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Cinquième dimanche de Pâques : notre sacerdoce royal
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Le 01 mai 2026 -
E.S.M.
- La connaissance est comme le
fondement: si nous ne connaissons pas Dieu, si nous
sommes indifférents à sa présence, rien ne s'accomplit.
Le premier point est donc d'être éveillé, de se tenir
devant Dieu, de contempler sa présence, d'être attentif
à elle. (Homélie de Benoît XVI - 18 mai
2014, chapelle privée, monastère Mater Ecclesiae).
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« Je suis le chemin et la vérité
et la vie. Nul ne va au Père que par moi. » (Jean 14:6) -
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Notre sacerdoce royal
Cinquième dimanche de Pâques (Année A), chapelle
privée, monastère Mater Ecclesiae
Lectures :Ac 6,1-7; PS 32; 1P 2,4-9; Jn 14,1-12
Chers amis,
Le passage de la Première Lettre de
saint Pierre, que nous avons entendu en deuxième lecture, fait
probablement partie d'une catéchèse baptismale où l'Apôtre explique
aux futurs baptisés, aux baptisés et à nous aussi, ce que signifie
être chrétien, quelle est l'essence du christianisme.
Il le fait en citant l'Ancien
Testament, avec ces belles paroles : « Vous êtes un royaume de
prêtres, une nation sainte, un peuple destiné à offrir à Dieu des
sacrifices spirituels » (cf. Ex 19,6).
Ces paroles soulignaient la dignité d'Israël, paroles que Dieu
adressa à Moïse au Sinaï, pour les transmettre à son peuple et
clarifier son dessein pour Israël. Si saint Pierre applique ces
paroles sur Israël aux baptisés, c'est-à-dire à tous les chrétiens,
cela signifie que les chrétiens sont entrés dans la promesse
d'Israël et constituent le véritable Israël, le royaume des prêtres
dont Dieu a parlé.
Deux points essentiels se dégagent.
Premièrement, le baptême n'est pas une réalité individuelle,
intérieure, impliquant la rémission du péché originel et le don de
la grâce sanctifiante. Ceci est fondamental, certes, mais ne se
limite pas à cela. Le baptême me détache presque de moi-même et me
place dans un contexte nouveau, dans une totalité nouvelle, créant
une relation nouvelle, un être nouveau où je suis partiellement
présent, mais aussi présent avec les autres. Je ne suis plus seul,
car être baptisé signifie entrer dans la grande communauté du peuple
de Dieu, le « royaume des prêtres », cette communauté qui
transcende le temps et l'espace et qui est véritablement la famille
de Dieu : cela signifie entrer dans la communion des enfants de
Dieu.
Il est important de prendre
conscience qu'en tant que baptisés, nous appartenons à cette grande
communion qui transcende les frontières des peuples: chaque baptisé
est mon frère, je ne suis plus seul; je suis en grande compagnie, en
chemin, et ainsi, je fais partie de la véritable famille de Dieu.
Cela implique mon ouverture à la totalité de l'Église, une
catholicité intérieure, et que je vis non seulement pour moi-même,
mais aussi au sein de cette grande communauté. Je dirais que la
rémission du péché originel et la grâce sanctifiante signifient
précisément cela : être libéré de l'égocentrisme et être attiré par
Dieu dans cette grande communion. Nous devons nous efforcer d'en
être toujours plus conscients, d'être toujours plus ouverts à cette
grande communauté, qui est notre véritable patrie.
II y a un second élément. Si Dieu
appelle Israël, comme il le fait pour nous, un « royaume de
prêtres », une communauté de rois et de prêtres, cela signifie
que le prêtre n'est pas pour lui-même, mais toujours au service des
autres, et que le roi n'est pas pour lui seul. Il n'est roi que s'il
gouverne d'autres personnes. « II est roi ! » signifie qu'un
chrétien n'est pas pour lui-même, mais pour les autres, tout comme
Israël n'était pas pour lui-même, mais était comme un phare pour son
peuple, comme le lieu de la présence de Dieu dans le monde, d'où
l'on pouvait voir et commencer à reconnaître l'existence de Dieu.
De même, l'Église n'est pas créée
uniquement pour elle-même, mais comme la présence de Dieu qui
éclaire les autres ; comme une ville sur une colline, dit le
Seigneur, comme une lampe sur un chandelier. Et ce qui est vrai pour
l'Église en tant que telle l'est aussi pour chacun de nous. Je ne
suis pas chrétien uniquement pour moi-même, car être chrétien
signifie : « Je suis au service des autres ; il faut qu'un peu de
lumière émane de moi, afin que Dieu soit connu et présent dans le
monde. »
Ainsi, nous avons abordé
l'interprétation de ce que signifie être prêtres et rois, que nous
sommes un « sacerdoce royal »
(1P 2,9). Selon la définition classique, le sacerdoce sert à
la prédication, à la proclamation, au culte et aux sacrifices. En
réalité, être prêtres — et nous le sommes tous, en tant que baptisés
- signifie avant tout apporter la connaissance de Dieu au monde;
c'est essentiel. Et pour apporter cette connaissance, il nous faut
connaître Dieu nous-mêmes, ce Dieu qui nous a révélé son visage en
Christ. C'est donc un commandement fondamental du chrétien:
connaître toujours mieux Jésus Christ, connaître toujours mieux
Dieu, reconnaître la voix du Seigneur aujourd'hui afin de le suivre
et de pouvoir le faire connaître aux autres.
Prions le Seigneur de nous aider à le
connaître véritablement et ainsi de faire rayonner la lumière de sa
connaissance dans le monde, durant la nuit de son absence.
Saint
Augustin a écrit une très belle parabole à ce sujet. Il parle
d'un père atteint de la maladie du sommeil: le grand danger est que,
plongé dans ce sommeil, il ne se réveille jamais. Il faut donc le
déranger sans cesse, le réveiller, le tirer de sa maladie malgré
lui, afin qu'il ne sombre pas dans la mort, mais qu'il revienne à la
vie. Ainsi, dit saint Augustin, un bon fils doit importuner son
père. Le père dira: « Mais laisse-moi tranquille, je suis si
fatigué, j'ai tellement sommeil! » « Non ! - doit dire le fils - tu
ne dois pas t'abandonner au sommeil ! » II doit plus qu'insister,
afin qu'il revienne à la vie (Cf.
Augustin D'HIPPONE, Sermon 400, 10, 12.).
Et c'est ce que le prêtre, et donc
tout chrétien, doit faire : ne pas nous laisser dans cette torpeur
spirituelle envers Dieu. C'est là le grand danger aujourd'hui: cette
torpeur spirituelle envers Dieu nous fait oublier Dieu et ainsi
l'humanité se perd. Nous, chrétiens, devons être insistants, ne pas
abandonner cette paix intérieure envers Dieu, mais insister,
reprendre le dialogue avec Dieu, rendre Dieu présent par nos paroles
et surtout par notre existence.
L'autre mission des chrétiens est le
culte, le sacrifice. L'humanité a toujours su qu'elle est redevable
envers Dieu, qu'elle doit s'efforcer de lui répondre, de lui
témoigner sa reconnaissance pour sa bonté, et c'est ainsi que le
culte est né. Les bergers offraient à Dieu de petits agneaux comme
ce qu'il y avait de plus précieux, les agriculteurs du blé et du
vin, et ainsi de suite.
Mais le peuple d'Israël a compris de
plus en plus que ce n'était pas la réponse que Dieu étendait: Dieu
n'a besoin ni d'agneaux, ni de blé. Dans un des psaumes, Dieu dit :
« Penses-tu, Israël, que je mange la chair des taureaux ou que je
boive le sang des agneaux? » (cf.
PS 49,13). Non! Ce n'est pas ainsi qu'il faut adorer Dieu,
répond-il. Dans l'Antiquité, l'horreur des sacrifices humains était
aussi présente, mais Dieu n'est jamais glorifié par la destruction
de l'homme.
Ce débat se retrouve déjà en Israël
dans les temps les plus reculés, avec les premières réponses
prophétiques qui annoncent le Christ. Dans le livre de Samuel, on
lit: « Je ne veux pas de sacrifices, mais je veux l'obéissance
» (cf. 1S 15,22); dans le livre
d'Osée: « Je ne veux pas de sacrifices, mais la connaissance
» (cf. Os 6,6); et encore: «
Je ne veux pas de sacrifices, mais la fidélité »
(cf. Os 2,22). Le Seigneur
Jésus cite le livre de Samuel, mais le transforme : « Je ne
désire pas les sacrifices, mais la miséricorde »
(cf. Mt 9,13; 12,7). En
véritable Dieu, il est un homme de foi. La purification du culte de
Dieu fait apparaître quatre mots clés : connaissance, obéissance,
fidélité, miséricorde. Ce sont les attitudes qui transforment
l'homme, faisant de lui un sacrifice, une glorification de Dieu.
La connaissance est comme le
fondement: si nous ne connaissons pas Dieu, si nous sommes
indifférents à sa présence, rien ne s'accomplit. Le premier point
est donc d'être éveillé, de se tenir devant Dieu, de contempler sa
présence, d'être attentif à elle. De là, de la raison pour ainsi
dire, naît le culte transformé, qui atteint le cœur, la volonté,
pour se muer en obéissance. L'obéissance n'est pas extérieure; elle
manifeste notre volonté de nous laisser transformer selon la volonté
de Dieu, qui est notre véritable vocation. Vient ensuite la
fidélité, la continuité: non pas un simple élan d'enthousiasme, mais
l'humble continuité, jour après jour, d'une fidélité à la
transformation en Dieu. Enfin, la miséricorde, en tant qu'amour, est
une imitation de l'essence divine.
Ainsi apparaît le véritable
sacrifice: l'être humain vivant, celui qui vit pleinement et se
laisse transformer. Par Dieu, nous voyons que l'élément fondamental
du sacrifice est la transformation. Une théorie soutenait que le
sacrifice est destruction, mais ce qui plaît à Dieu, ce n'est pas la
destruction, mais la transformation de notre volonté, de notre être
selon sa volonté, et en vivant ainsi, nous devenons son image. Nous
serions alors parvenus au véritable point central, que nous ne
pouvons cependant développer maintenant : la véritable
transformation du monde s'accomplit dans le sacrifice du Christ, car
il a transformé la mort en un acte d'amour et a ainsi ouvert le
chemin vers Dieu.
En entrant dans l'acte d'amour du
Christ, dans l'eucharistie, nous participons nous-mêmes à sa
transformation, à la transsubstantiation du monde et de nous-mêmes.
Prions donc le Seigneur afin que nous devenions toujours plus
véritablement le peuple de Dieu, c'est-à-dire des prêtres ; que le
monde soit transformé en nous et que nous accueillions cette
transformation jour après jour, même si elle heurte notre égoïsme.
Saint Pierre utilise l'image des pierres qu'il faut tailler pour les
insérer dans la grande maison de Dieu. Ainsi, Dieu œuvre en nous,
car au final nous sommes véritablement son adoration, transformés,
renouvelés et faisons partie de sa grande maison, dans laquelle nous
ne formons qu'un seul corps avec le Christ et devenons ainsi le
véritable sacrifice, la gloire de Dieu.
Prions le Seigneur afin qu'il
accomplisse de nouveau parmi nous le mystère de la
transsubstantiation et qu'il nous transforme aussi, pour que nous
soyons véritablement prêtres de la Nouvelle Alliance et une
véritable gloire de Dieu, des hommes vivants et formés selon sa
volonté. Amen!
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Sources :Texte original des écrits du Saint Père Benoit
XVI -
E.S.M.
Ce document est destiné à l'information; il ne
constitue pas un document officiel
Eucharistie sacrement de la miséricorde -
(E.S.M.) 01.05.2026
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