces catholiques comme
une « secte » à éradiquer. Le Pape a déclaré vouloir bien comprendre la
situation, échanger et dialoguer avec tous. Selon le cardinal Robert Sarah,
« c’est un drame, voire un véritable péché, qu’il y ait une sorte de guerre
sur un sujet aussi essentiel que la liturgie. La liturgie est la source de
la communion de l’Église et il est inconcevable que, sur des questions
liturgiques – voire, dirais-je, rituelles –, il y ait une telle
confrontation et des oppositions aussi féroces. Personne n’a d’autorité sur
les rites, qui sont issus de l’histoire séculaire de l’Église. Les rites ne
peuvent être arbitrairement abolis, et personne ne peut affirmer qu’un rite
n’existe plus, du jour au lendemain. Je pense qu’il faut prendre cette
question très au sérieux, en revenant à la position équilibrée, pastorale et
théologiquement fondée de Benoît XVI, qui a permis aux deux formes du rite
latin de coexister, de s’enrichir mutuellement, d’être connues du peuple
saint de Dieu qui, au fil des décennies, pourra choisir la forme qui
correspond le mieux à son besoin de foi, de silence et de spiritualité.
Certains excès de ceux qui sont attachés à la forme extraordinaire sont, en
partie, justifiés par les abus dramatiques et généralisés de la liturgie de
la forme ordinaire, qui, à ce jour, n’est souvent pas célébrée comme le
Concile l’aurait souhaité et comme le suggère la réforme liturgique
elle-même. La liturgie n’est pas la propriété du célébrant, quel qu’il soit,
prêtre, évêque ou cardinal. La liturgie appartient à Dieu ; on y entre et
personne n’en est le maître. » Peut-être, cependant, le problème est-il
encore plus profond. Regardons la qualité des homélies, souvent mal
préparées et rarement capables de laisser une trace dans le cœur et l’esprit
des fidèles. Sans parler des célébrations, où les références au transcendant
sont souvent réduites à de simples parenthèses. Que faire ? « J’y ai déjà
répondu en partie. La clé, c’est la formation liturgique, la formation, et
encore la formation. Tant des évêques que des prêtres et des laïcs. Le
retour au sens du sacré, dans une société sécularisée qui a chassé Dieu, ne
peut se faire qu’à travers l’annonce de la vérité, une catéchèse convaincue
et constante, et des expériences concrètes de silence et de spiritualité au
sein de la célébration liturgique. Le respect dû à Dieu et l’humilité de sa
propre personne sont des éléments fondamentaux pour retrouver le sens du
sacré et la fidélité à la célébration telle que l’Église la veut.
D’ailleurs, personne ne se permettrait d’entrer dans la chapelle Sixtine
pour corriger le Jugement dernier de Michel-Ange. « Voilà, le missel est
bien plus important, bien plus ancien et bien plus contraignant que le
Jugement dernier de Michel-Ange ; par conséquent, personne ne peut corriger,
supprimer, ajouter ou modifier quoi que ce soit au rite tel que l’Église le
présente aux fidèles. Et les fidèles ont le droit sacro-saint de participer
à des messes célébrées selon les prescriptions de l’Église, et non selon
l’arbitraire ou le caprice d’un prêtre en particulier. »
Lu sur
Belgicatho
►Voici un texte qui ne souffre aucun commentaire. Il dit tout. Il dit Dieu
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Sources
:
-
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 03.08.2026
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